Galanterie, féminisme et syntaxe

Langue sauce piquante, le gai blog des correcteurs du Monde, relève le texte suivant :

C’est le décor âpre de la Grèce du Nord, quelque part entre Salonique et la frontière bulgare, où l’auteur est née dans les années 50.

Profitant de la syntaxe pour informer de l'identité sexuelle de l'écrivain, le rédacteur accorde le participe passé au féminin.

C'est une faute dont la fréquence est en augmentation : l'accord se fait avec le nom «auteur» et non avec le sexe de la personne, de l'animal ou de l'objet désigné par ce nom. Simplement parce que la syntaxe est une affaire de mots et non de choses. Assimiler l'un à l'autre, c'est confondre la carte et le territoire. Choisir de lier fautivement le genre et le sexe implique de ne pouvoir parler d'une chose et d'un être que si l'on connaît son identité sexuelle. Pas simple pour les fourmis ou les géraniums.

Et finalement, n'est-ce pas nuire à la cause que l'on croit servir que d'indiquer systématiquement l'appartenance sexuelle des acteurs de nos phrases?

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