Bukowski et l'oiseau

J’en ai vu un d’oiseau l’autre jour, alors que je revenais de l’hippodrome et que je rentrais chez moi. Les nuages étaient hauts dans le ciel, le soleil se couchait et tout respirait l’amour et la bonté. Et l’oiseau en question était dans la gueule d’un chat accroupi sur l’asphalte en plein milieu de la route. Lorsqu’il a vu ma voiture il s’est relevé, a pris une de ces expressions de cinglé comme seuls peuvent en avoir les chats, et il s’est mis à courir vers le bord du trottoir. L’oiseau était d’un gris profond, il était encore vivant à ce moment-là. Mais le chat le tenait bien fermement entre ses crocs, et d’un coup rapide il lui brisa les ailes, faisant se déployer les plumes comme à la parade. Tout était calme, le feu est passé au vert, et je me suis remis à rouler en pensant à cet oiseau gris, aux ailes, aux crocs...

Charles Bukowski - Lettre à Jory Sherman, 8 avril 1960

One thought on “Bukowski et l'oiseau

  1. ah comme c'est horrible, et moi, je vois ça presque tous les jours ici, avec mes chats et les campagnols qu'ils ont dans leur bouches....