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Un litre de bio­car­bu­rant génère entre 17 et 420 (!) fois plus de CO2 qu’un litre de car­bu­rant fossile.

Tillman et Fargione

Tillman et Fargione

Cette gabegie de CO2 trouve sa source prin­ci­pale en amont de la pro­duc­tion agri­cole ; le pétrole, lui, est déjà produit et déjà stocké. La pro­duc­tion de bioé­thanol néces­site d’énormes sur­faces de terres fer­tiles, et ces sur­faces sont prises sur la forêt. Or, une par­celle de forêt capte tou­jours beau­coup plus de carbone atmo­sphé­rique qu’une par­celle de terre agri­cole. En outre, lors du défri­chage, une partie impor­tante du carbone défriché va se retrouver dans l’atmosphère. Si le bioé­thanol, une fois dans le moteur, est effec­ti­ve­ment un peu plus propre, une étude publiée par Joe Far­gione et David Tilman dans The Nature Conser­vancy et par l’Uni­ver­sity of Min­ne­sota, démontre qu’il fau­drait attendre 420 ans pour que la balance du CO2 retrouve son équilibre.

La solu­tion qui consiste à consa­crer des terres agri­coles aux bio­car­bu­rants ne fait que déplacer le pro­blème : les fermier amé­ri­cains alter­naient tra­di­tion­nel­le­ment la culture du maïs avec celle du soja. La demande crois­sante en éthanol en a convaincu de nom­breux de ne plus se consa­crer qu’au maïs. Résultat : pour faire face aux besoins de la planète en soja, le Brésil en est devenu le prin­cipal expor­ta­teur après avoir défriché ce qu’il fallait de forêt pour en orga­niser la culture.

Le bilan du bioé­thanol en termes de CO2 est donc catas­tro­phique. Il faut arrêter de donner des labels éco­lo­giques aux voi­tures appe­lant ce type de car­bu­rant. À moins qu’une solu­tion plus réa­liste n’émerge, par exemple par l’utilisation du plancton.

Un autre aspect par­ti­cu­liè­re­ment noir des agro­bio­car­bu­rants est qu’ils font direc­te­ment concur­rence avec l’alimentation, par­ti­cu­liè­re­ment dans les pays pauvres. Le marché des ali­ments de base peut devenir hau­te­ment spé­cu­latif : il y a quelques mois, le prix de la tor­tilla a atteint des sommets au Mexique où il constitue l’essentiel de l’alimentation, déclen­chant de très impor­tants mou­ve­ments sociaux. C’est que, désor­mais, le maïs mexi­cain se vend très bien aux firmes amé­ri­caines de biocarburants.

De tels effets sont observés alors que les bio­car­bu­rants ne font que com­mencer leur percée. Si ceux-ci conti­nuent leur ascen­sion, les insta­bi­lités géo­po­li­tiques, finan­cières et socio­lo­giques liées au pétrole nous paraî­tront bien anodines.

Que nos res­sources fos­siles soient limi­tées est une évi­dence, mais se rabattre sur nos champs et nos forêts en guise de solu­tion est une folie. Les forêts doivent rester des forêts pour le main­tien de la bio­di­ver­sité et la sta­bi­li­sa­tion du cycle du carbone. Et les champs doivent servir à nourrir les hommes.

avk

Sources

www1​.umn​.edu/​u​m​n​n​e​w​s​/​F​e​a​t​u​r​e​_​S​t​o​r​i​e​s​/​T​h​e​_​d​a​r​k​_​s​i​d​e​_​o​f​_​b​i​o​fuels.html
www​.reuters​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​b​o​n​d​s​N​e​w​s​/​i​d​U​S​N​0​7​1​5​3​0​9720080207
www​.radiohc​.cu/​e​s​p​a​n​o​l​/​c​o​m​e​n​t​a​r​i​o​s​/​m​a​y​o​0​7​/​c​o​m​e​n​t​a​r​i​o​10mayo.htm
www​.libe​ra​tion​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​m​o​n​d​e​/​2​2​9​270.FR.php
www​.eco​portal​.net/​c​o​n​t​e​n​t​/​v​i​e​w​/​full/69023

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Après le Comté de Polk, voici celui de Pinellas, tou­jours en Floride. Là aussi, la Com­mis­sion de l’enseignement prend majo­ri­tai­re­ment parti pour l’Intel­li­gent Design.

Voici les argu­ments de quatre de ses membres :

« The entire theory of evo­lu­tion is not scien­tific fact. Intel­li­gent design balances it out. » — Nancy Bostock, Chair­person

« I’d pro­bably ideally like to keep it all [evo­lu­tion and Intel­li­gent Design] out of the class­room. If it’s going to create this much contro­versy, how impor­tant is it? »
— Peggy O’Shea, Vice Chair­person

« I think that stu­dents should be given the oppor­tu­nity to view all theo­ries on how man evolved and let their science back­ground and their reli­gious back­ground take over as to which one they believe in. »
— Jane Gallucci

« To teach one [evo­lu­tion] as if nothing else existed, I think we’re doing our stu­dents a dis­ser­vice. » — Carol Cook

Promis, je ne pos­terai pas un billet à chaque Comté qui bascule, mais il me sem­blait impor­tant d’illustrer que la pro­gres­sion du phé­no­mène est impor­tante et que, chaque semaine, c’est l’éducation scien­ti­fique de plu­sieurs dizaines de mil­liers d’enfants qui se teinte de religieux.

Il ne s’agit pas de faits isolés mais d’un mou­ve­ment de fond.

[ source ]

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L’une des der­nières croi­sades en date de nos déci­deurs est la « réduc­tion de la frac­ture numé­rique ». Jolie formule.

À cette fin, des accords ont été passés entre les Com­munes, les CPAS, des four­nis­seurs d’accès internet, cer­tains fabri­cants et des reven­deurs de maté­riels, et quelques ONG s’occupant du recon­di­tion­ne­ment de maté­riel infor­ma­tique d’occasion. L’idée est cer­tai­ne­ment louable. Créa­tion de centres cyber­média acces­sibles gra­tui­te­ment, ini­tia­tion à l’utilisation de ces nou­velles tech­no­lo­gies, pos­si­bi­lité de s’équiper chez soi à petit prix. On songe immé­dia­te­ment aux avan­tages : ouver­ture intel­lec­tuelle sur le monde (internet…), pos­si­bi­lité d’améliorer sa situa­tion per­son­nelle (dif­fu­sion de CV, appren­tis­sage, for­ma­tion continue, diver­si­fi­ca­tion, contacts faci­lités…), solu­tion contre l’isolement crois­sant ( ?), aspect ludique…

J’imagine que cela fonc­tionne dans une cer­taine mesure et que d’aucuns trouvent, par ce biais, des avan­tages dont ils auraient été exclus autre­ment. Tant mieux. Mais je sais aussi, parce que je suis un rouage de la machi­nerie qui permet l’existence de ce projet, que dans beau­coup de cas ce n’est qu’une sucette anes­thé­siante de plus ! Je reçois tous les jours en consul­ta­tion ces nou­veaux esclaves numé­riques, l’œil fatigué, PC sous le bras, pleu­rant que plus rien ne va avec cette satanée machine et cette p… de connexion internet. La plupart du temps, parce qu’ils ont leur fierté, ils ne sont pas venus avant d’avoir bidouillé eux-mêmes dans les entrailles du système ou passé le relais au cousin/voisin « qui s’y connaît en infor­ma­tique ». Ils sont aussi per­suadés, à ce stade de leur déroute, que le pro­blème ne peut venir que du maté­riel. C’est d’ailleurs la solu­tion qu’on leur vend le plus souvent, du cousin/voisin impuis­sant aux hot lines sur­char­gées. Le cen­drier est plein, donc il faut changer la voiture ! Je reste zen. Un mot est pla­cardé au-dessus de ma table de travail « 99% des pro­blèmes infor­ma­tiques sont situés entre le clavier et la chaise ». Je passe sur la vul­ga­ri­sa­tion des expli­ca­tions qu’il me faut débiter pour poser mon diag­nostic, cela méri­te­rait une antho­logie d’humour et de sur­réa­lisme. Mais non, le disque dur ne s’est pas dégonflé et les bar­rettes n’ont pas fondu !

Le bel outil au poten­tiel extra­or­di­naire s’est donc trans­formé, au fil des semaines, en une bête immonde, res­pon­sable d’argent perdu, de temps gas­pillé, de tracas divers et variés. En plus, la bête est malade et on me demande de la guérir au plus vite car on s’y est attaché ! Conscien­cieux, j’applique mon trai­te­ment, souvent le même d’ailleurs : ver­mi­fuge, purge et coup de polish. J’explique, je rassure, je res­sus­cite les ines­ti­mables données que l’on croyait perdues à jamais. Bientôt, la bête ron­ronne de plaisir et bondit sur internet au quart de tour. Je suis un magi­cien ! Mon client est content, ce soir Tchant­chet va pouvoir tchatter avec Nanette, Bobonne surfer sur Meetic et Raymond se télé­charger la der­nière vidéo de Paula-X. Dans deux mois, il reviendra pour que je lui retape sa machine victime d’une indi­ges­tion de conneries.

S’il est vrai qu’une frac­ture existe au niveau de l’accès à l’informatique et à l’internet, en raison du marasme socioé­co­no­mique ambiant, il est tout aussi vrai qu’une réduc­tion forcée de celle-ci ne réglera pas l’éternel pro­blème de la connerie humaine. Quand l’éducation et l’instruction n’ont pas fait leur travail, lorsque les com­pé­tences indi­vi­duelles sont ce qu’elles sont, placer de tels outils entre les mains de ces per­sonnes revient à placer une machine à écrire entre les pattes d’un singe en espé­rant qu’il va réécrire Les Misé­rables. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas inviter ces per­sonnes à apprendre à se servir de l’informatique (pour le plus noble ou le plus vil usage, peu importe d’ailleurs), mais cette inci­ta­tion encou­ragée par les auto­rités poli­tiques n’est ni plus ni moins qu’une anes­thésie intel­lec­tuelle de plus, doublée d’une nou­velle contrainte éco­no­mique superflue.

Plus les indi­vidus seront engourdis, et pour ceux-là l’ordinateur n’est qu’une exten­sion de tout ce qui fut et est débi­li­tant (de la messe du dimanche aux pro­grammes télé les plus stu­pides en passant par la CB des années 70 et les maga­zines people…), plus ils se com­por­te­ront en consom­ma­teurs dociles. Il y a cet éternel équi­libre de pré­ca­rité à pré­server pour que les meneurs puissent conti­nuer à mener grand train sur le dos d’une plèbe exploitée et mani­pulée de toutes les façons.

Thomas

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Il y a pas mal de Comtés nommés Polk aux États-Unis, mais aucun d’entre eux ne béné­ficie d’une renommée fra­cas­sante en Europe.

Celui de Floride vient de faire une avancée déci­sive vers la noto­riété. Situé en plein centre de la Pénin­sule, il dispose d’une éco­nomie flo­ris­sante, de plus de 600.000 habi­tants et de nom­breux éta­blis­se­ments d’enseignement. Bref, ce n’est pas un petit patelin oublié de la civilisation.

Dans le bon Comté de Polk, rap­porte The Ledger, la Com­mis­sion de l’enseignement a une confi­gu­ra­tion par­ti­cu­lière : sur sept membres, quatre sont favo­rables à l’enseignement de l’Intel­li­gent Design, une n’a pas d’avis, deux y sont opposés.


La très fer­vente Mar­garet Lofton, Pré­si­dente, a déjà déclaré : « Si j’étais amenée à voter sur ce point, j’interdirais l’enseignement du darwinisme. »

Or dans un mois, en janvier 2008, cette Com­mis­sion va se réunir afin de voter les nou­veaux stan­dards en matière d’enseignement de l’évolution. Puisque le pro­cessus démo­cra­tique y semble plus puis­sant que la vérité scien­ti­fique, je pense qu’il y a quelque chose à faire : contacter ces per­sonnes. Leur envoyer des liens vers des sites scien­ti­fiques, leur expli­quer que leurs déci­sions ne sont pas seule­ment atten­dues dans leur Comté, mais partout dans le monde, les convaincre que la science ne met pas en péril le salut de leurs enfants.

Comment les contacter? Rien de plus simple :

Kay Fields (Dis­trict 5) : 863–802-5483
Kay.​Fields@​polk-​fl.​net

Tim Harris (Dis­trict 7) : 863–808-0005
Tim.​Harris@​polk-​fl.​net

Mar­garet Lofton (Dis­trict 6, Chairman) : 863–294-9076
Margaret.​Lofton@​polk-​fl.​net

Hazel Sellers (Dis­trict 3) : 863–533-7714
Hazel.​Sellers@​polk-​fl.​net

Lori Cun­nin­gham (Dis­trict 2, Vice-Chairman) : 863–512-1656
Lori.​Cunningham@​polk-​fl.​net

Et, tant qu’à faire, pour­quoi pas un email de soutien aux deux défen­seurs d’un ensei­gne­ment scientifique?

Frank O’Reilly (Dis­trict 1)
Frank.​Oreilly@​polk-​fl.​net

Brenda Reddout (Dis­trict 4)
Brenda.​Reddout@​polk-​fl.​net

Mes emails ont été expé­diés il y a une heure.

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« Vingt-quatre îles de l’archipel indo­né­sien ont disparu ces der­nières années. Selon cer­tains modèles, 2.000 îles de l’archipel pour­raient dis­pa­raître en une géné­ra­tion, soit d’ici 2030. » Voici ce qu’affirme en sub­stance Freddy Numberi, le ministre indo­né­sien des Affaires mari­times s’appuyant sur une étude de l’Université Jadavpur de Calcutta.

Le tsunami du 24 décembre 2004 est res­pon­sable de la dis­pa­ri­tion de quatre d’entre elles, au nord de Sumatra. Les vingt autres, dans la pro­vince de Riau et dans l’archipel des Mille îles ont disparu du fait des dom­mages environnementaux.

Bien sûr, il s’agit tou­jours de causes mul­tiples : montée des eaux, érosion côtière, dis­pa­ri­tion des man­groves, aug­men­ta­tion de la vio­lence cyclo­nique. De telle sorte que la rhé­to­rique gardera son droit de cité et per­mettra d’estomper cette alarme : les îles disparaissent.

J’ai entendu aussi qu’il faut rela­ti­viser : l’archipel indo­né­sien compte plus de 17.000 îles et la perte de 24 îles inha­bi­tées n’est guère signi­fiante. C’est bien sûr un peu embê­tant pour la bio­di­ver­sité mais elle en a vu d’autres…

Il y a quelques mois, l’île de Loha­chara (Delta du Gange) a été tota­le­ment immergée. Six mille familles y vivaient dans les années 80.

Bien sûr, ici aussi, on pourra me rétor­quer que l’Inde en a vu d’autres…

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Le créa­tion­nisme et son avatar post­mo­derne, l’Intel­li­gent Design, uti­lisent une rhé­to­rique simple pour faire des adeptes parmi les chré­tiens les plus modérés. La stra­tégie est simple : mettre dos à dos la théorie dar­wi­nienne et la Bible. Il suffit alors de déforcer la pre­mière et pour cela, tous les argu­ments sont bons.

L’Intel­li­gent Design s’affiche de plus en plus comme une opinion res­pec­table. Qui s’y oppose prend le risque de passer pour into­lé­rant. Il y a quelques années, une cam­pagne pro-tabac uti­li­sait la même stra­tégie du « dos-à-dos ». Le slogan était : «Fumeur ou pas, restons cour­tois». Il gommait l’idée simple que l’un était l’agresseur et l’autre l’agressé. Le méca­nisme est simi­laire ici : mettre sur un pied d’égalité un dogme et un modèle scien­ti­fique cohé­rent, corrélé par des faits et soumis à la cri­tique scientifique.

Amis croyants, si vous pensez que la foi et la science ne sont pas anta­go­nistes par nature, ce billet est pour vous…

1. C’est écrit dans la Bible.
«God’s Word is true, or evo­lu­tion is true. There’s no room for com­pro­mise.» [crea­tion­mu­seum]

Argu­ment d’autorité. La Bible est un récit. De nom­breux autres récits, scien­ti­fiques ou non, reli­gieux ou non, fic­tion­nels ou non, sont en contra­dic­tion avec divers pas­sages de la Bible. Croire que la Bible a raison sim­ple­ment parce que c’est la Bible est une convic­tion, par un argument.

2. Ma foi me pousse à croire le récit biblique.

Sub­jec­ti­visme. La foi de nom­breux chré­tiens les pousse à com­prendre cer­tains pas­sages bibliques comme des méta­phores. Un argu­ment en leur faveur est que cer­tains pas­sages sont compris comme méta­pho­riques même par les chré­tiens créa­tion­nistes. Si tous les chré­tiens s’accordent sur le fait que des méta­phores peuvent être pré­sentes dans la Bible, pour­quoi la Genèse ne pourrait-elle être inter­prétée ainsi?

3. Le dar­wi­nisme diminue le rôle de Dieu.
«Dar­wi­nism rules out the pos­si­bi­lity of God or any guiding intel­li­gence playing a role in life’s origin and deve­lop­ment. Within western culture Darwinism’s ascent has been truly meteoric.» [Cosmic Pour­suit, William Dembski, 1998]

Diver­sion. Pour qui pense que Dieu a planté chaque arbre indi­vi­duel­le­ment, l’affirmation qu’une entre­prise de jar­di­nage ait planté celui de mon jardin doit être blas­phé­ma­toire. Le dar­wi­nisme n’est dan­ge­reux que pour l’idée d’un Dieu anthro­po­cen­trique. Il n’interfère nul­le­ment avec l’idée d’un Dieu omni­po­tent et omniscient.

4. Argu­ment téléo­lo­gique : la beauté et la com­plexité des méca­nismes de la nature démontrent l’existence de Dieu.

Appel à l’émotion, non-sequitur. C’est une convic­tion, non un argu­ment. Elle est parfois sou­tenue par les argu­ments du hasard ou de la com­plexité (voir plus loin).

5. Darwin était athée.

Dis­crédit, non-sequitur. Argu­ment étrange, sauf à consi­dérer «Païens ont tort, chres­tiens ont droit.» Étrange et faux : Darwin était chré­tien. Il a étudié la théo­logie à Cam­bridge. Sa théorie de la sélec­tion natu­relle date de 1838 et s’est édifiée sur base d’éléments récoltés durant le voyage du Beagle, de 1831 à 1836. Darwin ne devint agnos­tique qu’en 1851, suite à la mort de sa fille Annie.

6. Le dar­wi­nisme est une théorie maté­ria­liste.
«Debun­king the tra­di­tional concep­tions of both God and man, thin­kers such as Charles Darwin, Karl Marx, and Sigmund Freud por­trayed humans not as moral and spi­ri­tual beings, but as animals or machines who inha­bited a uni­verse ruled by purely imper­sonal forces and whose beha­vior and very thoughts were dic­tated by the unben­ding forces of biology, che­mistry, and envi­ron­ment.» [The Wedge Stra­tegy]

Non sequitur. Cet argu­ment n’a de poids qu’à deux conditions :

a. Il est exact (reste à le démon­trer).
b. Les théo­ries maté­ria­listes ont tou­jours tort face aux théo­ries spi­ri­tua­listes. Cette démons­tra­tion est elle inutile puisque les chré­tiens fon­da­men­ta­listes adopte eux-même parfois une posi­tion inverse : ils croient en la trans­ub­stan­tia­tion. Pour eux, l’hostie donnée en com­mu­nion n’est pas seule­ment investie de l’esprit du Christ mais que sa sub­stance maté­rielle est réel­le­ment modifiée.

7. Le dar­wi­nisme est contredit par les der­nières avan­cées scientifiques.

Diver­sion. Bien sûr, la science pro­gresse, les théo­ries s’affinent et se com­plètent. Dans son excellent blog, Tom Roud résume par­fai­te­ment l’absurdité de l’argument :
« (…) Dembski affirme que le fait que cer­tains orga­nismes aient des moyens de contrôler leur taux de muta­tion contredit le dar­wi­nisme. Autant repro­cher à Galilée de ne pas avoir intro­duit la notion d’espace-temps ! Ce que Dembski ne recon­naît pas, c’est que la théorie de l’évolution pro­posée par Darwin est avant tout un cadre concep­tuel : ce n’est pas parce que Darwin n’a pas anti­cipé les décou­vertes récentes de la bio­logie que sa théorie ne colle pas à ces découvertes.»

8. L’évolutionnisme met le hasard au centre de tout ses méca­nismes. Il est impos­sible qu’une méca­nique aussi com­plexe que l’homme, même que chaque cellule, soit le fruit du hasard. Un archi­tecte est nécessaire.

Inexac­ti­tude, non-sequitur. Bien sûr, si l’on met les atomes consti­tu­tifs d’un homme dans un tonneau et que l’on secoue, il n’en sortira jamais un homme. Cet argu­ment cari­ca­ture le dis­cours scien­ti­fique. Ce que l’évolutionnisme avance, c’est qu’une sélec­tion natu­relle s’opère au hasard. Ce hasard n’est pas tota­le­ment aléa­toire puisqu’il s’opère dans le cadre étroit des lois de la logique, de la phy­sique et de la chimie. Ces lois étant uni­ver­selles, une sélec­tion cumu­la­tive appa­raît qui permet l’émergence de struc­tures complexes.

9. Si les muta­tions appa­raissent de façon aléa­toire, comment un organe aussi com­plexe qu’un oeil peut évoluer? Il est clair que toutes les muta­tions ont convergé pour en faire une méca­nique aussi com­plexe et parfaite.

Fausse alter­na­tive, incom­pré­hen­sion. Quand nous regar­dons en arrière le chemin qu’a par­couru l’évolution pour arriver à un organe tel que l’oeil, nous avons imman­qua­ble­ment le sen­ti­ment trom­peur d’une évo­lu­tion dirigée. C’est que nous ne voyons alors que le chemin qui a abouti. La masse fan­tas­tique d’essais infruc­tueux nous est invi­sible. Cela revient à s’étonner qu’un sper­ma­to­zoïde minus­cule, sans organe de sens ni cerveau réus­sisse le miracle de fran­chir la dis­tance colos­sale qui le sépare de l’ovule. S’il n’y avait qu’un seul sper­ma­to­zoïde, ce serait bien un miracle… mais il y en a des dizaines de millions.

10. Le deuxième prin­cipe de la ther­mo­dy­na­mique affirme que des sys­tèmes com­plexes ne peuvent pas appa­raître tout seuls.

Inexac­ti­tude. Ce prin­cipe énonce en fait que «Toute trans­for­ma­tion d’un système ther­mo­dy­na­mique s’effectue avec aug­men­ta­tion de l’entropie globale incluant l’entropie du système et du milieu exté­rieur.» Il n’implique nul­le­ment que, loca­le­ment, des sys­tèmes ordonnés appa­raissent, au prix d’une aug­men­ta­tion de l’entropie du milieu et d’une dis­si­pa­tion d’énergie. De nom­breux modèles validés par l’observation par l’expérience montrent que non seule­ment des struc­tures com­plexes peuvent se former, mais en outre qu’elles peuvent se main­tenir hors de l’état d’équilibre (cel­lules de Bénard, réac­tions Belousov-Zhabotinsky, travaux de Prigogine…)

11. Les évo­lu­tion­niste eux-même admettent que cer­taines espèces n’évoluent pas.

Fausse alter­na­tive. Bien sûr. Cela implique seule­ment qu’elles ont atteint un seuil d’équilibre.

12. Les dar­wi­nisme a servi à jus­ti­fier des crimes contre l’humanité.

Dis­crédit, non-sequitur. C’est exact. Récu­pérer une science pour asseoir une croyance reli­gieuse, poli­tique ou idéo­lo­gique peut mener aux plus grandes monstruosités.

13. Les muta­tions dégradent l’organisme et ne le font pas évoluer.

Inexac­ti­tude. Si c’était le cas, les entre­prises de l’agro-alimentaire n’investiraient pas tant dans les OGM. Une muta­tion modifie le patri­moine géné­tique. Parfois, cette muta­tion per­turbe les fonc­tions méta­bo­liques, pro­vo­cant parfois des défi­ciences voire la mort de la cellule mutée. Souvent, la muta­tion est neutre : elle inter­vient dans une partie du maté­riel géné­tique non codant (introns). Plus rare­ment, la modi­fi­ca­tion peut avoir des effets posi­tifs. C’est là qu’intervient la sélec­tion natu­relle : un orga­nisme ayant subi une muta­tion qui le ren­force aura plus de chance de sur­vivre et de trans­mettre cette muta­tion à une des­cen­dance que l’organisme ayant subi une muta­tion qui diminue ses chances de survie et de repro­duc­tion. C’est le méca­nisme du hope­full monster par lequel une muta­tion favo­rable se trans­mettra plus faci­le­ment qu’une autre.

14. L’histoire de la science, et par­ti­cu­liè­re­ment de l’évolutionnisme, four­mille d’erreurs, de fraudes, de canulars.

Dis­crédit, Non sequitur. Oui, comme toute acti­vité humaine. Elle intègre cepen­dant des méca­nismes qui ont permi de mettre ces erreurs, fraudes et canu­lars en lumière. La reli­gion et la foi ne dis­posent pas de tels méca­nismes, et ne sont guère plus pré­ser­vées de la failli­bi­lité humaine.

15. Si les fos­siles sont la trace d’animaux dis­parus et que l’évolution est continue, il devrait exister des fos­siles inter­mé­diaires. Le fait qu’il n’y en ait pas prouve que la théorie de l’évolution est une fable.

Inexac­ti­tude. Mais il y en a, et de très nom­breux dont le premier est bien sûr l’Archéoptéryx. Voir Evi­dence of Evo­lu­tio­nary Tran­si­tions de Michael Benton.

16. Pour l’homme en tous cas, impos­sible de parler d’évolution puisqu’il est doté de conscience. C’est donc une dif­fé­rence qua­li­ta­tive et non plus sim­ple­ment quan­ti­ta­tive qui le dis­tingue des animaux.

Inexac­ti­tude, ambi­guïté. Reste à définir cette conscience qui serait qua­li­ta­ti­ve­ment absente du monde animal. L’on peut sim­ple­ment noter que l’éthologie a mis en évi­dence dans le monde animal (non humain) des apti­tudes et com­por­te­ments tels que la conscience de soi, la capa­cité d’abstraction, le rire, l’amour, la fidé­lité, la tra­hison, le suicide, le langage sym­bo­lique, l’empathie, l’altruisme, la soli­da­rité, l’utilisation d’outils, la trans­mis­sion de savoir et de rituels.

17. On n’a jamais observé de muta­tion condui­sant à une aug­men­ta­tion de l’information géné­tique.

Inexac­ti­tude.
Argu­ment spé­cieux : on n’observe pas les muta­tions puisqu’elles inter­viennent de façon, aléa­toire, on observe leurs effets. Ceci dit, l’augmentation de maté­riel géné­tique au sein de la cellule a déjà été prouvé à diverses reprises. Le prin­cipal méca­nisme est la dupli­ca­tion de gènes suivie de la diver­gence de l’une des copies. D’autres méca­nismes ont été observés tels que l’endobiose par laquelle deux orga­nismes fusionnent (d’où les mito­chon­dries p. ex.) ou plus cou­ram­ment les méca­nismes rétroviraux.

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Consi­dé­rant avec quelle faci­lité infinie chacun, grâce au daguer­réo­type, peut faire faire aujourd’hui son por­trait, alors que jadis un por­trait fidèle était le pri­vi­lège exclusif des nobles ou des aris­to­crates de l’esprit, [Pierre] en conclut natu­rel­le­ment qu’au lieu d’immmortaliser les génies, le por­trait ne servait à présent qu’à quo­ti­dia­niser les imbéciles.

Herman Mel­ville, Pierre ou les ambi­guïtés, Livre XVII, cha­pitre III, 1852.

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The Best Article Every Day publie un flo­ri­lège de pré­dic­tions péremp­toires qui démontrent, s’il le fallait encore, que la vision d’un leader est moins impor­tante que sa capa­cité à mobi­liser les foules. Petite sélec­tion de mise en bouche :

«We will bury you.»
Nikita Kru­sh­chev, Soviet Premier, pre­dic­ting Soviet com­mu­nism will win over U.S. capi­ta­lism, 1958.

«Eve­ry­thing that can be invented has been invented.»
Charles H. Duell, an offi­cial at the US patent office, 1899.

«It will be gone by June.»
Variety, passing jud­ge­ment on rock ‘n roll in 1955.

«This anti­trust thing will blow over.»
Bill Gates, founder of Microsoft.

«It will be years — not in my time — before a woman will become Prime Minister.»
Mar­garet That­cher, future Prime Minister, October 26th, 1969.

«Read my lips: NO NEW TAXES
George Bush, 1988.

«That virus is a pus­sycat.»
Dr. Peter Dues­berg, molecular-biology pro­fessor at U.C. Ber­keley, on HIV, 1988.

«Sen­sible and res­pon­sible women do not want to vote.»
Grover Cle­ve­land, U.S. Pre­sident, 1905.

«That the auto­mo­bile has prac­ti­cally reached the limit of its deve­lop­ment is sug­gested by the fact that during the past year no impro­ve­ments of a radical nature have been intro­duced.»
Scien­tific Ame­rican, Jan. 2 edition, 1909.

«Heavier-than-air flying machines are impos­sible.»
Lord Kelvin, British mathe­ma­ti­cian and phy­si­cist, pre­sident of the British Royal Society, 1895.

«Radio has no future.»
Lord Kelvin, Scot­tish mathe­ma­ti­cian and phy­si­cist, former pre­sident of the Royal Society, 1897.

«Nuclear-powered vacuum clea­ners will pro­bably be a reality in 10 years.»
Alex Lewyt, pre­sident of vacuum cleaner company Lewyt Corp., in the New York Times in 1955.

«Atomic energy might be as good as our present-day explo­sives, but it is unli­kely to produce any­thing very much more dan­ge­rous.»
Winston Chur­chill, British Prime Minister, 1939.

«It’s a great inven­tion but who would want to use it anyway?»
Ruther­ford B. Hayes, U.S. Pre­sident, after a demons­tra­tion of Alexander Bell’s tele­phone, 1876.

«X-rays will prove to be a hoax.»
Lord Kelvin, Pre­sident of the Royal Society, 1883.

«The pho­no­graph has no com­mer­cial value at all.»
Thomas Edison, Ame­rican inventor, 1880s.

[source]

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La dis­cus­sion s’étirait sur les films d’horreur, de suspens ou d’action qui nous avaient le plus marqués. Un ami évoqua un vieux fran­keins­troumph vu en cachette alors qu’il était gamin, qui lui avait filé une sacrée colique. Un autre parla de je ne sais quel film de guerre san­gui­nolent au réa­lisme per­cu­tant, fris­sons garantis. Quand vint mon tour, j’eus tout d’abord un peu de mal à retrouver ce qui, ciné­ma­to­gra­phi­que­ment parlant, avait pu imprimer en moi le plus puis­sant sen­ti­ment de frayeur ou de dégoût. Il est vrai que j’ai tou­jours préféré les films pouvant me pro­curer de l’émerveillement, du Magi­cien d’Oz aux der­nières aven­tures de Star Trek. Dans les films plus vio­lents ou plus gores, mon émer­veille­ment se porte sur les effets spé­ciaux au détri­ment de l’émotion pure. Évi­dem­ment, la scène de la douche dans Psy­chose avait produit son petit effet, mais ce n’était rien à côté du sou­venir qui se fit bientôt évi­dence. Quelques scènes de Contact, film de Zeme­ckis d’après le roman de Sagan (Carl !), repré­sentent pour moi le summum de l’angoisse.

J’imagine que cela paraîtra bien puéril à cer­tains, mais on a les angoisses qu’on peut. Dans ce film où il est ques­tion d’établir un contact avec une intel­li­gence non humaine, se pose le choix de la per­sonne, de l’ambassadeur terrien, qui pourra embar­quer dans l’étrange machine per­met­tant ce fameux contact. Jodie Foster, la scien­ti­fique, semble natu­rel­le­ment dési­gnée pour cette mission, mais un intri­gant convoite ce rôle. Un collège de sages ( ?) est alors chargé de dési­gner le meilleur can­didat. Poli­tique, inté­rêts finan­ciers et croyances sont alors mis en balance avec l’aspect pure­ment scien­ti­fique. L’intrigant s’achète vite une licence de bon croyant en dieu et rafle l’approbation des juges. La belle Jodie Foster, scien­ti­fique avant tout, athée par hon­nê­teté intel­lec­tuelle ou tout sim­ple­ment par bonne santé mentale, est relé­guée sur le banc de touche.

Je n’ai jamais rien connu de plus angois­sant au cinéma ! Pris par le film, tel­le­ment investi dans ce qui pour moi devait être la plus exal­tante mission de l’humanité, établir un contact avec une intel­li­gence extra­ter­restre, me voici abattu par ce coup de Jarnac fruit de l’éternelle connerie humaine. La mission va échouer parce que, c’est inévi­table, si l’ambassadeur vient à évoquer ses croyances en quoi que ce soit de divin, il va se faire éjecter, comme un sot qu’il est, de la nou­velle confrérie inter­ga­lac­tique. Et avec lui, puisqu’il est sensé nous repré­senter, toute notre planète. Adieu le Grand Contact, fermées les portes des classes supé­rieures, enli­se­ment dans notre bêtise pour encore des siècles et des siècles.

D’accord, je suis dur avec les croyants. Pour moi la foi est le fait d’une défi­cience en luci­dité et en curio­sité. Certes, je recon­nais qu’il en est de bien braves, de bien gentils, de bien sym­pa­thiques (pour racheter tous les autres, grands hypo­crites et fous dan­ge­reux). Il en est même de bien plus intel­li­gents que moi, ce qui ne laisse pas de me poser ques­tion sur le rapport entre la raison, l’intelligence et la santé mentale, mais c’est un autre débat.

Dans le film, heu­reu­se­ment, tout finit bien. La raison triomphe, l’honneur est sauf. Je me demande combien de rendez-vous avec l’histoire nous avons et allons encore manquer à cause de ce genre d’aveuglement. Parce que dans la réalité, la sottise triomphe presque tou­jours. Je ne parle pas de contact avec d’hypothétiques aliens, mais sim­ple­ment d’opportunités de construire des sociétés moins abru­ties de croyances stériles.

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De la futilité

Étendu à rien foutre devant la télé, zapette en main, voilà que je tombe sur une émis­sion dont le concept est de trans­former la bagnole pourrie d’un brave gars en un engin ruti­lant pourvu de gadgets élec­tro­niques à vous couper le sifflet. Pensée sombre, au passage, pour ma vieille Volvo qui aurait bien besoin d’un lavage et de nou­veaux pneus. La liste des trans­for­ma­tions est impres­sion­nante, une sono de dix milles démons dans le coffre, des écrans partout, une machine à café inté­grée au tableau de bord, un lustre (oui, un lustre !) en guise de pla­fon­nier, trente-six bidules et machins plus tape-à-l’œil qu’indispensables, pein­ture per­son­na­lisée, tuning agressif… D’une cer­taine manière, c’est beau. Ce n’est plus une voiture c’est… je ne sais pas ce que c’est, mais ce truc ne devrait même plus rouler. Le proprio est content, les artistes sont fiers, les spon­sors de l’émission se frottent les mains. Et moi j’ai comme une envie de vomir.

Je me rends compte que je viens de passer plu­sieurs minutes, sub­jugué par cette affaire, et j’ai honte pour ce temps perdu. Quitte à ne rien faire devant la télé, il y avait sûre­ment des choses plus inté­res­santes à regarder. Je zappe furieu­se­ment et, comme un fait exprès, il n’y a que des conne­ries sur toutes les chaînes. D’accord, ce que j’estime être des conne­ries est peut-être d’un intérêt capital pour d’autres et réci­pro­que­ment, mais je suis sûr que vous me com­prenez, n’est-ce pas ?

Bien qu’engourdi, j’essaye de réflé­chir. Ce genre d’émission va inciter de nom­breuses per­sonnes à « tuner » leur caisse et cela par­ti­cipe au déve­lop­pe­ment d’une cer­taine éco­nomie. La nausée me revient : une éco­nomie de la futi­lité dont, je n’en doute pas, d’habiles prê­cheurs pour­ront néan­moins jus­ti­fier de l’utilité fon­da­men­tale pour l’équilibre et la bonne santé de la société. On connaît ce dis­cours et ses rac­courcis fumeux. En voici un autre : une sono de 1000 Watts et trois néons dans le coffre d’une voiture peuvent per­mettre, par le jeu de mys­té­rieux leviers éco­no­miques, à des traîne-misère de Ban­ga­lore de manger à leur faim.

Un vertige me saisit, tant de choses futiles sur l’étal de la culture et de la consom­ma­tion alors que l’on devrait s’atteler prio­ri­tai­re­ment à sauver le monde. Je ne suis pas contre le fait de s’amuser et de se faire plaisir de temps en temps, loin de là, mais le mode de vie qui nous est proposé me fait penser au panem et cir­censes des romains dont l’empire s’effondrait dans l’indifférence des jouis­seurs. D’abord cette émis­sion, son concept et ses résul­tats concrets ; puis des mil­liers d’idiots qui comme moi l’on regardée ; des cen­taines qui en seront influencés ; un idiot tout seul qui trouve le moyen d’en faire un article pour ce blog ; ce blog lui-même si on va par là et ses lec­teurs car je ne vous oublie pas. Et ce n’est là qu’un épi­phé­no­mène insi­gni­fiant dans la manne des futi­lités où nous nous enli­sons jour­nel­le­ment alors que la situa­tion pla­né­taire est des plus pré­oc­cu­pante. Je cherche rapi­de­ment ce qui, à mes yeux, pour­rait sym­bo­liser à l’heure actuelle le comble de la futi­lité, et je pense à Paris Hilton. Je viens de me faire pari­shil­to­niser par une émis­sion débile.

Qu’est-ce que je peux y faire ? Je ne peux pas inter­dire ce que j’estime inutile et dom­ma­geable, ni remo­deler la société à ma guise. Je peux au moins dire ce que je pense et inciter d’aucuns à penser et agir avec plus de cir­cons­pec­tion. Mais il reste que j’ai le sen­ti­ment d’avoir par­ti­cipé, par mon inertie en regar­dant cette émis­sion, à accroître le déficit moral de l’humanité. Comment puis-je trans­former ce moment d’égarement ?

Une autre infor­ma­tion croise alors ma réflexion. Un fait divers. Des bagarres éclatent dans un lycée amé­ri­cain parce que des noirs, en sep­tembre 2007 n’est-ce pas, sou­haitent eux aussi pro­fiter de l’ombre d’un arbre, ombre tra­di­tion­nel­le­ment réservée aux blancs. On croit rêver. Mais non, il y a des images. Dont une me révolte plus que les gueules cassées. Plutôt que de pri­vi­lé­gier le dia­logue ou même d’imposer un règle­ment non dis­cri­mi­na­toire, les « res­pon­sables » ont abattu l’arbre. Ben oui, il n’avait qu’à pas être là à dis­penser bête­ment son ombre géné­reuse. Soit, je sais ce que je vais faire, planter deux arbres. Et vous ?

Thomas

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Chris Jordan propose un regard sai­sis­sant sur la société américaine.

L’artiste est souvent tenté d’utiliser l’émotion sus­citée par une image pour induire un propos poli­tique : un oiseau mazouté, un enfant-soldat… Mais dans quelle mesure cette image est-elle représentative?

À l’inverse, les chiffres décri­vant notre empreinte éco­lo­gique ou les sta­tis­tiques de ventes d’armes apportent plus de rigueur pour adopter une posi­tion, mais ces chiffres sont froids, peu ras­sem­bleurs, voire même hors de portée de nos capa­cités de représentation.

Les images de Chris Jordan visua­lisent des quan­tités brutes : les quinze mil­lions de feuilles de papiers uti­li­sées toutes les cinq minutes aux États-Unis, ou les deux mil­lions de bou­teilles en plas­tique uti­li­sées dans ces mêmes cinq minutes.


[ Chris Jordan ]

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Souvenez-vous, cela a com­mencé avec ce brave et méri­tant balayeur de rue… Un jour, las de se voir décon­si­déré par une société esti­mant la valeur de ses sujets sur des titres et des paillettes plutôt que sur des actes utiles à elle-même, celui-ci décida de réclamer une reva­lo­ri­sa­tion de son statut. Il n’obtint pas l’augmentation de salaire escomptée, pas même un nouveau balai, mais eut droit à un chan­ge­ment de nom ! De balayeur, il devint « agent d’entretien ». Sa femme, qui le jour passait la ser­pillière chez Madame et bri­quait les bureaux de Mon­sieur la nuit, devint une « tech­ni­cienne de sur­faces ». Dans la foulée, le pom­piste du coin se trans­forma en « adjoint à la dis­tri­bu­tion des pro­duits pétro­liers » tandis que le facteur se muait en « préposé pour la trans­mis­sion des com­mu­ni­ca­tions écrites ». Que de belles pro­mo­tions grâce aux­quelles, c’était évident, ces gens allaient mieux vivre, être mieux consi­dérés, se voir ouvrir des portes autres que celles de service !

Depuis, la situa­tion n’a fait qu’empirer ! L’hypocrisie latente de tout un chacun et des salauds en par­ti­cu­lier, s’est insi­nuée au travers du langage jusqu’à conta­miner les domaines les plus subal­ternes, les plus insensés des pré­oc­cu­pa­tions humaines. Cette censure impli­cite pollue des expres­sions qui jusque-là appa­rais­saient claires, immé­dia­te­ment com­pré­hen­sibles, souvent belles ou judi­cieu­se­ment imagées, et tou­jours res­pec­tueuses lorsque dites par des gens eux-mêmes res­pec­tueux d’autrui ou ne voulant exprimer rien de plus que le sens premier des termes employés.

Faut-il le rap­peler, un con restera tou­jours un con, peu importe ses capa­cités d’élocution. D’ailleurs, il est immé­dia­te­ment per­cep­tible que le fait de traiter avec condes­cen­dance quelqu’un d’agent d’entretien est juste pire que de le traiter de balayeur avec la même condes­cen­dance. Où est l’évolution escomptée dans la façon de penser de nos contem­po­rains, si ce n’est ce gain d’hypocrisie ?

Parmi ces nou­velles pré­cau­tions ora­toires, celles tou­chant les cou­leurs et les ethnies sont pas­sa­ble­ment fas­ci­nantes tant elles enfoncent leurs uti­li­sa­teurs dans l’absurdité et l’embarras ! (Remar­quez que j’ai dit « ethnie » et non « race », tant j’ai peur de me faire taper sur les doigts par ces cen­seurs insensés et inso­lents qui sifflent sur nos… bref). N’en déplaise à Léopold Senghor lui-même, plus per­sonne n’oserait uti­liser le terme nègre en société pour dési­gner un Afri­cain noir de peau. On a pu dire « un noir », mais on a vite senti une petite touche de condes­cen­dance. Alors on a pu dire « un black », mais à l’admiration pre­mière (le beau black sportif…), s’est vite ajouté une nou­velle touche de dédain. Rien à faire, un raciste reste un raciste comme un con reste un con. Alors, le nègre, le noir, le black et tous les autres spé­ci­mens humains un peu plus colorés que ce qu’il est convenu de consi­dérer comme du blanc ( ?), sont devenus des « per­sonnes de couleur ». Pathé­tique ! Surtout, si le but est d’éveiller les gens au respect d’autrui et des dif­fé­rences, c’est là une très mau­vaise stratégie.

Il fau­drait au contraire inciter les curio­sités, varier les goûts, mélanger les genres, per­mettre les débats d’idées sans risquer le dépôt de plainte pour dis­cri­mi­na­tion ou insulte. Trop com­pliqué pour ces cohortes de petits penseurs-censeurs qui pré­fèrent jouer du bâton. Le vaccin contre la connerie n’existe pas. Alors, pour faire « huma­niste » et se donner bonne conscience à peu de frais, l’heure est à « l’insipidation » de tout, des mots, des images, des ali­ments, bientôt des convic­tions et des pensées intimes. Vive l’autocensure et le savon de Mar­seille. Orwell n’est pas loin.

Pré­voyons le pire, créons une intel­li­gentsia under­ground où il sera pos­sible de parler libre­ment de tout et de rien, sans parti pris ni méchan­ceté gra­tuite, sans avoir à redouter une assi­gna­tion en justice pour avoir osé uti­liser les mots du dic­tion­naire ; où il sera pos­sible de lire un « Tintin au Congo » non remanié par de soi-disant offus­qués inca­pables d’un minimum de cri­tique his­to­rique ; à regarder le dessin animé « Le secret de l’espadon » en s’indignant que les « méchants jaunes » ima­ginés par Jacobs à l’époque du « péril jaune » soient devenus, pour le bon plaisir de ces mêmes cen­seurs, d’indiscernables Cau­ca­siens bon teint ; et le tout en dégus­tant du camem­bert au lait cru et des cho­co­lats sans matière grasse ajoutée…

Thomas

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Une pensée de Lau­tréa­mont, qui permet de com­prendre Mozart, le Siècle des Lumières, et la dis­tance qui parfois nous en sépare :

Le goût est la qualité fon­da­men­tale qui résume toutes les autres qua­lités. C’est le nec plus ultra de l’intelligence. Ce n’est que par lui seul que le génie est la santé suprème et l’équilibre de toutes les facultés.

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Extrait du livre de Pascal Qui­gnard, Le Sexe et l’Effroi (ISBN 207–040002-6) :

« Les patri­ciennes repré­sentes sur les fresques que les anciens Romains com­po­sèrent sont comme à l’ancre. Elles se tiennent immo­biles, le regard latéral, dans une attente sidérée, figées juste au moment dra­ma­tique d’un récit que nous ne com­pre­nons plus. Je veux méditer sur un mot romain dif­fi­cile : la fas­ci­natio. Le mot grec de phallos se dit en latin fas­cinus (…) Le fas­cinus arrête le regard au point qu’il ne peut s’en déta­cher (…)
La fas­ci­na­tion est la per­cep­tion de l’angle mort du langage. Et c’est pour­quoi ce regard est tou­jours latéral.
(…) Durant les cinquante-six ans du règne d’Auguste, qui réamé­nagea le monde romain sous la forme d’un empire, eut lieu la méta­mor­phose de l’érotisme joyeux et précis des Grecs en mélan­colie effrayée. Cette muta­tion n’a mis qu’une tren­taine d’années à se mettre en place et néan­moins elle nous enve­loppe encore et domine nos pas­sions. De cette méta­mor­phose le chris­tia­nisme ne fut qu’une consé­quence (…)
Quand les bords des civi­li­sa­tions se touchent et se recouvrent, des séismes en résultent. Un de ces séismes a eu lieu en Occi­dent quand le bord de la civi­li­sa­tion grecque a touché le bord de la civi­li­sa­tion romaine et le système de ses rites — quand l’angoisse éro­tique est devenue la fas­ci­natio et quand le rire éro­tique est devenu le sar­casme du ludi­brium. »

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Je découvre un livre sai­sis­sant : The Physics of Christianity.

Son auteur, Frank Tipler, fait partie de cette mou­vance de croyants voulant nourrir leur foi de maté­riaux scien­ti­fiques. Vous le savez : je suis en général partagé entre l’amusement et l’agacement. L’amusement parce que cela me semble à la fois réduc­tion­niste et mal­adroit. L’agacement parce que ce mou­ve­ment prend une ampleur consi­dé­rable et contribue à une sorte de rela­ti­visme absolu où le théo­rème de Pytha­gore et la vir­gi­nité de Marie sont des énoncés de même valeur.

Bref, je ne peux résister au plaisir de vous citer un passage croquignolet :

If Jesus indeed rose from the dead using the mecha­nism des­cribed in Chapter 8, namely elec­tro­weak tun­ne­ling to convert matter into energy, and if indeed this was done with the inten­tion of showing us how to use the same process, then we our­selves should be able to learn how to turn matter into either elec­tro­ma­gnetic energy or neu­trinos within a few decades.

Tout le livre est comme ça.

Les cri­tiques? Là, c’est l’élément inquiétant :

A thril­ling ride to the far edges of modern physics.” –New York Times

A dazz­ling exer­cise in scien­tific spe­cu­la­tion, as rigo­rously argued as it is boldly conceived.” –Wall Street Journal

Tipler has written a mas­ter­piece confer­ring much-craved scien­tific res­pec­ta­bi­lity on what we have always wanted to believe in.” –Science

More rea­dable than Roger Penrose’s The Emperor’s New Mind or Douglas Hofstadter’s Gödel, Escher, Bach … an ima­gi­na­tive escha­to­lo­gical enter­tain­ment appro­priate to the approa­ching end of the mil­len­nium.” –New Orleans Times-Picayune

Unde­niably fas­ci­na­ting…” –Seattle Times

Tipler’s brash announ­ce­ments are challenging—and enter­tai­ning. Although written from the view­point of a Ph.D., anyone should be able to get a kick out of the professor’s big-bang ideas.” –Publi­shers Weekly

Dans mes petites pré­oc­cu­pa­tions, le réchauf­fe­ment cli­ma­tique vient de rétrograder…

avk

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Bien, cela a pris un peu plus de temps que prévu, mais les robots sont désor­mais à nos portes, moins média­tisés mais souvent plus inté­res­sants que l’ineffable Asimo. J’en avais déjà évoqué quelques-uns lors d’un message pré­cé­dent. Voici un petit tour d’horizon actualisé.

Dans la caté­gorie sau­ve­tage, le plus étrange est sans doute le che­nillé Hanuri-RT, puisqu’il ne permet de sauver que les per­sonnes pouvant se tenir accrou­pies et dotées d’un fameux sens de l’équilibre!

Si un acci­dent vous a com­plè­te­ment immo­bi­lisé, autant que vous soyez aussi incons­cient car ce pour­rait bien être Robo­kiyu qui vous prendra en charge quel que soit votre posi­tion (et qui aurait fait mer­veille dans le film Soleil Vert).

Un peu moins inquié­tant, le Hubo FX-1 chairbot peut trans­porter un pilote d’une cen­taine de kilos pilo­tant à l’aide d’un simple joys­tick. Si l’idée de base était d’offrir plus d’autonomie qu’un fau­teuil roulant, l’armée y voit aussi son intérêt.

Si votre sau­ve­tage réside plus sim­ple­ment à trouver quelqu’un qui vous serve le thé ou fasse votre vais­selle, Kawada Indus­tries déve­loppe une aide ména­gère robo­tique. Etran­ge­ment, elle n’a pas été desi­gnée comme une illus­tra­tion de Sorayama mais évoque plutôt une chimère goldorakienne.

L’industrie robo­tique semble bien reflèter les fan­tasmes d’une civi­li­sa­tion. En Asie, cela peut s’illustrer de deux façons, lorsqu’il s’agit des enfants. Tout d’abord par Orfo, le robot cha­peron coréen. Ensuite, de façon déran­geante, par CB2 (Child-Robot with Bio­me­tric Body) qui repré­sente un (mons­trueux) enfant de deux ans doté d’expressions faciales et de 200 cap­teurs tactiles.

Nul doute qu’une col­la­bo­ra­tion serait pro­fi­table avec les concep­teurs de Kansei, un robot doté d’un voca­lu­laire de 430.000 (!) mots capable d’intéragir facia­le­ment en fonc­tion du contexte émo­tionnel du discours.

Tous ces robots sont, à un certain degré, huma­noïdes et déve­loppés dans une optique uti­li­taire. En voici un qui sort du rang : Alexi­timia est une oeuvre créée par l’artiste argen­tine Paula Gaetano. Détec­tant votre sueur, cette chose trans­pi­rera par empa­thie à votre contact.

Mmmmh, Alexi­timia!

avk

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À Wavre, lundi soir, le petit Arnaud, 12 ans, s’est donné la mort dans sa chambre. Surdoué, il était le souffre-douleur de son école.

Aujourd’hui, ses cama­rades et ses profs se sentent cou­pables. Hier, tous sont venus en blanc à l’école, en signe de deuil. Mardi matin, en pleurs, les cama­rades de classe du jeune surdoué ont d’emblée pensé qu’ils por­taient une part de res­pon­sa­bi­lité dans cet acte ultime de déses­poir. «Il agaçait les profs, les élèves et était rejeté par tout le monde», raconte ce jeudi dans nos jour­naux une de ses cama­rades de classe, effon­drée. «Il faut dire qu’il était assez insup­por­table. On se moquait tout le temps de lui. Il passait ses récrés tout seul, à lire sous un arbre… Aujourd’hui, on se sent tous coupables.»

Info Sud Presse, 6 juin 2007

avk

Petit rappel utile pris sur le blog de Serge Hefez :

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et pré­fèrent les flatter, lorsque fina­le­ment les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne recon­naissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de per­sonne, alors c’est là en toute beauté et en toute jeu­nesse le début de la tyrannie.

Platon

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Petit post-scriptum à mon billet Galan­terie, fémi­nisme et syntaxe.

Il y a quelques années, un fabri­cant de grosses bou­lettes de mauvais cho­colat avait financé une cam­pagne publi­ci­taire. On y voyait la repré­sen­ta­tion kitch d’une récep­tion d’ambassade. Cham­pagne, smo­kings, hommes carrés, femmes fluides, pyra­mide de gros cho­co­lats gras dis­si­mulés dans des embal­lages dorés.

La voix off, celle de l’embassadeur, était celle d’une femme. (Ben oui, comme c’est la ména­gère qui pousse le caddie dans sa super­ette, c’est bien elle qu’il faut convaincre que les femmes peuvent accéder aux plus hautes fonc­tions afin de jouir d’un univers d’élégance auquel la petite fille qu’elles étaient n’en finit pas de rêver.) Et la voix off de pré­ciser, com­plice avec la quin­ca­gé­naire usée : «Figurez-vous que cer­tains m’appellent encore Madame l’ambassadeur

L’excellentissime Jean Veronis constate que Domi­nique Voynet crie son indi­gna­tion devant l’inemploi de termes tels que la députée, la séna­trice ou la préfète et que, par ailleurs, Michèle Alliot-Marie est offi­ciel­le­ment pré­sentée comme Madame LE ministre de la Défense. Dès lors, après une cam­pagne clamant «La France Pré­si­dente», il est pro­bable que que la fémi­ni­sa­tion aurait atteint le plus haut niveau de l’État fran­çais. Mais alors, Ber­na­dette Chirac étant offi­ciel­le­ment nommée Madame La Pré­si­dente, Fran­çois Holland serait-il devenu Mon­sieur le Pré­sident?

La situa­tion dans notre petit royaume gris pour­rait être plus inté­res­sante encore. Notre consti­tu­tion n’offre aucun statut à la femme du Roi mais l’usage lui donne le titre de Reine qu’elle conserve à la mort de son époux. Nous avons dès lors deux reines alors que notre consti­tu­tion n’en prévoit aucune. Depuis peu, les femmes peuvent accéder au trône. L’époux de la Reine sera-t-il nommé Roi ou adoptera-t-on l’usage anglais? Après tout, notre Salle du Trône ne possède guère de trône, ni notre Roi de couronne.

Les sym­boles peuvent se lire en creux.

avk

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La faillite de Kongō Gumi Co., Ltd. a été pro­noncée en janvier 2006 après 1.428 ans d’activité.

Cette véné­rable entre­prise fami­liale construi­sait des temples boud­dhistes. Elle fut fondée près d’un mil­lé­naire avant que Colomb ne débarque en Amé­rique, en l’an 578.

Wiki­pedia

avk

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