Climat: que croire?

Beaucoup de gens pensent que le climat est un des problèmes majeurs de notre époque. C'est faux, parce que le climat est d'abord une formidable ressource naturelle. C'est grâce aux ressources du climat que les plantes poussent (chaleur, rayonnement, eau) et nous nourissent. C'est aussi grâce au climat que tournent les éoliennes et que l'eau sévapore et s'accumule dans les barrages.

"J'ai de sérieuses raisons de croire que la planète d'où venait le petit prince est l'astéroïde B 612. Cet astéroïde n'a été aperçu qu'une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc. Il avait fait alors une grande démonstration de sa découverte à un Congrès International d'Astronomie. Mais personne ne l'avait cru à cause de son costume. Les grandes personnes sont comme ça. Heureusement pour la réputation de l'astéroïde B 612 un dictateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s'habiller à l'Européenne. L'astronome refit sa démonstration en 1920, dans un habit très élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis." Antoine de Saint Exupéry, Le petit prince. illustrations extraites de http://www.thoughtfortheday.com.au/images/The_little_prince_II.pdf

Le climat est la seule ressource naturelle dont nous ne verrons pas la fin, qui ne s'épuisera pas tant que la terre sera terre et que le soleil restera soleil. Mais le climat change, et le changement du climat est perçu comme un risque majeur à cause de son importance pour de très nombreuses activités humaines. Le climat est changeant (variable) par nature, et nous accélérons sa variabilité par nos activités, surtout industrielles et agricoles (transports, production d'energie, utilisation d'engrais, défrichements etc).

Il se fait que nous, êtres humains, craignons le changement. Nous pensons que le changement est nécessairement négatif et nous avons une peur irraisonnée de ce qui n'est pas entièrement prévisible. Il faut relire Eric Hoffer (1976), un philosophe-docker New-Yorkais qui a analysé les racines de notre phobie du changement et les comportements que nous adoptons quand nous sommes en état d'incertitude.

Je pense que notre réaction face au changement climatique est souvent, elle aussi, irrationnelle, et très mal informée. Mais nous avons une excuse: nous faisons confiance à ceux qui savent. Qui sont-ils, ceux qui savent? Avant tout le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), mieux connu sous son sigle anglais IPCC. Le GIEC est un groupe d'experts à la structure très hiérachisée établi en 1988 par l'Organisation Météorologique Mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Depuis 1988, le bébé a grandi, il a pris de l'assurance et de l'arrogance; il nous prédit désastres, misère, famines et autres points de non retour.

Beaucoup de climatologues, autrement gens sensés et placides, ont pris goût au pouvoir. Ils ont érigé leur fond de commerce en dogme; ils détiennent dorévavant la vérité et persécutent toutes les déviances... J'ai publié ailleurs des notes dans ce sens, sur le mode humoristique (par exemple ici). Il se fait que les rapports périodiques d'IPCC, qui sont considérés avec une révérence quasi religieuse, ne sont pas exempts d'erreurs. On y affirme, par exemple, que certains pays africains verront leur production agricole diminuer de moitié d'ici 2020. Tout qui a un minimum de connaissance de l'agriculture et du climat perçoit immédiatement qu'il s'agit là d'une invraisemblance profonde. J'ai examiné ce point précis de près (d'abord sur le site web de la FAO et ensuite ici) pour montrer comment, d'erreurs de traduction en synthèses de raccourcis de résumés ces incongruités peuvent prendre naissance.

L'auteur de ce billet a passé les trente-cinq dernières années a étudier les interactions entre climate et agriculture. Non pas dans une optique théorique mais pratique, en aidant nombre de pays à prévoir leurs récoltes. Je suis catastrophé (on me passera l'expression) de lire que notre futur serait fait de désastres liés au climat. Actuellement, les facteurs extrêmes atmosphériques sont certes spectaculaires, mais leur impact est insignifiant, notamment sur la production agricole. Par contre, les impacts de toutes les micro-déficiences chroniques du climat (poches de sécheresse, grêle, insectes favorisés par les conditions climatiques etc) conduisent à des pertes bien plus importantes et pour la plupart invisibles.

Il y a ensuite le fait que les projections d'impact font interagir un climat futur (incertain) avec toutes nos activités futures (dont nos systèmes de production agricole) qui sont encore plus incertaines. La vérité, c'est que nous sommes dans un flou profond, et ce n'est pas le nombre de publications qui y changera grand chose.

Pas plus tard qu'il y a quelques jours (24 novembre 2011), un réexamen des donnés climatiques anciennes par Schmittner et al. semble indiquer que, peut-être, nous avons surestimé la force du lien entre gaz carbonique et température de l'atmosphère. La nouvelle a bien entendu été reprise par la presse internet populaire, par exemple Science Daily qui annonce Climate Sensitivity to Carbon Dioxide More Limited Than Extreme Projections, Research Shows. En deux mots: les augmentations de température projetées seraient excessives, ce qui réduirait aussi l'augmentaton du niveau de la mer (effet dû surtout à la dilatation thermique de l'eau). Voilà qui décevrait les catastrophistes! J'attends avec impatience les réactions!

En attendant, j'ai écrit le petit texte ci-dessous pour expliquer mon point de vue! J'hésite à l'appeler un credo climatique, parce que je sais ce que credo a de dogmatique... Je l'appellerai donc

Exercice de style en forme de credo climatique

Je crois au climat qui change
qui a toujours changé et continuera a changer
depuis que les saisons ne sont plus ce qu'elles étaient
que les volcans crachent poussières et CO2
que la constante solaire n'arrête pas de varier
que les océans et l'atmopshère interagissent
que l'astronomie existe et que Milankovic est son prophète
Je crois aussi que l’homme intensifie et accélère le changement
par ses émissions de gaz à effet de serre
sa myopie intellectuelle
son appât du gain
et le mépris pour ses enfants
Je crois que les impacts du climat – comme tous les impacts -
sont et resteront le produit de deux facteurs inégaux
les caractéristiques du climat et la vulnérabilité de notre société
dont la concentration géographique de nos activités
leur localisation
la destruction des milieux naturels en surface et en nombre
et tous nos oeufs dans les mêmes paniers
energétique
alimentaire
et politique
J'ai confiance en notre fabuleuse faculté d’adaptation en tant qu’espèce
Je crois que nous saurons nourrir ceux que nous serons capables de procréer
qu'il y aura des ruptures
que nous apprendrons la leçon
et qu'ensuite nous repartirons
Je ne crois pas au catastrophisme climatique
Je n'accepte pas le principe d’autorité et par conséquent
je ne crois pas en l’infaillibilité du GIEC
qui est trop souvent
opportuniste
dogmatique
incompétent
autoritaire
partial
animé de motivations politiques
et ridicule quand il pratique la science par consensus
Je ne crois pas qu'il soit juste de mépriser les incroyants
les agnostiques comme les athées missionnaires
même s’ils sont
ignorants
intéressés
créationnistes
ou producteurs de pétrole
Car il vrai que
nous sommes tous à l'image de notre temps
même les génies:
Kepler faisait des horoscopes très demandés
Newton voulait transformer en or les métaux vulgaires
Chasles a collectionné des autographes en français de
Jules César
Aristote
Cléopatre
et Alexandre le Grand
le British Museum a acheté les faux manuscrits d'Islam Akhun, un analphabète
les traductions de l'étrusque abondent
et Teilhard de Chardin a eu son heure de gloire
Car il est vrai que les saintes écritures ont accueilli in illo tempore
deconstructing point access
electrochemically induced nuclear fusion of deuterium
transformative hermeneutics of quantum gravity
et human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE
Tant il est vrai que
peu de certitudes sont absolues, si ce n'est dans la foi
la vérité évolue au gré du temps et même des modes
ce qui est accepté aujourd'hui
sera faux, ou moins faux, demain
tant de grands scientifiques d'aujourd'hui
seront oubliés dès demain
et plus d'un tacheron obscur ressuscitera
Car en vérité
notre espace et nos ressources sont limités
notre évolution technologique est plus rapide
que celle de nos vieux gènes
le climat est notre seule ressource inépuisable
il continuera d'exister et de changer
avec ou sans ce fou d'homo sapiens
la crédulité des foules
le GIEC
et les menées de ses grands prêtres
la manipulation de nos peurs
notre manque de confiance en l'avenir
et la mort de Dieu
Amen

 

Remerciements

Je tiens à remercier Jacques du Guerny pour ses commentaires critiques sur l'exercice de style.

Notes

Pour "Kepler faisait des horo­scopes très demandés" voir Connor, 2005.

Pour "Decons­truc­ting point access" voir Phillips & Kent, 2009; "Elec­tro­che­mi­cally induced nuclear fusion of deuterium", voir Fleischmann et al., 1989 ; "Trans­for­ma­tive her­me­neu­tics of quantum gravity", voir Sokal, 1996; "Human baso­phil degra­nu­la­tion trig­gered by very dilute anti­serum against IgE", voir Dayenas et al. 1988. Il s'agit, dans l'ordre, d'un canular, de la publication qui a lancé le débat et la controverse sur la fusion froide, d'un autre canular et de l'article sur la "mémoire de l'eau". Voir wikipedia pour les détails. Tous ces articles ont été acceptés par des revues qui ont pignon sur rue, voire des revues prestigieuses. Ils montrent que la science est fragile, et procède souvent par tâtons. Pour les articles de Fleischmann et celui de Dayenas, le débat n'est certainement pas clos.

Références

Connor, J.A. 2005. Kepler's Witch. Harper-Collins eBooks. Kindle Edition. Loc. 978-80: Astrology was for the seventeenth century what economics is for the twenty-first. Astrology tried to form predictions about an uncertain future based on strict mathematical calculation, just as economics does with the laws of the market. Both are wrong about as often as they are right. Loc. 986-94: Because his love for puzzles and acrostics had started when he was a child, Kepler was particularly good at reading signs. He soon learned, however, that being a good astrologer required more than just math skills. One student, Rebstock, a fellow with a red face and beer breath, accosted Kepler in the hallway and demanded a horoscope. Kepler reluctantly agreed and, after obtaining the man’s birth date, set to calculating his chart. What Kepler learned that day, however, is how dangerous it is to read all the signs. Rebstock’s noisy drinking habits had to be taken into account, so Kepler predicted that the fellow would one day become a drunk, which wasn’t much of a stretch. The stars tell all, but so does beer breath. Rebstock didn’t like the report and forced his way into Kepler’s room, where the two duked it out. The next day, Kepler asked Mästlin for advice. What should he do? If he was going to be an astrologer, he had to read all the available signs, and that included a beer breath, because the stars were so often hard to read. Sometimes his predictions worked and sometimes they didn’t, so what could he do to make them more secure? Mästlin told him to just predict disaster. That would be bound to come true sooner or later. Loc 1334-38: In 1595, partly from his calculations and partly from his commonsense reading of the times, Kepler made three predictions: one, a terrible winter, with bitter cold weather that would damage fruit trees and cause hardship all around; two, an attack by the Turks from the south; and three, a peasant uprising. All three came true. That winter was so bad, they said, that anytime a shepherd in the mountains blew his nose, it would pop off.9 The Turks did attack, which wasn’t all that surprising, and there was a peasant revolt, again, not all that surprising. Suddenly, Kepler was a celebrity.

Dayenas, E., F.Beauvais, J.Amara, M.Oberbaum, B.Robinzon, A.Miadonna, A. Tedeschi, B.Pomeranz, P.Fortner, P.Belon, J.Sainte-Laudy, B.Poitevin & J.Benveniste. 1988. Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE. Nature, 333:816-818. Avec une Editorial reservation en fin d'article: Readers of this article may share the incredulity of the many referees who have commented on several versions of it during the past several months. The essence of the result is that an aqueous solution of an antibody retains its ability to evoke a biological response even when diluted to such an extent that there is a negligible chance of there being a single molecule in any sample. There is rfo physical basis for such an activity. With the kind collaboration of Professor Benveniste, Nature has therefore arranged for independent investigators to observe repetitions of the experiments. A report of this investigation will appear shortly.

de Saint-Exupéry, A. 1943. Le petit prince, Gallimard.

Fleischmann, M., S. Pons & M. Hawkins. 1989. Electrochemically induced nuclear fusion of Deuterium. J. Electroanal. Chem. 261:301-308. L'article original avait omis le troisième auteur, qui a ensuite été ajouté, avec les excuses de Fleischmann et Pons, dans une liste d'errata.

Hoffer, E. 1963. The ordeal of change. New York: Harper and Row. 136 pp. Très nombreuses réimpressions.

Phillips, D. & A.Kent. 2009. Deconstructing Access Points. Accepted for publication in the peer reviwed The Open Information Science Journal (TOISCIJ). Plus de détails ici: http://scholarlykitchen.sspnet.org/?s=phrenology 47: 217-252.

Schmittner, A., N.M.Urban,  J.D. Shakun, N.M. Mahowald, P.U. Clark, P. J. Bartlein, A. C. Mix,  A.Rosell-Melé. 2011. Climate Sensitivity Estimated from Temperature Reconstructions of the Last Glacial Maximum. Sciencexpress, 4 pp.+ 3 figs. http://www.sciencemag.org/content/early/2011/11/22/science.1203513

Sokal, A.D. 1996. Transgressing the Boundaries: Towards a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity. Social Text, 46/

 

5 thoughts on “Climat: que croire?

  1. 1.Je ne comprends pas bien cette phrase, peux-tu l'expliquer? " Par contre, les impacts de toutes les micro-déficiences chro­niques du climat (poches de séche­resse, grêle, insectes favo­risés par les condi­tions cli­ma­tiques etc) conduisent à des pertes bien plus impor­tantes et pour la plupart invisibles."

    2." Il y a ensuite le fait que les pro­jec­tions d’impact font inter­agir un climat futur (incer­tain) avec toutes nos acti­vités futures (dont nos sys­tèmes de pro­duc­tion agri­cole) qui sont encore plus incer­taines. La vérité, c’est que nous sommes dans un flou profond, et ce n’est pas le nombre de publi­ca­tions qui y chan­gera grand chose." Tu proposes quoi alors: ne rien faire, formuler une nouvelle problématique, se limiter à des interventions courtes dans le temps et l'espace à la dimension des projections possibles?

    3 "avec ou ce fou d’homo sapiens" il manque 'sans'.

    4 Je me demande si les trois premiers "je crois" ne pourraient être remplacés par , pour le premier, je sais, pour le second je crois savoir, pour le troisième 'je sais'???

    • Salut Jacques, et merci de la visite!

      Point 1: deux considérations. (1) La cyndinique nous apprend (ce que nous savons depuis longtemps) qu'il y a beaucoup plus de gens qui se blessent dans leur cuisine ou dans leur jardin qu'il n'y a de morts dans les accidents d'avion. Les facteurs extrêmes dont nous parle IPCC sont les gros trucs spectaculaires qui, statistiquement, n'ont que peu de poids. Les grosses sécheresses provoquent beaucoup moins de pertes que les petites poches de sécheresse localisées qui se produisent chaque année. Les incendies de forêt provoquent très peu de dégâts par rapports à ceux dûs aux insectes, dont personne ne parle. Prends le Bangladesh depuis 1970. Nous avons eu une série d'inondations, des sécheresses et une guerre, et l'un ou l'autre tremblement de terre. On ne les voit pas dans les statistiques de production. Prends les inondations de 1988 au Sahel, dont les énormes inondations à Khartoum. Impact sur la production: négligeable. La même année (et ce n'est pas un hasard) a connu une grosse invasion de criquets pèlerins, invisible elle aussi dans les statistiques. Evidemmment, on peut accuser les statistiques, mais c'est un peu facile... (2) L'augmentation des pertes dues aux facteurs extrêmes est due essentiellement à l'augmentaton de notre vulnérabilité. Il y a un bouquin intéressant de Charles Perrow là dessus: The Next Catastrophe: Reducing Our Vulnerabilities to Natural, Industrial, and Terrorist Disasters (curieusement, Amazon donne 2011 comme année de publication. Je l'ai lu il y a deux ou trois ans. Il s'agit peut-être d'une réédition). Un autre (seulement en édition kindle, je crois): Beware of dangerism (Gever Tulley, 2011) qui va dans le même sens: nous avons dorénavant peur de tout! Tu as lu Catastrophe de David Keys: un hiver volcanique, voilà qui est autrement dangereux que le changement climatique! Une petite éruption en Islande, et les avions s'arrêtent de voler. Imagine deux années consécutives sans production agricole. En 1816, il a gelé en juillet, et la coupable n'était qu'une petite éruption en 1815.

      Point 2: il faut agir. S'il a existé un crime contre l'humanité c'est bien la pollution sous toutes ses formes - y compris les émissions de gaz à effet de serre - : elle réduit notre qualité de vie, empoisonne notre environnement pour des générations, fait payer les innocents (comme d'hab!). Mais qu'on arrête de brandir les épouvantails! Sommes nous de moineaux qu'on nous traite come des têtes de linottes? Nous avons besoin d'une législation sévère et qui doit être appliquée. Nous devons miser à fond sur les énergies renouvelables et adopter des pratiques durables. Si tu lis le texte de trois grandes conventions (climat, désertification, biodiversité), tu verras qu´elles ont toutes en article (un ou deux!) avec de très bonnes paroles sur leur but ultime, qui est d'assurer la gestion des ressources naturelles de façon durable (j'avais écrit un truc sur le site de la FAO. Il est évident que peu de pays sont près à payer le prix et à passer aux actes. Comme tu sais, l'âge d'or des observations climatiques a été la période post-coloniale, vers 1960-70. Depuis, les données n'ont pas arrêté de se détériorer. C'est normal, ça? Non: si j'ai un problème climatique, je me m'assure d'abord que j'ai des données climatiques fiables. Je ne veux pas trop m'étendre sur ce sujet (que je connais bien!)!

      Point 3: je corrige, merci!

      Point 4: je note que la subtilité de la formulation ("Je me demande si...") te met à l'abri des opinions tranchées... N'est-ce pas beaucoup plus amusant d'avoir des strong opinions?

  2. "Je crois que nous saurons nourrir ceux que nous serons capables de procréer"
    Ce n'est déjà pas le cas aujourd'hui... nous demandez-vous de croire ?
    Parce-que même quand on aura réussi à changer le plomb en sandwich, nous n'en vivrons toujours pas moins dans un monde fini, où l'augmentation de population conduit nécessairement à l'amenuisement des ressources pour chacun.

    • Bonjour Damien!

      >Ce n'est pas le cas aujourdh'hui?

      Il faut regarder les données d'un peu plus près, et un petit tour sur le site web de la FAO fournit quelques (bonnes) les réponses (Voir note). Nous produisons bon an mal an 2200 millions de tonnes de céréales, plus légumineuses, légumes, tubercules (manioc, ignames, pommes de terre, patates douces), produits laitiers et viande. Ça fait beaucoup de nourriture! Pour 7 milliards de personnes, nous avons donc (en moyenne) 314 Kg de céréales par personne par an, plus les autres aliments. Les "besoins" sont habituellement estimés à entre 200 et 240 Kg de céreales par an, et nous les avons largement. Le problème, c'est l'accès à cette nourriture, sa distribution (spatiale) et son utilisation. A l'échelle de la planète, nous utilisons 60% de la production alimentaire totale pour l'homme, 35% pour le bétail (y compris volailles) et 5% pour faire des biocarburants. En Europe, par exemple, nous n'avons aucune idée de la quantité de viande consommée par les animaux domestiques. Les pays d'Afrique du Nord et du MOyen Orient (du Maroc au Pakistan) importent surtout des céréales. Qu'importent la Chine et l'Inde? Du soja (pour nourrir les porc, C), de l'huile (C+I) et du sucre (I). Pas vraiment des aliments de "première nécessité".

      Il y a, bien sûr, des poches d'insécurité alimentaire chronique (Ethiopie, Nordeste brésilien - en amélioration -) ou aigues. Sauf cette année dans la corne de l'Afrique, la guerre est maintenant la principale source d'insécurité alimentaire, et souvent ces guerres sont liées à des ressources naturelles limitées (Darfour, Rwanda, Congo).

      Cette problématique est, bien sûr complexe, mais il y a assez de nourriture pour tout le monde. A ceci près que la structure et les priorités de notre société ne permettent pas de la produire partout (seulement 10% des céréales sont commercialisés: le reste est consommé "sur place"; voir aussi ce lien). Certaines zones (Sahel, Mongolie) ont vraiment très peu de ressources. On peut espérer que la mondialisation finira par arranger ça. Ou alors, pour ceux qui croient (comme Einstein) que l'évolution de notre société procède par sauts (ruptures), nous finirons bien par trouver une solution par essais et erreurs.

      Note: http://faostat.fao.org/site/339/default.aspx, choisir "World+" et trier par quantité produite.

  3. En reponse a ton credo climatique, voici mon "Cantique de Frere Climat", à la manière de Saint Francois.

    Loué sois-Tu, mon Seigneur, avec toutes Tes créatures
    Spécialement Messire frère Climat
    Qui est puissant et changeant
    De toi, très Haut, il offre le symbole

    Loué sois-tu pour Sœur Science qui est chaste et fière
    Elle est mystérieuse et belle
    Et par elle tu nous animes

    Loué sois-tu pour notre Sœur la Pollution
    Qui est comme notre miroir
    Elle nous ressemble et nous humilie

    Loué sois-tu enfin mon Seigneur pour Frère Temps
    Qui nous offre ses enseignements
    Et à qui nul homme vivant ne peut échapper.

    Cedric

    http://www.franciscainstoulouse.fr/franclaire/etudes/Le%20Cantique%20des%20cr%E9atures.pdf