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L’une des der­nières croi­sades en date de nos déci­deurs est la « réduc­tion de la frac­ture numé­rique ». Jolie formule.

À cette fin, des accords ont été passés entre les Com­munes, les CPAS, des four­nis­seurs d’accès internet, cer­tains fabri­cants et des reven­deurs de maté­riels, et quelques ONG s’occupant du recon­di­tion­ne­ment de maté­riel infor­ma­tique d’occasion. L’idée est cer­tai­ne­ment louable. Créa­tion de centres cyber­média acces­sibles gra­tui­te­ment, ini­tia­tion à l’utilisation de ces nou­velles tech­no­lo­gies, pos­si­bi­lité de s’équiper chez soi à petit prix. On songe immé­dia­te­ment aux avan­tages : ouver­ture intel­lec­tuelle sur le monde (internet…), pos­si­bi­lité d’améliorer sa situa­tion per­son­nelle (dif­fu­sion de CV, appren­tis­sage, for­ma­tion continue, diver­si­fi­ca­tion, contacts faci­lités…), solu­tion contre l’isolement crois­sant ( ?), aspect ludique…

J’imagine que cela fonc­tionne dans une cer­taine mesure et que d’aucuns trouvent, par ce biais, des avan­tages dont ils auraient été exclus autre­ment. Tant mieux. Mais je sais aussi, parce que je suis un rouage de la machi­nerie qui permet l’existence de ce projet, que dans beau­coup de cas ce n’est qu’une sucette anes­thé­siante de plus ! Je reçois tous les jours en consul­ta­tion ces nou­veaux esclaves numé­riques, l’œil fatigué, PC sous le bras, pleu­rant que plus rien ne va avec cette satanée machine et cette p… de connexion internet. La plupart du temps, parce qu’ils ont leur fierté, ils ne sont pas venus avant d’avoir bidouillé eux-mêmes dans les entrailles du système ou passé le relais au cousin/voisin « qui s’y connaît en infor­ma­tique ». Ils sont aussi per­suadés, à ce stade de leur déroute, que le pro­blème ne peut venir que du maté­riel. C’est d’ailleurs la solu­tion qu’on leur vend le plus souvent, du cousin/voisin impuis­sant aux hot lines sur­char­gées. Le cen­drier est plein, donc il faut changer la voiture ! Je reste zen. Un mot est pla­cardé au-dessus de ma table de travail « 99% des pro­blèmes infor­ma­tiques sont situés entre le clavier et la chaise ». Je passe sur la vul­ga­ri­sa­tion des expli­ca­tions qu’il me faut débiter pour poser mon diag­nostic, cela méri­te­rait une antho­logie d’humour et de sur­réa­lisme. Mais non, le disque dur ne s’est pas dégonflé et les bar­rettes n’ont pas fondu !

Le bel outil au poten­tiel extra­or­di­naire s’est donc trans­formé, au fil des semaines, en une bête immonde, res­pon­sable d’argent perdu, de temps gas­pillé, de tracas divers et variés. En plus, la bête est malade et on me demande de la guérir au plus vite car on s’y est attaché ! Conscien­cieux, j’applique mon trai­te­ment, souvent le même d’ailleurs : ver­mi­fuge, purge et coup de polish. J’explique, je rassure, je res­sus­cite les ines­ti­mables données que l’on croyait perdues à jamais. Bientôt, la bête ron­ronne de plaisir et bondit sur internet au quart de tour. Je suis un magi­cien ! Mon client est content, ce soir Tchant­chet va pouvoir tchatter avec Nanette, Bobonne surfer sur Meetic et Raymond se télé­charger la der­nière vidéo de Paula-X. Dans deux mois, il reviendra pour que je lui retape sa machine victime d’une indi­ges­tion de conneries.

S’il est vrai qu’une frac­ture existe au niveau de l’accès à l’informatique et à l’internet, en raison du marasme socioé­co­no­mique ambiant, il est tout aussi vrai qu’une réduc­tion forcée de celle-ci ne réglera pas l’éternel pro­blème de la connerie humaine. Quand l’éducation et l’instruction n’ont pas fait leur travail, lorsque les com­pé­tences indi­vi­duelles sont ce qu’elles sont, placer de tels outils entre les mains de ces per­sonnes revient à placer une machine à écrire entre les pattes d’un singe en espé­rant qu’il va réécrire Les Misé­rables. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas inviter ces per­sonnes à apprendre à se servir de l’informatique (pour le plus noble ou le plus vil usage, peu importe d’ailleurs), mais cette inci­ta­tion encou­ragée par les auto­rités poli­tiques n’est ni plus ni moins qu’une anes­thésie intel­lec­tuelle de plus, doublée d’une nou­velle contrainte éco­no­mique superflue.

Plus les indi­vidus seront engourdis, et pour ceux-là l’ordinateur n’est qu’une exten­sion de tout ce qui fut et est débi­li­tant (de la messe du dimanche aux pro­grammes télé les plus stu­pides en passant par la CB des années 70 et les maga­zines people…), plus ils se com­por­te­ront en consom­ma­teurs dociles. Il y a cet éternel équi­libre de pré­ca­rité à pré­server pour que les meneurs puissent conti­nuer à mener grand train sur le dos d’une plèbe exploitée et mani­pulée de toutes les façons.

Thomas

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La dis­cus­sion s’étirait sur les films d’horreur, de suspens ou d’action qui nous avaient le plus marqués. Un ami évoqua un vieux fran­keins­troumph vu en cachette alors qu’il était gamin, qui lui avait filé une sacrée colique. Un autre parla de je ne sais quel film de guerre san­gui­nolent au réa­lisme per­cu­tant, fris­sons garantis. Quand vint mon tour, j’eus tout d’abord un peu de mal à retrouver ce qui, ciné­ma­to­gra­phi­que­ment parlant, avait pu imprimer en moi le plus puis­sant sen­ti­ment de frayeur ou de dégoût. Il est vrai que j’ai tou­jours préféré les films pouvant me pro­curer de l’émerveillement, du Magi­cien d’Oz aux der­nières aven­tures de Star Trek. Dans les films plus vio­lents ou plus gores, mon émer­veille­ment se porte sur les effets spé­ciaux au détri­ment de l’émotion pure. Évi­dem­ment, la scène de la douche dans Psy­chose avait produit son petit effet, mais ce n’était rien à côté du sou­venir qui se fit bientôt évi­dence. Quelques scènes de Contact, film de Zeme­ckis d’après le roman de Sagan (Carl !), repré­sentent pour moi le summum de l’angoisse.

J’imagine que cela paraîtra bien puéril à cer­tains, mais on a les angoisses qu’on peut. Dans ce film où il est ques­tion d’établir un contact avec une intel­li­gence non humaine, se pose le choix de la per­sonne, de l’ambassadeur terrien, qui pourra embar­quer dans l’étrange machine per­met­tant ce fameux contact. Jodie Foster, la scien­ti­fique, semble natu­rel­le­ment dési­gnée pour cette mission, mais un intri­gant convoite ce rôle. Un collège de sages ( ?) est alors chargé de dési­gner le meilleur can­didat. Poli­tique, inté­rêts finan­ciers et croyances sont alors mis en balance avec l’aspect pure­ment scien­ti­fique. L’intrigant s’achète vite une licence de bon croyant en dieu et rafle l’approbation des juges. La belle Jodie Foster, scien­ti­fique avant tout, athée par hon­nê­teté intel­lec­tuelle ou tout sim­ple­ment par bonne santé mentale, est relé­guée sur le banc de touche.

Je n’ai jamais rien connu de plus angois­sant au cinéma ! Pris par le film, tel­le­ment investi dans ce qui pour moi devait être la plus exal­tante mission de l’humanité, établir un contact avec une intel­li­gence extra­ter­restre, me voici abattu par ce coup de Jarnac fruit de l’éternelle connerie humaine. La mission va échouer parce que, c’est inévi­table, si l’ambassadeur vient à évoquer ses croyances en quoi que ce soit de divin, il va se faire éjecter, comme un sot qu’il est, de la nou­velle confrérie inter­ga­lac­tique. Et avec lui, puisqu’il est sensé nous repré­senter, toute notre planète. Adieu le Grand Contact, fermées les portes des classes supé­rieures, enli­se­ment dans notre bêtise pour encore des siècles et des siècles.

D’accord, je suis dur avec les croyants. Pour moi la foi est le fait d’une défi­cience en luci­dité et en curio­sité. Certes, je recon­nais qu’il en est de bien braves, de bien gentils, de bien sym­pa­thiques (pour racheter tous les autres, grands hypo­crites et fous dan­ge­reux). Il en est même de bien plus intel­li­gents que moi, ce qui ne laisse pas de me poser ques­tion sur le rapport entre la raison, l’intelligence et la santé mentale, mais c’est un autre débat.

Dans le film, heu­reu­se­ment, tout finit bien. La raison triomphe, l’honneur est sauf. Je me demande combien de rendez-vous avec l’histoire nous avons et allons encore manquer à cause de ce genre d’aveuglement. Parce que dans la réalité, la sottise triomphe presque tou­jours. Je ne parle pas de contact avec d’hypothétiques aliens, mais sim­ple­ment d’opportunités de construire des sociétés moins abru­ties de croyances stériles.

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De la futilité

Étendu à rien foutre devant la télé, zapette en main, voilà que je tombe sur une émis­sion dont le concept est de trans­former la bagnole pourrie d’un brave gars en un engin ruti­lant pourvu de gadgets élec­tro­niques à vous couper le sifflet. Pensée sombre, au passage, pour ma vieille Volvo qui aurait bien besoin d’un lavage et de nou­veaux pneus. La liste des trans­for­ma­tions est impres­sion­nante, une sono de dix milles démons dans le coffre, des écrans partout, une machine à café inté­grée au tableau de bord, un lustre (oui, un lustre !) en guise de pla­fon­nier, trente-six bidules et machins plus tape-à-l’œil qu’indispensables, pein­ture per­son­na­lisée, tuning agressif… D’une cer­taine manière, c’est beau. Ce n’est plus une voiture c’est… je ne sais pas ce que c’est, mais ce truc ne devrait même plus rouler. Le proprio est content, les artistes sont fiers, les spon­sors de l’émission se frottent les mains. Et moi j’ai comme une envie de vomir.

Je me rends compte que je viens de passer plu­sieurs minutes, sub­jugué par cette affaire, et j’ai honte pour ce temps perdu. Quitte à ne rien faire devant la télé, il y avait sûre­ment des choses plus inté­res­santes à regarder. Je zappe furieu­se­ment et, comme un fait exprès, il n’y a que des conne­ries sur toutes les chaînes. D’accord, ce que j’estime être des conne­ries est peut-être d’un intérêt capital pour d’autres et réci­pro­que­ment, mais je suis sûr que vous me com­prenez, n’est-ce pas ?

Bien qu’engourdi, j’essaye de réflé­chir. Ce genre d’émission va inciter de nom­breuses per­sonnes à « tuner » leur caisse et cela par­ti­cipe au déve­lop­pe­ment d’une cer­taine éco­nomie. La nausée me revient : une éco­nomie de la futi­lité dont, je n’en doute pas, d’habiles prê­cheurs pour­ront néan­moins jus­ti­fier de l’utilité fon­da­men­tale pour l’équilibre et la bonne santé de la société. On connaît ce dis­cours et ses rac­courcis fumeux. En voici un autre : une sono de 1000 Watts et trois néons dans le coffre d’une voiture peuvent per­mettre, par le jeu de mys­té­rieux leviers éco­no­miques, à des traîne-misère de Ban­ga­lore de manger à leur faim.

Un vertige me saisit, tant de choses futiles sur l’étal de la culture et de la consom­ma­tion alors que l’on devrait s’atteler prio­ri­tai­re­ment à sauver le monde. Je ne suis pas contre le fait de s’amuser et de se faire plaisir de temps en temps, loin de là, mais le mode de vie qui nous est proposé me fait penser au panem et cir­censes des romains dont l’empire s’effondrait dans l’indifférence des jouis­seurs. D’abord cette émis­sion, son concept et ses résul­tats concrets ; puis des mil­liers d’idiots qui comme moi l’on regardée ; des cen­taines qui en seront influencés ; un idiot tout seul qui trouve le moyen d’en faire un article pour ce blog ; ce blog lui-même si on va par là et ses lec­teurs car je ne vous oublie pas. Et ce n’est là qu’un épi­phé­no­mène insi­gni­fiant dans la manne des futi­lités où nous nous enli­sons jour­nel­le­ment alors que la situa­tion pla­né­taire est des plus pré­oc­cu­pante. Je cherche rapi­de­ment ce qui, à mes yeux, pour­rait sym­bo­liser à l’heure actuelle le comble de la futi­lité, et je pense à Paris Hilton. Je viens de me faire pari­shil­to­niser par une émis­sion débile.

Qu’est-ce que je peux y faire ? Je ne peux pas inter­dire ce que j’estime inutile et dom­ma­geable, ni remo­deler la société à ma guise. Je peux au moins dire ce que je pense et inciter d’aucuns à penser et agir avec plus de cir­cons­pec­tion. Mais il reste que j’ai le sen­ti­ment d’avoir par­ti­cipé, par mon inertie en regar­dant cette émis­sion, à accroître le déficit moral de l’humanité. Comment puis-je trans­former ce moment d’égarement ?

Une autre infor­ma­tion croise alors ma réflexion. Un fait divers. Des bagarres éclatent dans un lycée amé­ri­cain parce que des noirs, en sep­tembre 2007 n’est-ce pas, sou­haitent eux aussi pro­fiter de l’ombre d’un arbre, ombre tra­di­tion­nel­le­ment réservée aux blancs. On croit rêver. Mais non, il y a des images. Dont une me révolte plus que les gueules cassées. Plutôt que de pri­vi­lé­gier le dia­logue ou même d’imposer un règle­ment non dis­cri­mi­na­toire, les « res­pon­sables » ont abattu l’arbre. Ben oui, il n’avait qu’à pas être là à dis­penser bête­ment son ombre géné­reuse. Soit, je sais ce que je vais faire, planter deux arbres. Et vous ?

Thomas

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Souvenez-vous, cela a com­mencé avec ce brave et méri­tant balayeur de rue… Un jour, las de se voir décon­si­déré par une société esti­mant la valeur de ses sujets sur des titres et des paillettes plutôt que sur des actes utiles à elle-même, celui-ci décida de réclamer une reva­lo­ri­sa­tion de son statut. Il n’obtint pas l’augmentation de salaire escomptée, pas même un nouveau balai, mais eut droit à un chan­ge­ment de nom ! De balayeur, il devint « agent d’entretien ». Sa femme, qui le jour passait la ser­pillière chez Madame et bri­quait les bureaux de Mon­sieur la nuit, devint une « tech­ni­cienne de sur­faces ». Dans la foulée, le pom­piste du coin se trans­forma en « adjoint à la dis­tri­bu­tion des pro­duits pétro­liers » tandis que le facteur se muait en « préposé pour la trans­mis­sion des com­mu­ni­ca­tions écrites ». Que de belles pro­mo­tions grâce aux­quelles, c’était évident, ces gens allaient mieux vivre, être mieux consi­dérés, se voir ouvrir des portes autres que celles de service !

Depuis, la situa­tion n’a fait qu’empirer ! L’hypocrisie latente de tout un chacun et des salauds en par­ti­cu­lier, s’est insi­nuée au travers du langage jusqu’à conta­miner les domaines les plus subal­ternes, les plus insensés des pré­oc­cu­pa­tions humaines. Cette censure impli­cite pollue des expres­sions qui jusque-là appa­rais­saient claires, immé­dia­te­ment com­pré­hen­sibles, souvent belles ou judi­cieu­se­ment imagées, et tou­jours res­pec­tueuses lorsque dites par des gens eux-mêmes res­pec­tueux d’autrui ou ne voulant exprimer rien de plus que le sens premier des termes employés.

Faut-il le rap­peler, un con restera tou­jours un con, peu importe ses capa­cités d’élocution. D’ailleurs, il est immé­dia­te­ment per­cep­tible que le fait de traiter avec condes­cen­dance quelqu’un d’agent d’entretien est juste pire que de le traiter de balayeur avec la même condes­cen­dance. Où est l’évolution escomptée dans la façon de penser de nos contem­po­rains, si ce n’est ce gain d’hypocrisie ?

Parmi ces nou­velles pré­cau­tions ora­toires, celles tou­chant les cou­leurs et les ethnies sont pas­sa­ble­ment fas­ci­nantes tant elles enfoncent leurs uti­li­sa­teurs dans l’absurdité et l’embarras ! (Remar­quez que j’ai dit « ethnie » et non « race », tant j’ai peur de me faire taper sur les doigts par ces cen­seurs insensés et inso­lents qui sifflent sur nos… bref). N’en déplaise à Léopold Senghor lui-même, plus per­sonne n’oserait uti­liser le terme nègre en société pour dési­gner un Afri­cain noir de peau. On a pu dire « un noir », mais on a vite senti une petite touche de condes­cen­dance. Alors on a pu dire « un black », mais à l’admiration pre­mière (le beau black sportif…), s’est vite ajouté une nou­velle touche de dédain. Rien à faire, un raciste reste un raciste comme un con reste un con. Alors, le nègre, le noir, le black et tous les autres spé­ci­mens humains un peu plus colorés que ce qu’il est convenu de consi­dérer comme du blanc ( ?), sont devenus des « per­sonnes de couleur ». Pathé­tique ! Surtout, si le but est d’éveiller les gens au respect d’autrui et des dif­fé­rences, c’est là une très mau­vaise stratégie.

Il fau­drait au contraire inciter les curio­sités, varier les goûts, mélanger les genres, per­mettre les débats d’idées sans risquer le dépôt de plainte pour dis­cri­mi­na­tion ou insulte. Trop com­pliqué pour ces cohortes de petits penseurs-censeurs qui pré­fèrent jouer du bâton. Le vaccin contre la connerie n’existe pas. Alors, pour faire « huma­niste » et se donner bonne conscience à peu de frais, l’heure est à « l’insipidation » de tout, des mots, des images, des ali­ments, bientôt des convic­tions et des pensées intimes. Vive l’autocensure et le savon de Mar­seille. Orwell n’est pas loin.

Pré­voyons le pire, créons une intel­li­gentsia under­ground où il sera pos­sible de parler libre­ment de tout et de rien, sans parti pris ni méchan­ceté gra­tuite, sans avoir à redouter une assi­gna­tion en justice pour avoir osé uti­liser les mots du dic­tion­naire ; où il sera pos­sible de lire un « Tintin au Congo » non remanié par de soi-disant offus­qués inca­pables d’un minimum de cri­tique his­to­rique ; à regarder le dessin animé « Le secret de l’espadon » en s’indignant que les « méchants jaunes » ima­ginés par Jacobs à l’époque du « péril jaune » soient devenus, pour le bon plaisir de ces mêmes cen­seurs, d’indiscernables Cau­ca­siens bon teint ; et le tout en dégus­tant du camem­bert au lait cru et des cho­co­lats sans matière grasse ajoutée…

Thomas

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