Les deux mérites de Tomb Raider

Le film Tomb Raider a exactement deux mérites. Le premier est de donner un sens à l'existence de milliers de travailleurs de l'industrie des silicones. Le second est de faire découvrir à une génération grandement perfusée quatre vers de William Blake :

« To see a world in a grain of sand
and a heaven in a wild flower,
hold infinity in the palm of your hand
and eternity in an hour. »

Sur l'injustice d'un destin auquel il croyait, Blake a pu écrire (Auguries of Innocence) :

« Every night and every morn
Some to misery are born.
Every morn and every night
Some are born to sweet delight,
Some are born to endless night. »

Des vers bien maladroits, à la manière d'une comptine enfantine. J'ai plusieurs fois constaté que les beaux vers étaient dédiés à des choses frivoles et que le tragique ne trouvait à s'appliquer que des mots insuffisants.

Telle est ma contribution à l'oeuvre de Blake. Ma contribution à l'industrie des silicones sera plus minime encore, donc nulle.

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