Salaud ou scélérat ?

Retour du Théâtre de la Place, à Liège, où se jouait Hamlet mis en scène par Hubert Colas. À boire et à manger : riche et belle scénographie, une troupe où les meilleurs éléments (Claire Delaporte Rojas) côtoient les pires, une durée absurde (cinq heures!), une lumière et une musique splendides (Arvo Part).

Ce qui me vaut d'en parler ici est la liberté prise avec le texte. Un exemple parmi d'autres que me restitue ma mémoire :

« Mes tablettes! mes tablettes! Il importe d'y noter qu'un homme peut sourire, sourire, et n'être qu'un scélérat. »

devient :

« Salaud, salaud! Où sont mes tablettes? Je dois y noter qu'un homme peut sourire et n'être qu'un salaud »

De telle divergences foisonnent, trop légères pour dénoter une intention claire, trop lourdes pour passer inaperçues. Et je m'interroge. Pourquoi s'imposer le travail de modifier le texte original alors que :

  • il est connu ;
  • il est bon ;
  • il est en phase avec la mise en scène (si le choix avait été de transposer la situation dans la banlieue parisienne en 2006, bon, une recherche de cohérence aurait pu être invoquée) ;
  • c'est Hamlet!

Et puisque je pose la question, n'attendez pas de moi une réponse. Tout ce que je peux vous dire, c'est que, sur le moment, ça m'a joliment foutu en rogne.

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