finances

You are currently browsing articles tagged finances.

Le concept de la Société à 2 000 watts est né à Zurich en 1998. Il propose aux « per­sonnes qui vivent dans les pays riches » d’utiliser au maximum 2 000 watts par an tout en ne faisant aucun com­promis sur leur confort de vie. Cette quan­tité repré­sente la consom­ma­tion moyenne de la popu­la­tion mon­diale, soit 17 500 kWh ou 2 700 litres de pétrole.

La mesure semble dras­tique puisque l’Européen brûle actuel­le­ment 6 000 W/an et l’Américain… le double! Il faut donc diviser res­pec­ti­ve­ment leur consom­ma­tion par 3 et par 6. Établir si la chose est réa­liste ou non est pour le moins délicat, mais nous pouvons tou­te­fois nous livrer à quelques calculs.

Tout d’abord, quelques règles de trois. Le United States Census Bureau nous apprend que les États-Unis pos­sèdent actuel­le­ment 307,894 mil­lions d’habitants (disons 308 mil­lions), soit 4,5% de la popu­la­tion mon­diale : 6,796 mil­lions. Et selon Wiki­pédia, nous sommes actuel­le­ment 731 mil­lions d’Européens.

Ce qui nous mène au tableau suivant.

Région Popu­la­tion

(mil­lions)

Moyenne actuelle

(W/an/personne)

Consom­ma­tion

(GW annuels)

U.S.A. 308 12 000

3 696

Europe 731 6 000 4 386
U.S.A. + Europe 1 039 7 778 8 082
Monde 6 796 2 000 13 592
Monde-(USA+Europe) 5 757 957 5 510

Les pays « non riches » auraient donc une consom­ma­tion annuelle moyenne de près de 1 000 W/personne. Bigre, je m’étais donc fait des idées avec toutes ces images de gosses affamés et de popu­la­tions dépor­tées. Et cela donne quoi en équi­valent pétrole? 2 700 litres / 2 000 * 957 = 1 292 litres de pétrole, soit trois litres et demi par jour et par per­sonne. Bon, c’est moins que nous mais c’est moins grave que je pensais. Bonne chose!

Mais voilà qu’un doute me tra­verse. La lecture du site zuri­chois m’avait conduit à accepter l’équation « Pays riches = USA + Europe ». Mais le Japon, le Brésil, le Véné­zuela, la Chine. Ne doivent-ils pas entrer dans la balance? D’autant que les États-Unis ne repré­sentent que 4,5% de l’humanité souf­frante. D’accord, la plus grande surface des ces pays est peuplée de gens dont la prin­ci­pale consom­ma­tion éner­gé­tique se résume au travail mus­cu­laire, mais passer au blanc des villes comma Caracas, Sao Paulo ou Hong­kong ne peut se faire sans un examen préa­lable. D’autant qu’il me semble bien qu’elles consti­tuent des éco­no­mies émer­gentes qui vont peser de plus en plus lourd.

Et puis il y a aussi le Canada, et l’Australie. Bon, je sais bien, ce sont des coins un peu bizarres mais on ne va tout de même pas les exclure en raison de leurs gas­tro­no­mies dou­teuses et de leurs accents impossibles.

Bien, l’infatigable Wiki­pédia va nous aider à dresser un tableau des villes avec les­quelles il faut sans doute compter :

Ville Pays Popu­la­tion
Tokyo–Yokohama Japan 34,670,000
Seoul–Incheon South Korea 19,660,000
São Paulo Brazil 19,505,000
Mexico City Mexico 18,585,000
Osaka–Kobe–Kyoto Japan 17,310,000
Shan­ghai People’s Repu­blic of China 14,655,000
Shenzhen People’s Repu­blic of China 14,230,000
Buenos Aires Argen­tina 12,925,000
Beijing People’s Repu­blic of China 12,780,000
Guangzhou–Foshan People’s Repu­blic of China 11,850,000
Rio de Janeiro Brazil 11,400,000
Istanbul Turkey 11,330,000
Nagoya Japan 9,285,000
Tianjin People’s Repu­blic of China 8,340,000
Johan­nes­burg South Africa 7,500,000
Hong Kong Hong Kong, China 7,000,000
Kuala Lumpur Malaysia 5,715,000
Riyadh Saudi Arabia 4,650,000
Sin­ga­pore Sin­ga­pore 4,485,000
Porto Alegre Brazil 3,495,000
Durban South Africa 3,195,000
Cape Town South Africa 3,175,000
Jeddah Saudi Arabia 3,115,000
Sal­vador Brazil 3,100,000
Caracas Vene­zuela 2,645,000
Dubai United Arab Emirates 2,335,000
Fukuoka Japan 2,245,000
Kuwait City Kuwait 2,190,000
Brasília Brazil 2,185,000

Nous pour­rions conti­nuer (Moscou etc.) mais arrêtons-nous déjà ici : en ajou­tant le Canada et l’Australie, nous avons atteint une popu­la­tion plus large que celles des U.S.A : 339 mil­lions d’habitants!

Consom­ma­tion éner­gé­tique par personne

Que consomment tous ces gens? L’absence de données pré­cises nous impose une cer­taine audace L’épatant Gap­minder nous confirme gra­phi­que­ment que la consom­ma­tion éner­gé­tique est for­te­ment cor­rélée au revenu moyen. Et, à titre d’exemple, Tokyo est la ville la plus riche du monde. Osaka est en 8e posi­tion, suivie par Séoul et Mexico City. Hong­kong est en 13e posi­tion, Buenos Aires en 16e et Sin­ga­pore en 18e tandis que Vienne n’arrive que cin­quan­tième. Nous pouvons donc estimer sans trop de risque que ces popu­la­tions brûlent au moins autant d’énergie que l’occidental moyen, soit 7 778 W/an. Adop­tons donc cette valeur de travail.

Nous pouvons main­te­nant insérer une nou­velle ligne dans notre tableau.

Région Popu­la­tion

(mil­lions)

Moyenne actuelle

(W/an/personne)

Consom­ma­tion

(GW annuels)

U.S.A. 308 12 000 3 696
Europe 731 6 000 4 386
U.S.A. + Europe 1 039 7 778

8 082

oubliés de Zurich 339 7 778 2 637
Monde 6 796 2 000 13 592
Popu­la­tions pauvres 5 418 487 2 637

Et bien voilà : les pauvres sont deux fois plus pauvres que ne le lais­sait entendre le tableau zuri­chois (et sans doute plus encore, les hypo­thèses ayant été réa­li­sées a minima.)

Quelle est la conclu­sion de cette his­toire? Je ne savais pas très bien comment l’amener et vous remercie de me poser la ques­tion. J’en vois en fait plusieurs.

  1. Même avec les meilleures inten­tions du monde, grossir le trait à des fins de com­mu­ni­ca­tion peut avoir des effets pervers qui faussent l’analyse et peuvent mener à adopter des stra­té­gies qui ne sont pas néces­sai­re­ment les meilleures. Comme me répé­tait mon prof de bio­logie : « De la pré­ci­sion, sinon c’est la catastrophe! »
  2. Le modèle selon lequel l’Europe et l’Amérique sont les deux poles de la richesse mon­diale est dépassé, et le sera de plus en plus.
  3. L’écart entre les gros consom­ma­teurs d’énergie et les petits est de 1/25 et non de 1/12.

Alors, il serait à l’évidence très utile que les gros consom­ma­teurs modèrent quelque peu leur goin­frerie éner­gé­tique. Mais il  est au moins aussi indis­pen­sable que les exclus de la gabegie puissent avoir accès à plus : il n’y a pas de déve­lop­pe­ment durable sans énergie.

Il me semble fon­da­mental d’intégrer cette donnée à l’équation, comme il me semble indis­pen­sable de coupler la démarche éco­lo­gique à une réflexion huma­niste.

Pour­quoi ne pas le faire en ima­gi­nant un méca­nisme de soli­da­rité assez simple?

Le Système euro­péen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre est devenu un marché très spé­cu­latif mais aussi un peu honteux. L’instauration d’une taxe sur ces opé­ra­tions offri­rait la pos­si­bi­lité de financer l’installation d’éoliennes, de petites cen­trales hydro­élec­triques ou de cap­teurs solaires à des­ti­na­tion de popu­la­tions pauvres. J’imagine qu’elle serait aussi de nature à redorer quelque peu l’image des spéculateurs.

Bref, un Plan Mar­chall éner­gé­tique ali­menté par la spé­cu­la­tion sur les droits d’émission.

avk

Sources

Tags: , , , , ,

En mai dernier, les planches à billets zim­babwéennes sor­taient une coupure de 250.000.000 ZWD, signe d’une hyper­in­fla­tion estimée en juin à 9.030.000%. Dans l’hypothèse où ces chiffres veulent encore dire quelque chose, c’est-à-dire qu’il existe un marché pour une telle monnaie, 1 USD = 40.000.000.000 ZWD.

  • 1983 : USD $1 = ZWD 1$
  • 2000: USD $1 = ZWD 1,000$
  • 2006: USD $1 = ZWD 100,000$
  • 2006: USD $1 = ZWD 500,000,000$
  • 2008: USD $1 = ZWD 18,700,000,000$

Ancienne colonie anglaise, le Zim­babwe a gardé l’anglais comme langue offi­cielle, ce qui ne faci­lite pas les choses lorsque l’on mani­pule quo­ti­dien­ne­ment des sommes dépas­sant le milliard.

En fran­çais, les choses sont rela­ti­ve­ment simples :

  • un mil­liard = 1.000 mil­lions (10**9) ;
  • un billon = 1.000 mil­liards (10**12) ;
  • un tril­lion = 1.000.000 bil­lions (10**18) ;
  • etc.

Notons tou­te­fois que beau­coup de gens pense que mil­liard est le syno­nyme popu­laire de billion, faisant ainsi une erreur d’un facteur 1.000.

En anglais, la confu­sion est encore bien pire, ainsi que l’explique l’excellent Neil Minkley. La signi­fi­ca­tion d’un terme tel que billion varie selon le type d’anglais (British ou Ame­rican), mais aussi selon le dic­tion­naire considéré.

Ainsi, selon le Harrap’s Una­bridged, « trillon » pourra être compris par un anglo­phone comme 10**12 (Anglais) ou comme 10**18 (Américain) :

Français    British English    American English
milliard    billion            billion
billion     trillion           trillion
trillion    trillion           quintillion

tandis que pour le Grand Dic­tion­naire Hachette-Oxford, « tril­lion » est ambigu pour les Amé­ri­cains et « billion » est ambigu pour les Anglais :

Français    British English    American English
milliard    billion            billion
billion     billion            trillion
trillion    trillion           trillion

En fait, les deux usages sont permis selon que l’on consi­dère une short-scale accep­tion ou une long-scale accep­tion (laquelle intègre aussi billiard et trilliard). Mais il ne semble guère exister de conven­tion per­met­tant de trancher.

Pensée émue pour tous les Zim­babwéens qui se trouvent en aval de la planche à billets, et plus par­ti­cu­liè­re­ment pour les comptables.

avk

Sources :

Anglais pra­tique (Neil Minkley)

CIA fact­book

Wiki­pedia : Long and short scales

Wiki­pedia : Zimbabwe

World­bank

Tags: , ,

La faillite de Kongō Gumi Co., Ltd. a été pro­noncée en janvier 2006 après 1.428 ans d’activité.

Cette véné­rable entre­prise fami­liale construi­sait des temples boud­dhistes. Elle fut fondée près d’un mil­lé­naire avant que Colomb ne débarque en Amé­rique, en l’an 578.

Wiki­pedia

avk

Tags:

Je ne suis pas éco­no­miste mais je crois com­prendre assez bien ce que les Amé­ri­cains entendent par « Current account balance ». Il s’agit, pour une année donnée, du bilan général des entrées et sorties d’un pays : une sorte de balance com­mer­ciale étendue. Aux ren­trées d’argent du pays (vente de biens et ser­vices, rentes, inté­rêts posi­tifs, divi­dendes diverses) sont sous­traites les sorties (achats, loyers, loca­tions, licences, inté­rêts néga­tifs, amendes etc.) Simple.

S’agissant d’un pays, un account balance positif indique que le reste du monde lui doit de l’argent. Et s’il est négatif, il témoigne soit de la « confiance » qu’il inspire aux autres pays… riches.

Tout ça pour en venir où? Sim­ple­ment à ce très inté­res­sant tableau du site de la CIA.

Gosse, ma grand-mère (qui avait long­temps vécu dans la misère) mélan­geait deux dictons pour me répéter ad nauseam qu’il vaut mieux faire envie que pitié, car on ne prête qu’aux riches.

Elle oubliait seule­ment qu’on peut se tromper sur la richesse réelle de ses débi­teurs. Tout comme j’ai long­temps négligé de me fier à la CIA pour avoir une vision objec­tive de la vigueur des États-Unis.

avk

Tags: ,

Une info de l’ami Jean Marc…

Selon les esti­ma­tions de l’US General Accoun­ting Office citées par la revue Manu­fac­tu­ring & Tech­no­logy News de sep­tembre 2005, l’US Army aurait utilisé en Irak, depuis le début de l’invasion plus de 1,8 mil­liard de balles de 5,56 mm pour ses M-16 et dérivés. Sachant que les porte-parole de la Coa­li­tion estiment à environ 20.000 le nombre des insurgés, cela repré­sente 90.000 balles tirées par insurgé, sans arriver pour autant à les neutraliser…

Voilà pour­quoi, contrai­re­ment à ce qui s’était passé au Vietnam et en Corée, le comp­tage des corps n’est plus sys­té­ma­ti­que­ment rendu public.

Plus d’infos sur l’excellent antiwar​.com.

Tags: ,

« Vous vous rendez compte, me deman­dait mon coif­feur lors de l’ultime visite que je rendis à son offi­cine, il faut même payer pour la musique main­te­nant! » Étant ligoté dans son fau­teuil et à la merci d’instruments par­ti­cu­liè­re­ment tran­chants, j’acquiesçai d’un « tsssss! » com­pa­tis­sant. (La lâcheté est un sen­ti­ment salu­taire qu’il faut un certain courage pour recom­mander, signe d’une cer­taine confu­sion des temps, sans doute.)

Simul­ta­né­ment, je me lançai dans un dia­logue inté­rieur où je convins avec moi-même du carac­tère sin­gu­lier de cette indi­gna­tion. Cet honnête artiste capil­laire trouve pro­ba­ble­ment normal de payer son papier peint, son chauf­fage, son élec­tri­cité mais ne com­prend tout sim­ple­ment pas qu’il lui faille payer pour la musique. Il ne s’offusque pas des pra­tiques com­mer­ciales en général puisqu’il encou­rage son client à passer à la caisse après avoir laissé une partie de lui-même sur le sol. Alors quoi? Imagine-t-il que les com­po­si­teurs, les inter­prètes, les édi­teurs, les pro­duc­teurs et autres com­pa­gnons de la chose musi­cale sont de gentils petits lutins vivant dans le pays mer­veilleux où l’argent n’existe pas?

Cruelle erreur! Non seule­ment eux aussi ont des enfants qui veulent pincer le nez de Mon­sieur Mouche à Dis­ney­land Paris, mais en outre leur place dans la société pré­sente deux qua­lités qui devrait nous pousser à plus de décence. a/ Les biens qu’ils pro­duisent ne sont pas de pre­mière néces­sité (nous sommes donc libre de nous en passer) ; b/ ces biens sont a priori de nature à enjo­liver le monde. À l’heure où même les éco­lo­gistes défendent les mar­chands d’armes de Herstal, la chose n’est pas négligeable.

Il y a quelques semaines, je faisais remar­quer à une sta­giaire qu’il était pré­fé­rable, du moins ouver­te­ment et dans l’immeuble de la Sabam, de ne pas faire de pira­tage d’oeuvres musi­cales. Elle ouvrit tout ronds ses char­mants yeux et, ouvrant de même sa char­mante bouche, me demanda pour­quoi. Je crus bre­douiller que chacun aime bien être rétribué pour ses heures de travail et que l’industrie auto­mo­bile aurait pas mal de soucis s’il était aussi facile de copier une voiture qu’un morceau de musique. Elle en convint doci­le­ment, son stage comp­tant pour 50% dans la réus­site de son année.

Pour­tant, je m’interroge. En quoi est-il dif­fi­cile de com­prendre que le pira­tage est du vol? Pour­quoi, en dehors du fait qu’il est dif­fi­cile de brider la grande indul­gence que l’on a pour soi-même, est-on tel­le­ment enclin à mini­miser ce fait? J’entends parfois comme argu­ment que si les CD étaient moins chers, on ne les pira­te­rait moins. L’argument est pied-nickléen : j’imagine avec délice le voleur de voiture tenir le même rai­son­ne­ment devant le juge.

Soyons clairs, je ne crois pas que le pira­tage soit la cause prin­ci­pale de la crise actuelle de la pro­duc­tion musi­cale. Je sais aussi que cer­tains pro­duc­teurs sont de lumi­neux mar­gou­lins qui ont créé des demandes tel­le­ment fortes qu’ils sont en partie res­pon­sables de l’actuel retour de mani­velle. Je pense en outre que la gra­tuité de la musique est désor­mais tech­ni­que­ment pos­sible et même sou­hai­table pour autant que le choix en soit fait par toutes les parties concer­nées. Soit!

Il n’en reste pas moins que, dans ce monde si tris­te­ment dépourvu de petits lutins qui est le nôtre, cer­taines choses ont un prix. Et, tout bien consi­déré, je crois que c’est une bonne chose que la musique en fasse partie.

avk

Tags: , ,

Switch to our mobile site