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A priori, la mort est la seule expé­rience qui nous semble iné­luc­table : quelle que soit notre condi­tion, aussi prudent que soit notre par­cours, notre vie est limitée dans le temps.

Pour­quoi meurt-on ?

Les méca­nismes de la sélec­tion natu­relle qui ont permis l’apparition de l’espèce humaine reposent en grande partie sur le phé­no­mène de la mort : il faut bien que les anciennes géné­ra­tions dis­pa­raissent si on veut que les nou­velles s’imposent. Et les décès pure­ment acci­den­tels ne suf­fisent pas. Le fait de limiter natu­rel­le­ment la durée de vie cel­lu­laire (apop­tose) est un facteur de pres­sion sélec­tive qui accé­lère la dyna­mique de l’évolution et, par consé­quent, la renforce.

Télo­mères (en blanc)

Concrè­te­ment, l’apoptose est liée à la dégra­da­tion des télo­mères, ces bou­chons ter­mi­naux des chro­mo­somes qui tiennent fonc­tion­nel­le­ment du petit cylindre de plas­tique à la fin des lacets de chaus­sures. Ces struc­tures sont syn­thé­ti­sées par une enzyme, la télo­mé­rase, lors du pro­cessus de répli­ca­tion de l’ADN. Si la télo­mé­rase est très active durant la période embryo­lo­gique et foetale, elle ne s’exprime plus guère après que dans les cel­lules ger­mi­nales et dans cer­taines cel­lules cancéreuses.

Les cel­lules soma­tiques, dépour­vues tota­le­ment ou presque de cette enzyme après la nais­sance, se divisent dès lors privées de la pleine pro­tec­tion des télo­mères qui dis­pa­raissent après une cin­quan­taine de divi­sions. Les chro­mo­somes subissent par consé­quent les mitoses ulté­rieures avec des dom­mages (alté­ra­tion de l’information, fusion de deux chro­mo­somes…) empê­chant de nou­velles divi­sions et menant à la mort cel­lu­laire et au vieillis­se­ment de l’organisme.

Comme l’explique Richard Dawkins 1 : « …/ les gènes qui réus­sissent auront ten­dance à retarder la mort de leurs machines à survie, au moins jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus se repro­duire. (…) il est évident qu’un gène létal qui fera effet à retar­de­ment sera plus stable dans le pool génique qu’un autre qui fera effet tout de suite. (…) Ainsi, selon cette théorie, la séni­lité n’est que le sous-produit de l’accumulation dans le pool génique de gènes létaux et de gènes semi-létaux à effet retard, qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet de la sélec­tion natu­relle sim­ple­ment parce qu’ils ne font sentir leurs effets que très tard. »

Les récentes simu­la­tions infor­ma­tiques d’André C. R. Martins 2 mettent en pré­sence des popu­la­tions d’organismes immor­tels avec des com­pé­ti­teurs mortels. Elles démontrent clai­re­ment que « When condi­tions change, a senes­cent species can drive immortal com­pe­ti­tors to extinc­tion. This counter-intuitive result arises from the pruning caused by the death of elder indi­vi­duals. When there is change and muta­tion, each gene­ra­tion is slightly better adapted to the new condi­tions, but some older indi­vi­duals survive by chance. Senes­cence can eli­mi­nate those from the genetic pool. Even though indi­vi­dual selec­tion forces can some­times win over group selec­tion ones, it is not exactly the indi­vi­dual that is selected but its lineage. While senes­cence damages the indi­vi­duals and has an evo­lu­tio­nary cost, it has a benefit of its own. It allows each lineage to adapt faster to chan­ging condi­tions. We age because the world changes. »

Évo­lu­tion des simu­la­tions d’André C. R. Martins

Il y a pour­tant des immortels

Par « immor­tels », je ne parle pas ici des orga­nismes dotés de méca­nismes de pré­ser­va­tion qui leur confèrent une grande lon­gé­vité tels cer­tains tar­di­grades3, mais bien d’organismes dont la seule façon de mourir est de suc­comber à un acci­dent, une maladie ou une pré­da­tion. Bref il existe des orga­nismes qui ne meurent pas « de mort natu­relle » pour adopter cette étrange expression.

La sexua­lité, qui brasse le maté­riel géné­tique des indi­vidus d’une même espèce, n’est pas le seul mode de repro­duc­tion. La plupart des orga­nismes se repro­duisent par scis­si­pa­rité. Dans ce cas, l’avantage sélectif que la mort confère aux espèces sexuées, cet avan­tage semble net­te­ment moins impor­tant, voire absent. De fait, à l’instar des cel­lules ger­mi­nales des plu­ri­cel­lu­laires, de nom­breux uni­cel­lu­laires ne sont en effet pas soumis à la pres­sion sélec­tive d’une mort pro­grammée et jouissent d’une immor­ta­lité théorique.

Tur­ri­topsis nutricula

Étran­ge­ment, ils ne sont pas seuls à être exemptés d’apoptose et cer­tains orga­nismes au cycle de vie com­plexe, pré­tendent aussi à l’immortalité. C’est le cas de la méduse Tur­ri­topsis nutri­cula qui peut — en réponse à des condi­tions dif­fi­ciles — retourner à l’état de polype, lequel a la pos­si­bi­lité de se mul­ti­plier avant de reprendre un état de méduse.4

Cer­tains vers plats (pla­naires) consti­tuent un autre exemple inté­res­sant car cer­tains sont dotés comme nous d’une sexua­lité tandis que les autres se repro­dui­sant par scis­si­pa­rité. Or, les deux types de pla­naires sont éga­le­ment capables de se régé­nérer indé­fi­ni­ment en recons­ti­tuant les tissus néces­saires. Et ce sans que l’on observe de dif­fé­rence géné­tique entre les tissus ori­gi­nels et les tissus régé­nérés. Chez ces pla­naires, l’activité de la télo­mé­rase, pro­tec­trice des télo­mères, reste constante et leur garantit une éter­nelle jeu­nesse. 5

Bref, de nom­breux exemples natu­rels existent qui prouvent que la mort n’est pas un méca­nisme inéluctable.

Mais qu’est-ce qui nous ennuie dans la mort ?

Toutes les reli­gions affir­mant de pair l’existence d’un Dieu et la survie de l’esprit confirment ceci : ce qui nous ennuie vrai­ment dans la mort, ce n’est pas tant la fin de la vie que la fin de l’esprit.

Bien sûr, une autre chose nous ennuie aussi mais elle se produit avant la mort : c’est la vieillesse. « Mourir cela n’est rien. Mais vieillir… » C’est que, nous l’avons vu, la vieillesse n’est rien d’autre que l’accumulation de petites morts cel­lu­laires avec tout ce que cela entraîne comme mala­dies, dys­fonc­tion­ne­ments, dou­leurs et handicaps.

Dès lors, le vieux rêve d’immortalité peut prendre deux direc­tions. La pre­mière est bio­lo­gique mais semble semée d’embûches. En effet, le phé­no­mène d’apoptose qui condamne nos cel­lules est — par le même méca­nisme — notre meilleure pro­tec­tion contre le cancer. D’autres pistes existent tou­te­fois comme celle des cel­lules souches qui vient d’enregistrer des résul­tats inté­res­sants. 6

La seconde direc­tion est infor­ma­tique. Elle consiste à sauver l’esprit avant que la dégra­da­tion bio­lo­gique de l’individu ne l’atteigne…

Projets d’immortalité

Si les rêves d’immortalité ont prix corps dans de nom­breux mythes et romans, peu de projets de recherche publiques y ont été consa­crés. Tou­te­fois, l’idée que nous puis­sions dis­poser de copies par­faites de l’information contenue dans nos cer­veaux n’est ni neuve ni extra­or­di­naire. L’hypothèse de l’IA forte 7 gagne en cré­di­bi­lité chaque jour, per­met­tant de penser que l’expression de cette infor­ma­tion ne sera pas une pâle copie de nos sou­ve­nirs mais bien nous-mêmes avec nos émo­tions, aspi­ra­tions et tout ce qui fait que ce que nous sommes.

Un projet initié par un mil­liar­daire russe, Dmitry Itskov, constitue un premier pas dans cette direc­tion : le 2045 Avatar Project. Un objectif est de trans­planter un cerveau humain dans un robot huma­noïde d’ici une dizaine d’années ans. Une étape ulté­rieure sera de rem­placer le cerveau bio­lo­gique par un cerveau arti­fi­ciel. 8

Étapes du 2045 Avatar Project

Je ne sais si ce projet par­ti­cu­lier dispose de toutes les garan­ties voulues pour mener pareille entre­prise à bien. En revanche, je ne doute guère que nous sommes à un car­re­four où convergent deux cou­rants impor­tants. Tout d’abord, une accé­lé­ra­tion fou­droyante de notre com­pré­hen­sion des pro­cessus de l’esprit et des tech­no­lo­gies qui y sont liées de près ou de loin. Enfin, une pri­va­ti­sa­tion de plus en plus effi­cace de recherches autre­fois réser­vées à de lourdes admi­nis­tra­tions telles que la NASA. Cette conver­gence confère à l’intelligence humaine un bras de levier excep­tionnel capable de sou­lever des obs­tacles qui nous étaient apparus comme immuables.

Bien sûr, cette muta­tion sera la plus impor­tante de toutes celles que l’humanité ait vécues. Du fait des faci­lités d’interfaçage des indi­vidus numé­risés, d’autoreprogrammabilité et de repro­duc­ti­bi­lité, la notion même d’individualité perdra vite toute signification.

Face à un tel chan­ge­ment, toute ten­ta­tive de pré­vi­sion semble absurde… si ce n’est celle qu’Haldane fit il y a plus d’un siècle : « Ce qui ne fut pas sera, et per­sonne n’est à l’abri. »


  1. Dawkins, Richard. Le gène égoïste. [Nouv. éd.]. ed. Paris: O. Jacob, 2003. p 66. 
  2. Martins ACR (2011) Change and Aging Senes­cence as an Adap­ta­tion. PLoS ONE 6(9): e24328. doi:10.1371/journal.pone.0024328 
  3. Cer­tains tar­di­grades peuvent ralentir leur méta­bo­lisme de telle manière qu’il semble tota­le­ment à l’arrêt (cryp­to­biose). 
  4. Piraino, S.; Boero, F.; Aesch­bach, B.; Schmid, V. (1996). « Rever­sing the Life Cycle: Medusae Trans­for­ming into Polyps and Cell Trans­dif­fe­ren­tia­tion in Tur­ri­topsis nutri­cula (Cni­daria, Hydrozoa) ». The Bio­lo­gical Bul­letin (Bio­lo­gical Bul­letin, Vol. 190, No. 3) 190 (3): 302–312. 
  5. Thomas C. J. Tan, Ruman Rahman, Farah Jaber-Hijazi, Daniel A. Felix, Chen Chen, Edward J. Louis, and Aziz Aboo­baker. Telo­mere main­te­nance and telo­me­rase acti­vity are dif­fe­ren­tially regu­lated in asexual and sexual worms. PNAS 2012 : 1118885109v1-201118885. 
  6. Inhi­bi­tion of acti­vated per­icen­tro­meric SINE/Alu repeat trans­crip­tion in senes­cent human adult stem cells reins­tates self-renewal. Cell Cycle, Volume 10, Issue 17, Sep­tember 1, 2011. 
  7. Selon la thèse de l’Intelligence Arti­fi­cielle forte, il est pos­sible de construire une machine consciente d’elle-même et dis­po­sant de sen­ti­ments. (Étant entendu que les termes « conscient » et « sen­ti­ments » sont définis de la même façon que pour un être humain.) 
  8. http://​2045​.com/ 

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« Si les étoiles devaient briller une seule nuit au cours d’un mil­lé­naire, combien plus les hommes croiraient-ils, adoreraient-ils et conserveraient-ils pendant des géné­ra­tions le sou­venir de la Cité de Dieu ! » — Ralph Waldo Emerson

Il ne se passe plus guère de semaine où je ne lise une infor­ma­tion qui me ramène à cette nou­velle d’Isaac Asimov dont le titre ori­ginal, Night­fall, avait béné­ficié de cette tra­duc­tion : « Quand les ténèbres vien­dront. » L’auteur y prenait la cita­tion d’Emerson à contre-pied pour dépeindre la fra­gi­lité du savoir et des civilisations.

Perry and his book

Aujourd’hui, c’est Rick Perry, gou­ver­neur du Texas, qui donne son avis sur le réchauf­fe­ment cli­ma­tique : « Je crois qu’il y a un certain nombre de scien­ti­fiques qui ont mani­pulé les données afin de récolter de l’argent pour leurs projets. Et je crois que presque toutes les semaines, voire tous les jours, des scien­ti­fiques remettent en ques­tion l’idée ori­gi­nale que c’est le réchauf­fe­ment cli­ma­tique induit par l’homme qui est la cause du chan­ge­ment cli­ma­tique. » Il remonte sur le canasson qu’il avait déjà che­vauché dans son dernier livre [1] où il qua­li­fiait la recherche cli­ma­tique de « pagaille bidon tirée par les cheveux qui est en train de s’effondrer. »

Rick Perry « croit que » : c’est ce qu’on appelle un croyant. Croire, c’est bien ne pas savoir. Ignorer aussi, mais ce terme implique l’inconfort du manque de connais­sance. Croire, c’est choisir une posture malgré son igno­rance, et l’assumer.

Quand on affirme sa croyance, on fait d’une pierre deux coup. On se met d’abord à l’abri d’éventuels contra­dic­teurs : « Eh ! je n’ai rien affirmé, j’ai sim­ple­ment dit que je croyais ! » Ensuite, on place la croyance sur le même plan que la science sans autre forme de procès. Ce faisant, on ins­tille le doute, on décré­di­bi­lise sans se mouiller. Ce genre de phrase qui remet en cause la connais­sance sur seule base d’une croyance, c’est la mérule du savoir.

Soyons clairs : le pro­blème n’est pas de mettre en doute le modèle domi­nant. Après tout, c’est plutôt sain qu’il n’y ait pas una­ni­mité totale autour de modèles aussi com­plexes que ceux de la cli­ma­to­logie. Claude Allègre s’en est par exemple fait une spé­cia­lité. Mais si les argu­ments de ce dernier sont de niveau à faire s’interroger un audi­teur de TF1 moyen­ne­ment cultivé, ceux de Rick Perry sont tout sim­ple­ment inexis­tants. Rick Perry ne sait pas, ne compare pas des données ni des rai­son­ne­ments. Non, Rick Perry croit en cer­taines choses et pas à d’autres. Voila ! D’un côté, un millier de scien­ti­fiques bardés de diplômes et bossant depuis des dizaines d’années sur des peta-octets de données dans un esprit de concur­rence où l’erreur de l’un fera la renommée de l’autre ; et de l’autre, des gens comme Perry qui disent sim­ple­ment : « Non, je ne crois pas. »

Rick Perry est donc un croyant. Ce n’est pas un imbé­cile ; il a suivi un par­cours uni­ver­si­taire, dispose de talents d’orateur et des com­pé­tences qui lui ont permis d’arriver à ce poste. Ceci n’est pas négli­geable. Mais c’est très inquiétant.

Car comme des cen­taines de mil­lions de per­sonnes, Rick Perry est convaincu de l’inerrance biblique, c’est-à-dire qu’il pense que la Bible ori­gi­nelle est un texte parfait ne com­por­tant aucune erreur. Il n’est sans doute pas contre l’idée que sa Bible de chevet puisse pré­senter quelque erreur de tra­duc­tion ou coquille édi­to­riale, mais cela est très mineur. Il croit tout cela pour une raison très simple : c’est que qu’on lui a appris et cette croyance ne l’a pas empêché de devenir gou­ver­neur du Texas. Et pour tout dire, elle pour­rait bien l’aider à atteindre la Pré­si­dence. Alors, qu’on ne vienne pas l’embêter avec des chi­po­te­ries comme la réfu­ta­bi­lité pope­rienne et autres théo­ries de la vali­da­tion du savoir !

« Ce qui s’énonce sans preuve se réfute sans preuve » disait Euclide. « Et alors, je m’en fous, je passe à la télé, moi ! » pour­rait répondre Perry.

D’ailleurs, il est créa­tion­niste. Oh ! il ne sait pas trop s’il doit l’être à la dure comme son père ou à la cool comme son gosse. Cela n’a guère d’importance : « Well, God is how we got here. God may have done it in the blink of the eye or he may have done it over this long period of time, I don’t know. But I know how it got started. » [2]

Il a bien sûr œuvré pour que le créa­tion­nisme soit enseigné dans les écoles ; lui et ses amis croyants ont fait là un bon boulot. L’Amérique latine et l’Europe com­mencent d’ailleurs à suivre : la théorie de l’évolution n’étant qu’une théorie, elle peut bien être mise dos-à-dos avec une croyance. Et comme il n’y a pas de raison de se limiter à la cli­ma­to­logie et à la bio­logie, c’est main­te­nant la géo­logie qui est priée de faire montre de tolé­rance : oui, la tec­to­nique des plaques, tout ça…

Croire que Dieu a tout créé et que l’Homme n’est pas de taille à tout foutre en l’air est rude­ment plus simple à croire. D’ailleurs,le fait que le monde existe encore est un solide argu­ment. Et puis, tous les amis, les voisins, les col­lègues pensent pareil !

Dans son dernier papier du New York Times, Paul Krug­mann explique très bien que le Parti répu­bli­cain est en train de devenir un parti anti-science. Seule­ment voilà, cette ten­dance ne se limite pas à une classe poli­tique. Pendant que les cha­pe­liers du Tea Party flinguent Darwin, Wegener et le Giec, les bobo écolos et libé­raux réécrivent l’histoire du Tibet, se font construire des baraques par des archi­tectes feng shui, intro­duisent le cha­ma­nisme dans l’entreprise et alternent chi­mio­thé­rapie avec sémi­naires de pensée magique.

Dans le bouquin d’Asimov, la nuit ne se produit qu’une fois tous les 2049 ans à la faveur d’une éclipse. Le moment venu, tandis que les scien­ti­fiques découvrent émer­veillés l’existence des étoiles, la popu­la­tion ter­ri­fiée brûle les villes en quête de lumière.

C’est bien de la science-fiction : dans la réalité, quand le savoir sera tota­le­ment mérulé, quand la science sera mise au rang de récit parmi les récits, quand les ténèbres seront là, eh bien, plus per­sonne n’aura les moyens de s’en rendre compte.

avk

Sources
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[1] Perry, Rick. Fed up!: Our Fight to Save America from Washington. New York: Little, Brown and Co, 2010.

[2] NBC News

 

 

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À côté des émo­tions indi­vi­duelles existent des émo­tions com­plexes mode­lées par nos inter­ac­tions sociales. L’évolution de ces der­nières pour­rait ouvrir la voie à une nou­velle dis­ci­pline : l’archéologie émotionnelle.

Au cata­logue des émo­tions dis­pa­rues figure la Ferrea Voluptas (volupté de fer) de Pétrarque, qui dis­parut sans doute avec le latin. La per­ver­sion d’aujourd’hui se teinte d’aspects moraux, éthiques et médico-légaux. La Ferrea voluptas est tout aussi dure, mais moins pesante et plus libre.

Autre absente, l’acédie était tel­le­ment répandue au VIe siècle que l’Église envi­sagea d’en faire le hui­tième péché capital. C’était une démo­ti­va­tion spi­ri­tuelle, un sen­ti­ment d’« à quoi bon » lié à l’objet reli­gieux, un estom­pe­ment de la foi, un relâ­che­ment de la ferveur. Cer­tains psy­cho­logues contem­po­rains la remettent au goût du jour, mais dans une accep­tion beau­coup plus large : l’acédie du chômeur par exemple.

J’ai un faible par­ti­cu­lier pour la dubi­ta­tion : le plaisir subtil d’échapper à la réponse directe, de faire durer la douce tension née du questionnement.

Cer­taines émo­tions sont-elles actuel­le­ment mena­cées d’extinction ? J’éprouve quelque crainte pour le scru­pule (petite pierre pointue dans le cerveau, selon les Latins) ou la magna­ni­mité.

Je me sou­viens aussi du ter­rible et puis­sant sen­ti­ment d’egré­gore, fusion­nant les res­sentis indi­vi­duels en une énergie de groupe. Lui, c’est autre chose, il semble tel­le­ment présent lors de cer­tains ras­sem­ble­ments poli­tiques, spor­tifs, évan­gé­liques ou encore de télé-réalité que seul le mot qui le désigne tombe dans l’oubli.

avk

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Lorsque Des­cartes propose le ratio­na­lisme comme méthode de recherche de la vérité, c’est surtout le scep­ti­cisme qu’il promeut face à l’autorité intel­lec­tuelle. De la même manière, le ratio­na­lisme du Siècle des Lumières est avant tout opposé au dog­ma­tisme et à l’obscurantisme. Vouloir faire du ratio­na­lisme une valeur posi­tive serait naïf et prétentieux.La ratio­na­lité est avant tout un sen­ti­ment : ce n’est que par une forme d’introspection que nous nous convain­quons de l’existence ou non d’un lien logique entre deux faits ou deux idées. Serait-ce même au départ de données prag­ma­tiques, comment l’introspection pourrait-elle nous apprendre quoique ce soit sur un autre sujet que sur nous même?

Si les faits nous donnent parfois l’illusion que la raison permet de com­prendre le monde, c’est parce qu’elle repré­sente un avan­tage évo­lutif. Elle est notre capa­cité à orga­niser nos sou­ve­nirs sous une forme propre à faire des pré­vi­sions utiles à notre survie ou à notre repro­duc­tion. Elle n’est donc que le reflet du monde dans lequel nous vivons ; c’est notre adap­ta­tion intime à notre envi­ron­ne­ment qui fait que cer­tains phé­no­mènes natu­rels peuvent être orga­nisés selon des sys­tèmes qui nous semblent logiques. Par beau­coup d’aspects, la science n’est rien d’autre qu’une com­mu­ni­ca­tion codi­fiée de notre com­pré­hen­sion ins­tinc­tive du monde.

En d’autres termes, c’est parce que nous sommes bien adaptés à notre envi­ron­ne­ment que nos intui­tions sont parfois cor­rectes, et que l’introspection peut être construc­tive. Pour tout ce qui n’est pas tra­di­tion­nel­le­ment néces­saire à la survie de l’espèce, rien ne garantit l’utilité de la raison humaine.

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Denver (Colo­rado) :

Frank­fort (Kentucky) :

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Après le Comté de Polk, voici celui de Pinellas, tou­jours en Floride. Là aussi, la Com­mis­sion de l’enseignement prend majo­ri­tai­re­ment parti pour l’Intel­li­gent Design.

Voici les argu­ments de quatre de ses membres :

« The entire theory of evo­lu­tion is not scien­tific fact. Intel­li­gent design balances it out. » — Nancy Bostock, Chair­person

« I’d pro­bably ideally like to keep it all [evo­lu­tion and Intel­li­gent Design] out of the class­room. If it’s going to create this much contro­versy, how impor­tant is it? »
— Peggy O’Shea, Vice Chair­person

« I think that stu­dents should be given the oppor­tu­nity to view all theo­ries on how man evolved and let their science back­ground and their reli­gious back­ground take over as to which one they believe in. »
— Jane Gallucci

« To teach one [evo­lu­tion] as if nothing else existed, I think we’re doing our stu­dents a dis­ser­vice. » — Carol Cook

Promis, je ne pos­terai pas un billet à chaque Comté qui bascule, mais il me sem­blait impor­tant d’illustrer que la pro­gres­sion du phé­no­mène est impor­tante et que, chaque semaine, c’est l’éducation scien­ti­fique de plu­sieurs dizaines de mil­liers d’enfants qui se teinte de religieux.

Il ne s’agit pas de faits isolés mais d’un mou­ve­ment de fond.

[ source ]

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Il y a pas mal de Comtés nommés Polk aux États-Unis, mais aucun d’entre eux ne béné­ficie d’une renommée fra­cas­sante en Europe.

Celui de Floride vient de faire une avancée déci­sive vers la noto­riété. Situé en plein centre de la Pénin­sule, il dispose d’une éco­nomie flo­ris­sante, de plus de 600.000 habi­tants et de nom­breux éta­blis­se­ments d’enseignement. Bref, ce n’est pas un petit patelin oublié de la civilisation.

Dans le bon Comté de Polk, rap­porte The Ledger, la Com­mis­sion de l’enseignement a une confi­gu­ra­tion par­ti­cu­lière : sur sept membres, quatre sont favo­rables à l’enseignement de l’Intel­li­gent Design, une n’a pas d’avis, deux y sont opposés.


La très fer­vente Mar­garet Lofton, Pré­si­dente, a déjà déclaré : « Si j’étais amenée à voter sur ce point, j’interdirais l’enseignement du darwinisme. »

Or dans un mois, en janvier 2008, cette Com­mis­sion va se réunir afin de voter les nou­veaux stan­dards en matière d’enseignement de l’évolution. Puisque le pro­cessus démo­cra­tique y semble plus puis­sant que la vérité scien­ti­fique, je pense qu’il y a quelque chose à faire : contacter ces per­sonnes. Leur envoyer des liens vers des sites scien­ti­fiques, leur expli­quer que leurs déci­sions ne sont pas seule­ment atten­dues dans leur Comté, mais partout dans le monde, les convaincre que la science ne met pas en péril le salut de leurs enfants.

Comment les contacter? Rien de plus simple :

Kay Fields (Dis­trict 5) : 863–802-5483
Kay.​Fields@​polk-​fl.​net

Tim Harris (Dis­trict 7) : 863–808-0005
Tim.​Harris@​polk-​fl.​net

Mar­garet Lofton (Dis­trict 6, Chairman) : 863–294-9076
Margaret.​Lofton@​polk-​fl.​net

Hazel Sellers (Dis­trict 3) : 863–533-7714
Hazel.​Sellers@​polk-​fl.​net

Lori Cun­nin­gham (Dis­trict 2, Vice-Chairman) : 863–512-1656
Lori.​Cunningham@​polk-​fl.​net

Et, tant qu’à faire, pour­quoi pas un email de soutien aux deux défen­seurs d’un ensei­gne­ment scientifique?

Frank O’Reilly (Dis­trict 1)
Frank.​Oreilly@​polk-​fl.​net

Brenda Reddout (Dis­trict 4)
Brenda.​Reddout@​polk-​fl.​net

Mes emails ont été expé­diés il y a une heure.

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Le créa­tion­nisme et son avatar post­mo­derne, l’Intel­li­gent Design, uti­lisent une rhé­to­rique simple pour faire des adeptes parmi les chré­tiens les plus modérés. La stra­tégie est simple : mettre dos à dos la théorie dar­wi­nienne et la Bible. Il suffit alors de déforcer la pre­mière et pour cela, tous les argu­ments sont bons.

L’Intel­li­gent Design s’affiche de plus en plus comme une opinion res­pec­table. Qui s’y oppose prend le risque de passer pour into­lé­rant. Il y a quelques années, une cam­pagne pro-tabac uti­li­sait la même stra­tégie du « dos-à-dos ». Le slogan était : «Fumeur ou pas, restons cour­tois». Il gommait l’idée simple que l’un était l’agresseur et l’autre l’agressé. Le méca­nisme est simi­laire ici : mettre sur un pied d’égalité un dogme et un modèle scien­ti­fique cohé­rent, corrélé par des faits et soumis à la cri­tique scientifique.

Amis croyants, si vous pensez que la foi et la science ne sont pas anta­go­nistes par nature, ce billet est pour vous…

1. C’est écrit dans la Bible.
«God’s Word is true, or evo­lu­tion is true. There’s no room for com­pro­mise.» [crea­tion­mu­seum]

Argu­ment d’autorité. La Bible est un récit. De nom­breux autres récits, scien­ti­fiques ou non, reli­gieux ou non, fic­tion­nels ou non, sont en contra­dic­tion avec divers pas­sages de la Bible. Croire que la Bible a raison sim­ple­ment parce que c’est la Bible est une convic­tion, par un argument.

2. Ma foi me pousse à croire le récit biblique.

Sub­jec­ti­visme. La foi de nom­breux chré­tiens les pousse à com­prendre cer­tains pas­sages bibliques comme des méta­phores. Un argu­ment en leur faveur est que cer­tains pas­sages sont compris comme méta­pho­riques même par les chré­tiens créa­tion­nistes. Si tous les chré­tiens s’accordent sur le fait que des méta­phores peuvent être pré­sentes dans la Bible, pour­quoi la Genèse ne pourrait-elle être inter­prétée ainsi?

3. Le dar­wi­nisme diminue le rôle de Dieu.
«Dar­wi­nism rules out the pos­si­bi­lity of God or any guiding intel­li­gence playing a role in life’s origin and deve­lop­ment. Within western culture Darwinism’s ascent has been truly meteoric.» [Cosmic Pour­suit, William Dembski, 1998]

Diver­sion. Pour qui pense que Dieu a planté chaque arbre indi­vi­duel­le­ment, l’affirmation qu’une entre­prise de jar­di­nage ait planté celui de mon jardin doit être blas­phé­ma­toire. Le dar­wi­nisme n’est dan­ge­reux que pour l’idée d’un Dieu anthro­po­cen­trique. Il n’interfère nul­le­ment avec l’idée d’un Dieu omni­po­tent et omniscient.

4. Argu­ment téléo­lo­gique : la beauté et la com­plexité des méca­nismes de la nature démontrent l’existence de Dieu.

Appel à l’émotion, non-sequitur. C’est une convic­tion, non un argu­ment. Elle est parfois sou­tenue par les argu­ments du hasard ou de la com­plexité (voir plus loin).

5. Darwin était athée.

Dis­crédit, non-sequitur. Argu­ment étrange, sauf à consi­dérer «Païens ont tort, chres­tiens ont droit.» Étrange et faux : Darwin était chré­tien. Il a étudié la théo­logie à Cam­bridge. Sa théorie de la sélec­tion natu­relle date de 1838 et s’est édifiée sur base d’éléments récoltés durant le voyage du Beagle, de 1831 à 1836. Darwin ne devint agnos­tique qu’en 1851, suite à la mort de sa fille Annie.

6. Le dar­wi­nisme est une théorie maté­ria­liste.
«Debun­king the tra­di­tional concep­tions of both God and man, thin­kers such as Charles Darwin, Karl Marx, and Sigmund Freud por­trayed humans not as moral and spi­ri­tual beings, but as animals or machines who inha­bited a uni­verse ruled by purely imper­sonal forces and whose beha­vior and very thoughts were dic­tated by the unben­ding forces of biology, che­mistry, and envi­ron­ment.» [The Wedge Stra­tegy]

Non sequitur. Cet argu­ment n’a de poids qu’à deux conditions :

a. Il est exact (reste à le démon­trer).
b. Les théo­ries maté­ria­listes ont tou­jours tort face aux théo­ries spi­ri­tua­listes. Cette démons­tra­tion est elle inutile puisque les chré­tiens fon­da­men­ta­listes adopte eux-même parfois une posi­tion inverse : ils croient en la trans­ub­stan­tia­tion. Pour eux, l’hostie donnée en com­mu­nion n’est pas seule­ment investie de l’esprit du Christ mais que sa sub­stance maté­rielle est réel­le­ment modifiée.

7. Le dar­wi­nisme est contredit par les der­nières avan­cées scientifiques.

Diver­sion. Bien sûr, la science pro­gresse, les théo­ries s’affinent et se com­plètent. Dans son excellent blog, Tom Roud résume par­fai­te­ment l’absurdité de l’argument :
« (…) Dembski affirme que le fait que cer­tains orga­nismes aient des moyens de contrôler leur taux de muta­tion contredit le dar­wi­nisme. Autant repro­cher à Galilée de ne pas avoir intro­duit la notion d’espace-temps ! Ce que Dembski ne recon­naît pas, c’est que la théorie de l’évolution pro­posée par Darwin est avant tout un cadre concep­tuel : ce n’est pas parce que Darwin n’a pas anti­cipé les décou­vertes récentes de la bio­logie que sa théorie ne colle pas à ces découvertes.»

8. L’évolutionnisme met le hasard au centre de tout ses méca­nismes. Il est impos­sible qu’une méca­nique aussi com­plexe que l’homme, même que chaque cellule, soit le fruit du hasard. Un archi­tecte est nécessaire.

Inexac­ti­tude, non-sequitur. Bien sûr, si l’on met les atomes consti­tu­tifs d’un homme dans un tonneau et que l’on secoue, il n’en sortira jamais un homme. Cet argu­ment cari­ca­ture le dis­cours scien­ti­fique. Ce que l’évolutionnisme avance, c’est qu’une sélec­tion natu­relle s’opère au hasard. Ce hasard n’est pas tota­le­ment aléa­toire puisqu’il s’opère dans le cadre étroit des lois de la logique, de la phy­sique et de la chimie. Ces lois étant uni­ver­selles, une sélec­tion cumu­la­tive appa­raît qui permet l’émergence de struc­tures complexes.

9. Si les muta­tions appa­raissent de façon aléa­toire, comment un organe aussi com­plexe qu’un oeil peut évoluer? Il est clair que toutes les muta­tions ont convergé pour en faire une méca­nique aussi com­plexe et parfaite.

Fausse alter­na­tive, incom­pré­hen­sion. Quand nous regar­dons en arrière le chemin qu’a par­couru l’évolution pour arriver à un organe tel que l’oeil, nous avons imman­qua­ble­ment le sen­ti­ment trom­peur d’une évo­lu­tion dirigée. C’est que nous ne voyons alors que le chemin qui a abouti. La masse fan­tas­tique d’essais infruc­tueux nous est invi­sible. Cela revient à s’étonner qu’un sper­ma­to­zoïde minus­cule, sans organe de sens ni cerveau réus­sisse le miracle de fran­chir la dis­tance colos­sale qui le sépare de l’ovule. S’il n’y avait qu’un seul sper­ma­to­zoïde, ce serait bien un miracle… mais il y en a des dizaines de millions.

10. Le deuxième prin­cipe de la ther­mo­dy­na­mique affirme que des sys­tèmes com­plexes ne peuvent pas appa­raître tout seuls.

Inexac­ti­tude. Ce prin­cipe énonce en fait que «Toute trans­for­ma­tion d’un système ther­mo­dy­na­mique s’effectue avec aug­men­ta­tion de l’entropie globale incluant l’entropie du système et du milieu exté­rieur.» Il n’implique nul­le­ment que, loca­le­ment, des sys­tèmes ordonnés appa­raissent, au prix d’une aug­men­ta­tion de l’entropie du milieu et d’une dis­si­pa­tion d’énergie. De nom­breux modèles validés par l’observation par l’expérience montrent que non seule­ment des struc­tures com­plexes peuvent se former, mais en outre qu’elles peuvent se main­tenir hors de l’état d’équilibre (cel­lules de Bénard, réac­tions Belousov-Zhabotinsky, travaux de Prigogine…)

11. Les évo­lu­tion­niste eux-même admettent que cer­taines espèces n’évoluent pas.

Fausse alter­na­tive. Bien sûr. Cela implique seule­ment qu’elles ont atteint un seuil d’équilibre.

12. Les dar­wi­nisme a servi à jus­ti­fier des crimes contre l’humanité.

Dis­crédit, non-sequitur. C’est exact. Récu­pérer une science pour asseoir une croyance reli­gieuse, poli­tique ou idéo­lo­gique peut mener aux plus grandes monstruosités.

13. Les muta­tions dégradent l’organisme et ne le font pas évoluer.

Inexac­ti­tude. Si c’était le cas, les entre­prises de l’agro-alimentaire n’investiraient pas tant dans les OGM. Une muta­tion modifie le patri­moine géné­tique. Parfois, cette muta­tion per­turbe les fonc­tions méta­bo­liques, pro­vo­cant parfois des défi­ciences voire la mort de la cellule mutée. Souvent, la muta­tion est neutre : elle inter­vient dans une partie du maté­riel géné­tique non codant (introns). Plus rare­ment, la modi­fi­ca­tion peut avoir des effets posi­tifs. C’est là qu’intervient la sélec­tion natu­relle : un orga­nisme ayant subi une muta­tion qui le ren­force aura plus de chance de sur­vivre et de trans­mettre cette muta­tion à une des­cen­dance que l’organisme ayant subi une muta­tion qui diminue ses chances de survie et de repro­duc­tion. C’est le méca­nisme du hope­full monster par lequel une muta­tion favo­rable se trans­mettra plus faci­le­ment qu’une autre.

14. L’histoire de la science, et par­ti­cu­liè­re­ment de l’évolutionnisme, four­mille d’erreurs, de fraudes, de canulars.

Dis­crédit, Non sequitur. Oui, comme toute acti­vité humaine. Elle intègre cepen­dant des méca­nismes qui ont permi de mettre ces erreurs, fraudes et canu­lars en lumière. La reli­gion et la foi ne dis­posent pas de tels méca­nismes, et ne sont guère plus pré­ser­vées de la failli­bi­lité humaine.

15. Si les fos­siles sont la trace d’animaux dis­parus et que l’évolution est continue, il devrait exister des fos­siles inter­mé­diaires. Le fait qu’il n’y en ait pas prouve que la théorie de l’évolution est une fable.

Inexac­ti­tude. Mais il y en a, et de très nom­breux dont le premier est bien sûr l’Archéoptéryx. Voir Evi­dence of Evo­lu­tio­nary Tran­si­tions de Michael Benton.

16. Pour l’homme en tous cas, impos­sible de parler d’évolution puisqu’il est doté de conscience. C’est donc une dif­fé­rence qua­li­ta­tive et non plus sim­ple­ment quan­ti­ta­tive qui le dis­tingue des animaux.

Inexac­ti­tude, ambi­guïté. Reste à définir cette conscience qui serait qua­li­ta­ti­ve­ment absente du monde animal. L’on peut sim­ple­ment noter que l’éthologie a mis en évi­dence dans le monde animal (non humain) des apti­tudes et com­por­te­ments tels que la conscience de soi, la capa­cité d’abstraction, le rire, l’amour, la fidé­lité, la tra­hison, le suicide, le langage sym­bo­lique, l’empathie, l’altruisme, la soli­da­rité, l’utilisation d’outils, la trans­mis­sion de savoir et de rituels.

17. On n’a jamais observé de muta­tion condui­sant à une aug­men­ta­tion de l’information géné­tique.

Inexac­ti­tude.
Argu­ment spé­cieux : on n’observe pas les muta­tions puisqu’elles inter­viennent de façon, aléa­toire, on observe leurs effets. Ceci dit, l’augmentation de maté­riel géné­tique au sein de la cellule a déjà été prouvé à diverses reprises. Le prin­cipal méca­nisme est la dupli­ca­tion de gènes suivie de la diver­gence de l’une des copies. D’autres méca­nismes ont été observés tels que l’endobiose par laquelle deux orga­nismes fusionnent (d’où les mito­chon­dries p. ex.) ou plus cou­ram­ment les méca­nismes rétroviraux.

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Bien, cela a pris un peu plus de temps que prévu, mais les robots sont désor­mais à nos portes, moins média­tisés mais souvent plus inté­res­sants que l’ineffable Asimo. J’en avais déjà évoqué quelques-uns lors d’un message pré­cé­dent. Voici un petit tour d’horizon actualisé.

Dans la caté­gorie sau­ve­tage, le plus étrange est sans doute le che­nillé Hanuri-RT, puisqu’il ne permet de sauver que les per­sonnes pouvant se tenir accrou­pies et dotées d’un fameux sens de l’équilibre!

Si un acci­dent vous a com­plè­te­ment immo­bi­lisé, autant que vous soyez aussi incons­cient car ce pour­rait bien être Robo­kiyu qui vous prendra en charge quel que soit votre posi­tion (et qui aurait fait mer­veille dans le film Soleil Vert).

Un peu moins inquié­tant, le Hubo FX-1 chairbot peut trans­porter un pilote d’une cen­taine de kilos pilo­tant à l’aide d’un simple joys­tick. Si l’idée de base était d’offrir plus d’autonomie qu’un fau­teuil roulant, l’armée y voit aussi son intérêt.

Si votre sau­ve­tage réside plus sim­ple­ment à trouver quelqu’un qui vous serve le thé ou fasse votre vais­selle, Kawada Indus­tries déve­loppe une aide ména­gère robo­tique. Etran­ge­ment, elle n’a pas été desi­gnée comme une illus­tra­tion de Sorayama mais évoque plutôt une chimère goldorakienne.

L’industrie robo­tique semble bien reflèter les fan­tasmes d’une civi­li­sa­tion. En Asie, cela peut s’illustrer de deux façons, lorsqu’il s’agit des enfants. Tout d’abord par Orfo, le robot cha­peron coréen. Ensuite, de façon déran­geante, par CB2 (Child-Robot with Bio­me­tric Body) qui repré­sente un (mons­trueux) enfant de deux ans doté d’expressions faciales et de 200 cap­teurs tactiles.

Nul doute qu’une col­la­bo­ra­tion serait pro­fi­table avec les concep­teurs de Kansei, un robot doté d’un voca­lu­laire de 430.000 (!) mots capable d’intéragir facia­le­ment en fonc­tion du contexte émo­tionnel du discours.

Tous ces robots sont, à un certain degré, huma­noïdes et déve­loppés dans une optique uti­li­taire. En voici un qui sort du rang : Alexi­timia est une oeuvre créée par l’artiste argen­tine Paula Gaetano. Détec­tant votre sueur, cette chose trans­pi­rera par empa­thie à votre contact.

Mmmmh, Alexi­timia!

avk

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YouTube is like contem­po­rary music : too much sax and violins!

Quelques chré­tiens ont donc eu un rêve : un YouTube rien que pour eux, où l’on peut chanter les louanges du Patron en rap ; où l’on démontre que les fos­siles ont tou­jours été des fos­siles ; où l’on peut voir comment les musul­mans pré­parent des sales coups dans leurs mos­quées ; et où l’on peut prouver l’existence de Dieu en éplu­chant une banane.

Ça s’appelle GodTube et, contrai­re­ment à ce que je pensais dans un premier temps, ce n’est pas du second degré!

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Il y a quelques jours, je vous parlais d’éthique cyber­sexuelle dans un univers virtuel tel que Second Life. Les nou­velles tech­no­lo­gies maté­rielles aussi apportent des élé­ments qui pour­raient bien élargir dras­ti­que­ment les champs de l’éthique.

Vous connaissez les Lois de la robo­tique d’Isaac Asimov:

  • Pre­mière Loi : Un robot ne peut ni porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
  • Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contra­dic­tion avec la Pre­mière Loi ;
  • Troi­sième Loi : Un robot doit pro­téger son exis­tence dans la mesure où cette pro­tec­tion n’entre pas en contra­dic­tion avec la Pre­mière ou la Deuxième Loi.

Vu les progrès ful­gu­rants de la robo­tique (nous en repar­le­rons), la Corée du Sud réflé­chit actuel­le­ment à un code éthique du robot en vue d’une inté­gra­tion dans son arsenal légis­latif. Fin 2006 déjà, une étude com­mandée par le gou­ver­ne­ment anglais allait déjà dans ce sens.

Les robots deve­nant de plus en plus auto­nomes, sortant des chaînes de montage pour s’épanouir dans des lieux publics ou domes­tiques, des pro­blèmes de res­pon­sa­bi­lité se pose­ront si un robot cause un pré­ju­dice, pro­blèmes ne pouvant pas se réduire au cas d’une simple machine. Par exemple, l’armée amé­ri­caine étudie très concrè­te­ment l’utilisation de robots sur des ter­rains de combat, en tant que com­bat­tants mais aussi que chi­rur­giens. En cas d’erreur médi­cale, contre qui se retour­nera le patient : le pro­prié­taire, le concep­teur, le déve­lop­peur, le formateur?

Mais le plus inté­res­sant est que les Coréens pensent aussi aux « droits » des robots. D’importantes avan­cées mélan­geant sciences cog­ni­tives et robo­tiques per­mettent d’imaginer à court terme des robots capables d’émotion. Une nou­velle éthique serait donc à construire et le Euro­pean Robo­tics Network (Euron) s’active d’ores et déjà à faire pres­sion sur les gou­ver­ne­ments pour une inté­gra­tion des droits des robots dans les légis­la­tions natio­nales et supranationales.

Ce n’est plus de la science-fiction : c’est ici et ici.

avk

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L’Intel­li­gent Design est le masque poli­ti­que­ment correct du créa­tion­nisme. Plutôt que d’affirmer que Dieu a créé le monde en six jours, l’Intelligent design cherche à démon­trer dans la com­plexité des méca­nismes du vivant la preuve que l’évolutionnisme est une théorie insuffisante.

Uti­li­sant habi­le­ment un rela­ti­visme absolu du genre « fumer ou pas, restons cour­tois » (sous-entendant donc que fumer n’est pas dis­cour­tois en soi), ses défen­seurs luttent pour que l’Intelligent Design soit enseigné sur pied d’égalité avec le néodarwinisme.

Les argu­ments avancés ne tiennent pas la route dans le milieu scien­ti­fique où il est assez simple de leur tordre le cou. Tou­te­fois, le pro­blème n’est pas de convaincre les scien­ti­fiques, mais les poli­tiques (qui votent les lois) et le grand public (qui élit les poli­tiques). Et là, le néo­dar­wi­nisme s’avère net­te­ment moins sexy que l’Intelligent Design.

Pour lutter pied à pied dans des conver­sa­tions de salon, il deve­nait donc néces­saire de construire une com­mu­ni­ca­tion adaptée. C’est chose faite avec l’Incom­petent Design.

Voici quelques argu­ments mon­trant que ce Design n’est pas aussi Intel­li­gent que cela :

- Nos bouches sont souvent trop petites pour contenir toutes nos dents, et nombre d’entre nous doivent s’en faire extraire plu­sieurs. Soit nous avons évolué depuis un être qui avait un museau plus long, soit celui qui nous a créé s’est trompé dans ses plans!

- Nos sinus sont très mal drainés, com­pressés entre les os faciaux et notre boite crâ­nienne. Notre cerveau est-il plus gros que celui de notre créa­teur, ou ce dernier s’est-il à nouveau gouré?

- Notre bassin est orienté pour marcher à quatre pattes comme les grands singes, c’est pour­quoi notre colonne ver­té­brale doit se tordre pour nous per­mettre de tenir debout. Le créa­teur était-il sadique ou com­plè­te­ment saoûl?

etc. etc.

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Une réac­tion à la der­nière annonce de l’administration Bush qui se drape de l’argument plu­ra­liste pour défendre l’enseignement du créa­tion­nisme (pudi­que­ment appelé «intel­li­gent design»). C’est Daniel Dennett qui écrit. C’est juste, intel­li­gent et, comme il se doit en temps de guerre, efficace…

PRESIDENT BUSH, announ­cing this month that he was in favor of tea­ching about « intel­li­gent design » in the schools, said,  « I think that part of edu­ca­tion is to expose people to dif­ferent schools of thought. »» A couple of weeks later, Senator Bill Frist of Ten­nessee, the Repu­blican leader, made the same point. Tea­ching both intel­li­gent design and evo­lu­tion  « doesn’t force any par­ti­cular theory on anyone, »» Mr. Frist said.  « I think in a plu­ra­listic society that is the fairest way to go about edu­ca­tion and trai­ning people for the future. »

Is « intel­li­gent design » a legi­ti­mate school of scien­tific thought? Is there some­thing to it, or have these people been taken in by one of the most inge­nious hoaxes in the history of science? Wouldn’t such a hoax be impos­sible? No. Here’s how it has been done.

First, imagine how easy it would be for a deter­mined band of nay­sayers to shake the world’s confi­dence in quantum physics — how weird it is! — or Ein­stei­nian rela­ti­vity. In spite of a century of ins­truc­tion and popu­la­ri­za­tion by phy­si­cists, few people ever really get their heads around the concepts involved. Most people even­tually cobble toge­ther a jus­ti­fi­ca­tion for accep­ting the assu­rances of the experts: «Well, they pretty much agree with one another, and they claim that it is their unders­tan­ding of these strange topics that allows them to harness atomic energy, and to make tran­sis­tors and lasers, which cer­tainly do work…»

For­tu­na­tely for phy­si­cists, there is no powerful moti­va­tion for such a band of mischief-makers to form. They don’t have to spend much time per­sua­ding people that quantum physics and Ein­stei­nian rela­ti­vity really have been esta­bli­shed beyond all rea­so­nable doubt.

With evo­lu­tion, however, it is dif­ferent. The fun­da­mental scien­tific idea of evo­lu­tion by natural selec­tion is not just mind-boggling; natural selec­tion, by exe­cu­ting God’s tra­di­tional task of desi­gning and crea­ting all crea­tures great and small, also seems to deny one of the best reasons we have for belie­ving in God. So there is plenty of moti­va­tion for resis­ting the assu­rances of the bio­lo­gists. Nobody is immune to wishful thin­king. It takes scien­tific dis­ci­pline to protect our­selves from our own cre­du­lity, but we’ve also found inge­nious ways to fool our­selves and others. Some of the methods used to exploit these urges are easy to analyze; others take a little more unpacking.

A crea­tio­nist pam­phlet sent to me some years ago had an amusing page in it, pur­por­ting to be part of a simple questionnaire:

Test Two

Do you know of any buil­ding that didn’t have a builder? Y/N
Do you know of any pain­ting that didn’t have a painter? Y/N
Do you know of any car that didn’t have a maker? Y/N

If you ans­wered YES for any of the above, give details:
Take that, you Dar­wi­nians! The pre­sumed embar­rass­ment of the test-taker when faced with this task per­fectly expresses the incre­du­lity many people feel when they confront Darwin’s great idea. It seems obvious, doesn’t it, that there couldn’t be any designs without desi­gners, any such crea­tions without a creator.

Well, yes — until you look at what contem­po­rary biology has demons­trated beyond all rea­so­nable doubt: that natural selec­tion — the process in which repro­du­cing enti­ties must compete for finite resources and thereby engage in a tour­na­ment of blind trial and error from which impro­ve­ments auto­ma­ti­cally emerge — has the power to gene­rate brea­th­ta­kingly inge­nious designs.

Take the deve­lop­ment of the eye, which has been one of the favo­rite chal­lenges of crea­tio­nists. How on earth, they ask, could that engi­nee­ring marvel be pro­duced by a series of small, unplanned steps? Only an intel­li­gent desi­gner could have created such a brilliant arran­ge­ment of a shape-shifting lens, an aperture-adjusting iris, a light-sensitive image surface of exqui­site sen­si­ti­vity, all housed in a sphere that can shift its aim in a hun­dredth of a second and send mega­bytes of infor­ma­tion to the visual cortex every second for years on end.

But as we learn more and more about the history of the genes involved, and how they work — all the way back to their pre­de­cessor genes in the sight­less bac­teria from which mul­ti­celled animals evolved more than a half-billion years ago — we can begin to tell the story of how pho­to­sen­si­tive spots gra­dually turned into light-sensitive craters that could detect the rough direc­tion from which light came, and then gra­dually acquired their lenses, impro­ving their information-gathering capa­ci­ties all the while.

We can’t yet say what all the details of this process were, but real eyes repre­sen­ta­tive of all the inter­me­diate stages can be found, dotted around the animal kingdom, and we have detailed com­puter models to demons­trate that the crea­tive process works just as the theory says.

All it takes is a rare acci­dent that gives one lucky animal a muta­tion that improves its vision over that of its siblings; if this helps it have more off­spring than its rivals, this gives evo­lu­tion an oppor­tu­nity to raise the bar and ratchet up the design of the eye by one mind­less step. And since these lucky impro­ve­ments accu­mu­late — this was Darwin’s insight — eyes can auto­ma­ti­cally get better and better and better, without any intel­li­gent designer.

Brilliant as the design of the eye is, it betrays its origin with a tell-tale flaw: the retina is inside out. The nerve fibers that carry the signals from the eye’s rods and cones (which sense light and color) lie on top of them, and have to plunge through a large hole in the retina to get to the brain, crea­ting the blind spot. No intel­li­gent desi­gner would put such a clumsy arran­ge­ment in a cam­corder, and this is just one of hun­dreds of acci­dents frozen in evo­lu­tio­nary history that confirm the mind­less­ness of the his­to­rical process.

If you still find Test Two com­pel­ling, a sort of cog­ni­tive illu­sion that you can feel even as you dis­count it, you are like just about eve­ry­body else in the world; the idea that natural selec­tion has the power to gene­rate such sophis­ti­cated designs is deeply coun­te­rin­tui­tive. Francis Crick, one of the dis­co­ve­rers of DNA, once jokingly cre­dited his col­league Leslie Orgel with «Orgel’s Second Rule»: Evo­lu­tion is cle­verer than you are. Evo­lu­tio­nary bio­lo­gists are often startled by the power of natural selec­tion to dis­cover an «inge­nious» solu­tion to a design problem posed in the lab.

This obser­va­tion lets us address a slightly more sophis­ti­cated version of the cog­ni­tive illu­sion pre­sented by Test Two. When evo­lu­tio­nists like Crick marvel at the cle­ver­ness of the process of natural selec­tion they are not ack­now­led­ging intel­li­gent design. The designs found in nature are nothing short of brilliant, but the process of design that gene­rates them is utterly lacking in intel­li­gence of its own.

Intel­li­gent design advo­cates, however, exploit the ambi­guity between process and product that is built into the word « design. » For them, the pre­sence of a fini­shed product (a fully evolved eye, for ins­tance) is evi­dence of an intel­li­gent design process. But this temp­ting conclu­sion is just what evo­lu­tio­nary biology has shown to be mistaken.

Yes, eyes are for seeing, but these and all the other pur­poses in the natural world can be gene­rated by pro­cesses that are them­selves without pur­poses and without intel­li­gence. This is hard to unders­tand, but so is the idea that colored objects in the world are com­posed of atoms that are not them­selves colored, and that heat is not made of tiny hot things.

The focus on intel­li­gent design has, para­doxi­cally, obs­cured some­thing else: genuine scien­tific contro­ver­sies about evo­lu­tion that abound. In just about every field there are chal­lenges to one esta­bli­shed theory or another. The legi­ti­mate way to stir up such a storm is to come up with an alter­na­tive theory that makes a pre­dic­tion that is crisply denied by the rei­gning theory — but that turns out to be true, or that explains some­thing that has been baf­fling defen­ders of the status quo, or that unifies two distant theo­ries at the cost of some element of the cur­rently accepted view.

To date, the pro­po­nents of intel­li­gent design have not pro­duced any­thing like that. No expe­ri­ments with results that chal­lenge any mains­tream bio­lo­gical unders­tan­ding. No obser­va­tions from the fossil record or geno­mics or bio­geo­graphy or com­pa­ra­tive anatomy that under­mine stan­dard evo­lu­tio­nary thinking.

Instead, the pro­po­nents of intel­li­gent design use a ploy that works some­thing like this. First you misuse or mis­des­cribe some scientist’s work. Then you get an angry rebuttal. Then, instead of dealing for­thrightly with the charges leveled, you cite the rebuttal as evi­dence that there is a «contro­versy» to teach.

Note that the trick is content-free. You can use it on any topic. « Smith’s work in geology sup­ports my argu­ment that the earth is flat, »» you say, mis­re­pre­sen­ting Smith’s work. When Smith responds with a denun­cia­tion of your misuse of her work, you respond, saying some­thing like: «  See what a contro­versy we have here? Pro­fessor Smith and I are locked in a titanic scien­tific debate. We should teach the contro­versy in the class­rooms. »» And here is the deli­cious part: you can often exploit the very tech­ni­ca­lity of the issues to your own advan­tage, coun­ting on most of us to miss the point in all the dif­fi­cult details.

William Dembski, one of the most vocal sup­por­ters of intel­li­gent design, notes that he pro­voked Thomas Schneider, a bio­lo­gist, into a res­ponse that Dr. Dembski cha­rac­te­rizes as « some hair-splitting that could only look ridi­cu­lous to out­sider obser­vers. »» What looks to scien­tists — and is — a kno­ckout objec­tion by Dr. Schneider is por­trayed to most eve­ryone else as ridi­cu­lous hair-splitting.

In short, no science. Indeed, no intel­li­gent design hypo­thesis has even been ven­tured as a rival expla­na­tion of any bio­lo­gical phe­no­menon. This might seem sur­pri­sing to people who think that intel­li­gent design com­petes directly with the hypo­thesis of non-intelligent design by natural selec­tion. But saying, as intel­li­gent design pro­po­nents do, « You haven’t explained eve­ry­thing yet, »» is not a com­pe­ting hypo­thesis. Evo­lu­tio­nary biology cer­tainly hasn’t explained eve­ry­thing that per­plexes bio­lo­gists. But intel­li­gent design hasn’t yet tried to explain anything.

To for­mu­late a com­pe­ting hypo­thesis, you have to get down in the trenches and offer details that have tes­table impli­ca­tions. So far, intel­li­gent design pro­po­nents have conve­niently sides­tepped that requi­re­ment, clai­ming that they have no spe­ci­fics in mind about who or what the intel­li­gent desi­gner might be.

To see this short­co­ming in relief, consider an ima­gi­nary hypo­thesis of intel­li­gent design that could explain the emer­gence of human beings on this planet:

About six million years ago, intel­li­gent genetic engi­neers from another galaxy visited Earth and decided that it would be a more inter­es­ting planet if there was a language-using, religion-forming species on it, so they seques­tered some pri­mates and gene­ti­cally re-engineered them to give them the lan­guage ins­tinct, and enlarged frontal lobes for plan­ning and reflec­tion. It worked.

If some version of this hypo­thesis were true, it could explain how and why human beings differ from their nearest rela­tives, and it would dis­con­firm the com­pe­ting evo­lu­tio­nary hypo­theses that are being pursued.

We’d still have the problem of how these intel­li­gent genetic engi­neers came to exist on their home planet, but we can safely ignore that com­pli­ca­tion for the time being, since there is not the sligh­test shred of evi­dence in favor of this hypothesis.

But here is some­thing the intel­li­gent design com­mu­nity is reluc­tant to discuss: no other intelligent-design hypo­thesis has any­thing more going for it. In fact, my far­fet­ched hypo­thesis has the advan­tage of being tes­table in prin­ciple: we could compare the human and chim­panzee genomes, looking for unmis­ta­kable signs of tam­pe­ring by these genetic engi­neers from another galaxy. Finding some sort of user’s manual neatly embedded in the appa­rently func­tion­less « junk DNA » that makes up most of the human genome would be a Nobel Prize-winning coup for the intel­li­gent design gang, but if they are looking at all, they haven’t come up with any­thing to report.

It’s worth poin­ting out that there are plenty of sub­stan­tive scien­tific contro­ver­sies in biology that are not yet in the text­books or the class­rooms. The scien­tific par­ti­ci­pants in these argu­ments vie for accep­tance among the rele­vant expert com­mu­ni­ties in peer-reviewed jour­nals, and the writers and editors of text­books grapple with judg­ments about which fin­dings have risen to the level of accep­tance — not yet truth — to make them worth serious consi­de­ra­tion by under­gra­duates and high school students.

So get in line, intel­li­gent desi­gners. Get in line behind the hypo­thesis that life started on Mars and was blown here by a cosmic impact. Get in line behind the aquatic ape hypo­thesis, the ges­tural origin of lan­guage hypo­thesis and the theory that singing came before lan­guage, to mention just a few of the enti­cing hypo­theses that are acti­vely defended but still insuf­fi­ciently sup­ported by hard facts.

The Dis­co­very Ins­ti­tute, the conser­va­tive orga­ni­za­tion that has helped to put intel­li­gent design on the map, com­plains that its members face hos­ti­lity from the esta­bli­shed scien­tific jour­nals. But esta­blish­ment hos­ti­lity is not the real hurdle to intel­li­gent design. If intel­li­gent design were a scien­tific idea whose time had come, young scien­tists would be dashing around their labs, vying to win the Nobel Prizes that surely are in store for anybody who can over­turn any signi­fi­cant pro­po­si­tion of contem­po­rary evo­lu­tio­nary biology.

Remember cold fusion? The esta­blish­ment was incre­dibly hostile to that hypo­thesis, but scien­tists around the world rushed to their labs in the effort to explore the idea, in hopes of sharing in the glory if it turned out to be true.

Instead of spen­ding more than $1 million a year on publi­shing books and articles for non-scientists and on other public rela­tions efforts, the Dis­co­very Ins­ti­tute should finance its own peer-reviewed elec­tronic journal. This way, the orga­ni­za­tion could live up to its self-professed image: the doughty defen­ders of brave ico­no­clasts bucking the establishment.

For now, though, the theory they are pro­mo­ting is exactly what George Gilder, a long-time affi­liate of the Dis­co­very Ins­ti­tute, has said it is: «Intel­li­gent design itself does not have any content.»

Since there is no content, there is no «contro­versy» to teach about in biology class. But here is a good topic for a high school course on current events and poli­tics: Is intel­li­gent design a hoax? And if so, how was it perpetrated?

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Ne répon­dant pas à la ques­tion annuelle d’Edge de 1999, Reuben Hersch dit ceci :

The most impor­tant inven­tion of all time was the inter­ro­ga­tive sen­tence. i.e., the asking of ques­tions.

La ques­tion était : « What is the most impor­tant inven­tion in the past 2.000 years? »

Pour sa part, le phi­lo­sophe Daniel C. Dennett eut une réponse d’apparence maté­ria­liste qu’il jus­tifia par une mise en pers­pec­tive inat­tendue et lumineuse :

The battery, the first major por­table energy packet in the last few billion years. When simple pro­ka­ryotes acquired mito­chon­dria several billion years ago, these ama­zingly effi­cient por­table energy devices opened up Design Space to mul­ti­cel­lular life of dazz­ling variety. Many metazoa deve­loped complex nervous systems, which gave the planet eyes and ears for the first time, expan­ding the epis­temic hori­zons of life by many orders of magni­tude. The modest battery (and its sophis­ti­cated fuel cell des­cen­dants), by pro­vi­ding energy for auto­no­mous, free-ranging, unplugged arti­facts of dazz­ling variety, is already begin­ning to provide a simi­larly revo­lu­tio­nary cascade of deve­lop­ments. Poli­ti­cally, the tran­sistor radio and cell phone are proving to be the most potent weapons against tota­li­ta­ria­nism ever invented, since they destroy all hope of cen­tra­lized control of infor­ma­tion. By giving every indi­vi­dual auto­no­mous pros­thetic exten­sions of their senses (think of how cam­cor­ders are revo­lu­tio­ni­zing scien­tific data-gathering pos­si­bi­li­ties, for ins­tance), bat­te­ries enable fun­da­mental impro­ve­ments in the epis­te­mo­lo­gical archi­tec­ture of our species. The explo­sion of science and tech­no­logy that may even­tually permit us to colo­nize space (or save our planet from a fatal col­li­sion) depends on our ability to store and extract elec­trical power ubi­qui­tously. Our bat­te­ries are still no match for the mito­chon­drial ATP system — a healthy person with a back­pack can climb over moun­tains for a week without refue­ling, some­thing no robot could come close to doing — but they open up a new and dif­ferent cor­nu­copia of com­pe­tences.

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