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Éternel ! tu me sondes et tu me connais,
Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée (…)
Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Éternel ! tu la connais entiè­re­ment (…)
Une science aussi mer­veilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir.
–Psaume 139

Jeppe Hein, Follow Me (Bristol University)

Il existe des moyens intel­li­gents d’utiliser ce qu’on sait sur une per­sonne. Les casinos Harrah’s en savent quelque chose. Sur base du for­mu­laire d’apparence anodine que vous rem­plissez pour accéder à la salle des jeux (âge, sexe, for­ma­tion, etc.) ils déter­minent votre « point de douleur », c’est-à-dire le montant maximum que vous pouvez perdre sans que ça vous coupe l’envie de revenir jouer [1]. Quand vos pertes approchent ce montant, un membre du per­sonnel vient vous faire remar­quer que vous n’avez déci­dé­ment pas de chance ce soir, et il vous conseille de rejoindre le res­tau­rant du casino « aux frais de la maison ». Tout l’art consiste à bien choisir le moment d’arrêter de vous plumer.

La pos­si­bi­lité aujourd’hui d’analyser de grandes quan­tités d’information rend ce type de mani­pu­la­tion omni­pré­sente, et on aurait tort de sous-estimer son effi­ca­cité [2]. On connait la phrase célèbre d’un ancien patron de TF1, selon laquelle le but de la télé­vi­sion est de vendre du cerveau humain dis­po­nible à Coca-Cola [3]. Tout cela semble bon-enfant par rapport à ce qui se trame sur Internet.

Il y a tout ce dont on se doute. Par exemple, que le bouton « j’aime » de Face­book ne sert pas qu’à dire à ses copains qu’on a trouvé leur lien rigolo. Il sert aussi à Face­book à mieux vous connaitre. En gros, chaque fois que vous cliquez « j’aime », comme chaque fois que vous vous ins­crivez à un jeux, vous vous rendez plus vul­né­rable à la mani­pu­la­tion, et Face­book le monnaie auprès des annon­ceurs publi­ci­taires. Comme dans les casinos Harrahs’s, sauf que l’information dont on dispose sur vous est beau­coup plus riche, et que les mani­pu­la­teurs entrent dans une sphère que vous pensiez relever de votre intimité.

Il y a une autre forme de mani­pu­la­tion sur Internet qui n’est pas direc­te­ment com­mer­ciale, du moins pas encore. Si vous et votre voisin tapez le mot « Egypte » sur Google vos résul­tats seront sans doute très dif­fé­rents : peut-être tomberez-vous sur les hôtels de la Mer Rouge et votre voisin sur le procès de Mou­barak. Google recueille en per­ma­nence des infor­ma­tions sur vous : où vous vous trouvez, le type d’ordinateur que vous uti­lisez, et aussi l’historique des liens sur les­quels vous avez cliqué. Sur base de ce flux d’information, un algo­rithme estime le type de site qui vous plaira et vous cache pure­ment et sim­ple­ment les autres. Eli Pariser en parle comme d’une bulle dans laquelle les moteurs de recherche vous enferment [4], sans rien vous dire de toute la partie d’Internet qui vous est rendue invi­sible. Pour rebondir sur le post d’Alain : si vous n’avez jamais navigué que sur des sites créa­tion­nistes, il y a fort à parier que Google vous cachera jusqu’à l’existence de Darwin.

Chaque fois qu’on s’aventure sur Internet, l’information circule désor­mais dans les deux sens : on vous regarde autant que vous regardez. Et Internet est aux mains de gens habiles qui ont des inté­rêts qui leur sont propres. Rebecca Mac­Kinnon a un argu­men­taire assez convain­quant sur le fait qu’Internet ne deviendra pas spon­ta­né­ment l’idéal qu’on ima­gi­nait il y a encore peu [5]. Si on veut qu’Internet continue à donner un accès non biaisé à l’information, et qu’on ne veut pas s’y faire mani­puler, cela néces­si­tera une forme d’activisme de notre part.

Cedric Gommes

[1] I. Ayes, Super Crun­chers, Bantam Books (2008) ;
[2] R.-V. Joule, J.-L. Beau­vois, Petit traité de mani­pu­la­tion à l’usage des hon­nêtes gens, Presses uni­ver­si­taires de Gre­noble (2002).
[3] Wikipedia:Patrick Le Lay
[4] TED​.com: Eli Pariser, Beware Online Filter Bubbles.
[5] TED​.com: Rebecca Mac­Kinnon, Let’s Take Back The Internet.

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Selon l’institut d’audience Nielsen, un Amé­ri­cain moyen passe quo­ti­dien­ne­ment 4 heures 49 minutes devant son télé­vi­seur, durée en aug­men­ta­tion constante depuis 10 ans [1]. Le Syn­dicat National de la Publi­cité Télé­visée nous informe pour sa part qu’un Fran­çais consomme un net­te­ment moins : 3 heures 20 minutes, et nous donne plus de détails intéressants.

Ainsi, la télé­vi­sion capte quo­ti­dien­ne­ment sur le ter­ri­toire fran­çais 44,2 mil­lions d’habitants durant, donc, 3h20’, ce qui mène à une consom­ma­tion annuelle de 3.226 mil­liards de minutes drai­nant des recettes publi­ci­taires de 3,98 mil­liards d’euros de janvier à août 2009 [2]. En extra­po­lant pour une période annuelle, nous obte­nons 5,97 mil­liards d’euros bruts. En forçant le trait, disons que les publi­ci­taires sont prêts à payer 135 EUR par an pour que vous gardiez votre télé­vi­sion. En fait, le chiffre n’intègre pas les frais de gestion et de pro­duc­tion qui, une fois injectés dans l’équation et selon un mien ami tra­vaillant dans le secteur [3], font passer ce chiffre à 200 EUR.

On ne dépense pas de telles sommes sans avoir de sérieuses garan­ties sur le retour pro­bable sur inves­tis­se­ment. La fameuse cita­tion de Patrick Le Lay [4], PDG de TF1, trouve confir­ma­tion dans ces chiffres :

« Soyons réa­liste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…). Or pour qu’un message publi­ci­taire soit perçu, il faut que le cerveau du télé­spec­ta­teur soit dis­po­nible. Nos émis­sions ont pour voca­tion de le rendre dis­po­nible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le pré­parer entre deux mes­sages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain dis­po­nible (…). Il faut cher­cher en per­ma­nence les pro­grammes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les ten­dances, dans un contexte où l’information s’accélère, se mul­ti­plie et se bana­lise. »

Bien sûr, l’économie n’est pas la seule à béné­fi­cier de la mise en récep­ti­vité de ces cer­veaux. Le poli­tique et plus géné­ra­le­ment la société elle-même pro­fitent du for­ma­tage intel­lec­tuel opéré. Alors, si on se faisait une petite cure d’abstinence télé­vi­suelle? Qu’offre Internet pour étan­cher notre soif d’images qui bougent?

Pour ce qui est des émis­sions télé­vi­suelles redis­tri­buées sur le net, impos­sible de faire ici le cata­logue de l’offre indi­vi­duel des chaînes mais beau­coup d’entre elles offrent, en léger différé, les jour­naux télé­visés et, en plus grand différé, des repor­tages tels que les Ques­tions à la Une de la RTBF ou tels que l’on en trouve aussi sur ARTE TV. Je veux aussi men­tionner l’excellent site de l’INA qui propose gra­tui­te­ment un cata­logue impres­sion­nant de 23.000 heures d’archives télé­vi­suelles (parmi les 300.000 heures de pro­grammes archivés annuel­le­ment) pour les nos­tal­giques des Cinq Colonnes à la Une ou d’Apos­trophes. À des­ti­na­tion des cher­cheurs et étu­diants, l’INA a par ailleurs mis en place un site spé­ci­fique. Mais ne nous égarons pas…

Vous n’oserez sans doute pas l’avouer, mais Les Experts ou Dr House risquent de vous manquer. Eh bien, la chose n’est pas encore très connue sur le Vieux Conti­nent, mais un grand nombre de séries télé­vi­sées sont vision­nables gra­tui­te­ment en strea­ming sur l’excellent Hulu qui offre une qualité de dif­fu­sion excep­tion­nelle… aux États-Unis. En effet, issu d’une joint venture entre NBC Uni­versal, News Corp., The Walt Disney Company et Pro­vi­dence Equity Part­ners, les licences ne couvrent guère le reste du monde. Le succès de cette formule a tou­te­fois encou­ragé cer­taines ini­tia­tives telles que TVGorge et CastTV et Fancast.

TVGorge offre sans doute la meilleure qualité et se concentre exclu­si­ve­ment sur les séries télé : Les Simpson, Lost, Monk et autres Prison Break. Le truc, c’est que serveur de TVGorge n’héberge aucune vidéo mais une base de données de liens poin­tant tou­jours vers la source de dif­fu­sion de la meilleure qualité. Jamais de liens morts, de vidéos qui s’interrompent ou qui calent en plein milieu de l’intrigue. Vous allez sur le site, cher­chez votre série dans une inter­face claire et cliquez sim­ple­ment sur l’épisode désiré! Bien sûr, pas de télé­char­ge­ment pos­sible sans contor­sions cou­pables! Seule ques­tion : combien de temps mettra la horde d’avocats fourbie par les pro­prié­taires de pro­grammes pour trouver l’astuce contrai­gnant TVGorge à ne plus dis­poser gra­tui­te­ment d’aussi gra­cieux liens?

L’offre de CastTV est un peu plus diver­si­fiée et son inter­face se rap­proche de celle de YouTube. En plus de séries (House, Bones, 24, Heroes…), le service propose des émis­sions telles que l’Eurovision ou la remise des Oscars, une cen­taine de films (The 39 Steps, The Island of Dr. Moreau ou le sans aucun doute fan­tas­tique Bad Girls from Mars!) Sont dis­po­nibles aussi de nom­breuses vidéos musi­cales d’artistes tels que Guns ‘n Roses, AC/DC ou Bill Evans.

FanCast adopte pour sa part une inter­face ency­clo­pé­dique ins­pirée d’IMDB. Cette divi­sion de la Comcast Cor­po­ra­tion profite de son impres­sion­nant cata­logue de films et de séries (Bones, CSI, South Park, Star Trek). Une partie du contenu (1.000 titres de la Fox, Sony, Para­mount, Warner Bros et Disney) est payante en télé­char­ge­ment ou loca­tion. Une grande partie est tou­te­fois gra­tuite, servant d’appel à la partie payante, mais aussi financée par de la publi­cité. Vous y épen­cherez aussi votre soif de télé réalité, de docu­men­taires géné­ra­listes et de talk shows (The Colbert Report, The Jay Leno Show…). Bref, pour le meilleur et pour le pire, c’est bien FanCast qui vous donnera l’expérience télé­vi­suelle la plus pro­bante. Ah oui, c’est souvent très lent au démar­rage et quelques vidéos sont indisponibles…

Bon, passons main­te­nant à des choses plus inté­res­santes, et donc plus éloi­gnées de l’expérience télé­vi­suelle clas­sique. Outre des sites tels que YouTube et Dai­ly­mo­tion où, à moins de savoir préa­la­ble­ment ce que l’on cherche, il est bien dif­fi­cile de navi­guer entre buzz et vacuité, existent quelques bonnes adresses pour l’honnête homme qui désire sim­ple­ment passer quelques heures à décou­vrir, voire à vous émerveiller.

Joost (pro­noncez  « juiced »») a été fondé par les créa­teurs de Skype et dis­tribue les vidéos en peer-to-peer. J’étais un peu scep­tique quand à la fia­bi­lité d’un tel mode de dif­fu­sion pour des pro­grammes de télé­vi­sion, mais je dois recon­naître que l’expérience est meilleure que chez FanCast par exemple. Après une période qui rendait néces­saire l’utilisation d’un logi­ciel dédié, c’est désor­mais une inter­face web qui a été adoptée. Joost dispose d’un très gros cata­logue mais ici aussi, ce sont souvent les licences qui péna­lisent les uti­li­sa­teurs hors des U.S.A. Il reste malgré tout quelques mil­liers d’heures de pro­grammes acces­sibles: docu­men­taires, shows, vidéos musi­cales et surtout,parmi les films, quelques clas­siques de Laurel & Hardy ou de Buster Keaton

Voilà en gros ce que je connais de mieux en matière de fic­tions et pro­grammes télé. Je m’en vou­drais tou­te­fois de ne pas signaler deux sites excep­tion­nels tournés res­pec­ti­ve­ment vers les docu­men­taires et vers la dif­fu­sion de confé­rences. Le premier est tout jeune (juin 2009) et porte le nom expli­cite de Docu­men­ta­ry­heaven. Financé par les dons et quelques publi­cités rela­ti­ve­ment dis­crètes, il ne possède actuel­le­ment qu’un millier de docu­men­taires, mais la plupart de grande qualité, de la dis­sec­tion d’un élé­phant à une lecture de Chomsky sur la morale poli­tique. À suivre, assurément.

Enfin, il y a TED. TED (Tech­no­logy, Enter­tain­ment, Design) est une fon­da­tion amé­ri­caine orga­ni­sant depuis 1990 des confé­rences sur des « ideas worth sprea­ding ». La diver­sité des thèmes, la briè­veté des inter­ven­tions (limi­tées à 18 minutes), la qualité des inter­ve­nants et la dif­fu­sion sur leur site web ont fait de TED un fan­tas­tique incu­ba­teur d’idées. Parmi les confé­ren­ciers figurent Al Gore, Sergey Brin, Bono, Gordon Brown, Bill Clinton, Bill Gates, Richard Dawkins, Peter Gabriel, Larry Page ou encore Jimmy Wales. Les confé­rences, libre­ment dif­fu­sables, sont dis­po­nibles sur le site, sur une chaîne YouTube, sur iTunes et une appli­ca­tion iPhone vient même de sortir.

Alors, si tout cela ne vous donne pas des envies d’infidélité vis-à-vis de votre télé­vi­seur, je ne vois plus que Jean Yanne et sa mémo­rable défi­ni­tion de la vul­ga­rité audio­vi­suelle [5] comme élec­tro­choc ultime :

avk

Sources

[1] Nielsen

[2] SNPTV

[3] Entre­tien privé dans une taverne bruxel­loise devant quelques Grim­bergen Optimo Bruno

[4] Le Lay (TF1) vend « du temps de cerveau humain disponible »

[5] Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972)

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Nous nous trou­vons devant un para­doxe : la mul­ti­pli­ca­tion des vec­teurs d’information crée une nébu­leuse qui nuit à la trans­mis­sion de la connaissance.

Trois fac­teurs inter­dé­pen­dants concourent à l’expliquer : la tech­no­logie, la com­plexité et l’économie.

George Fre­de­rick Watts

1. Parmi tous les outils d’acquisition de connais­sance que j’utilise quo­ti­dien­ne­ment, mon iPhone gère une dizaine de pro­to­coles dif­fé­rents donnant chacun accès une masse infor­ma­tion­nelle que mon esprit assi­mile comme infinie. Notre lecture devient rapide, nous rebon­dis­sons de texte en texte, suivant un fil indé­fini qui s’estompe un peu plus à chaque rebond. Nous en déga­geons des impres­sions floues et avons de plus en plus de mal à syn­thé­tiser ce que nous avons retenu de cette immer­sion.
Sur le plan social, la situa­tion est encore pire : notre société occi­den­tale rend les outils d’édition et de partage acces­sibles à chacun, mais sans ces outils com­plé­men­taires que sont le respect du texte, le trans­fert des réfé­rences, la véri­fi­ca­tion des sources, l’examen de la per­ti­nence. On flashe? Un clic et c’est envoyé. Et chacun de ces envois contribue un peu plus à noyer l’information por­teuse du savoir ori­ginel, le texte de réfé­rence.
À force de trans­mis­sions par­tielles, de com­men­taires, de copier-coller, de négli­gences volon­taires ou non, la dis­tance entre l’information et la connais­sance s’est creusée.

2. L’effondrement du moder­nisme ne peut s’expliquer que par l’irréductible com­plexité du monde. Il y a deux géné­ra­tions, nous vivions dans un monde infini dont nous pen­sions pouvoir maî­triser les para­mètres fon­da­men­taux. Aujourd’hui, nous nous heur­tons à la fini­tude des res­sources et à notre inca­pa­cité à dresser des modèles fiables à court terme d’éléments aussi impor­tants que la météo, les popu­la­tions de pois­sons ou la finance mon­diale.
Nous sommes donc rési­gnés, dans le meilleur des cas, à des poli­tiques de très courts termes, à des actions pure­ment locales ou à des options très aléatoires.

3. Cette confu­sion infor­ma­tion­nelle et ces limi­ta­tions déci­sion­nelles se révèlent être des sources de profits impor­tants pour de nom­breux grou­pe­ments d’intérêts. Les enjeux dégagés par les domaines de l’environnement ou des nou­velles tech­no­lo­gies impliquent direc­te­ment les modèles socioé­co­no­miques pla­né­taires, et sont d’une impor­tance capi­tale tant pour les ONG que pour les mul­ti­na­tio­nales ou les entités poli­tiques. Ces der­niers uti­lisent le nuage de fumée qu’est devenue l’information afin d’atteindre leurs objec­tifs, et la dif­fi­culté de modé­liser cer­tains phé­no­mènes com­plexes rend dif­fi­cile la réfu­ta­tion de leurs poli­tiques.
Pour­tant, portés par leur opti­misme, cer­tains vont trop loin et pro­pagent des infor­ma­tions faci­le­ment réfu­tables. Cer­tains camouflent des posi­tions idéo­lo­giques par un maquillage pseudo-rationnel ou, au contraire, masquent par la séduc­tion facile des construc­tions vouées à l’échec.

L’objectif de ce blog est de contri­buer à favo­riser l’accès à la connais­sance de notre monde, des prin­ci­paux pro­blèmes qu’il tra­verse et des solu­tions envi­sa­gées. Nous voulons donner des clés pour ouvrir les portes et des masses pour abattre les murs. Pour cela, nous n’avons pas d’autre choix que d’être ambi­tieux. C’est pour­quoi nous ne pouvons pas négliger ce sans quoi rien ne vau­drait la peine de conti­nuer : la beauté et le plaisir.

Nous pensons que la raison peut s’exprimer sans étouffer la passion, ni la passion la raison.

Nous pensons que la sen­si­bi­lité et l’intelligence doivent guider nos démarches.

Nous pensons même que c’est la seule façon de s’en sortir.

avk

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Depuis quelques mois, Google a implé­menté dans son inter­face de recherche une fonc­tion de sug­ges­tion fondée sur les requêtes les plus fré­quentes com­men­çant par les carac­tères que vous êtes en train de taper.

Prévue dans un premier temps pour faire gagner quelques frac­tions de secondes à l’utilisateur, cette fonc­tion offre une image frap­pante des pré­oc­cu­pa­tions des inter­nautes pour autant que l’on choi­sisse des débuts de phrases ouvertes.

Il en ressort entre autres la convic­tion que Dieu n’est pas un ins­pec­teur de poisson (puisqu’il semble être un astro­naute), que l’on soit per­plexe sur les méca­nismes à mettre en place pour tomber enceinte, que l’aérophagie cause plus d’anxiété que la soli­tude, et qu’une masse consi­dé­rable d’internautes sont « extrê­me­ment ter­ri­fiés par »… les Chinois. Heu­reu­se­ment, une sin­gu­lière bouffée d’intérêt pour les équa­tions qua­dra­tiques vient relever le niveau.

D’autres facettes goo­gliennes de notre belle huma­nité? Les com­men­taires vous sont ouverts!

avk

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Après un lan­ce­ment cala­mi­teux, le fan­tas­tique projet Euro­peanaest désor­mais en ligne et, bien que tou­jours en phase de test, ça décoiffe dou­ce­ment : textes, illus­tra­tions gra­phiques, extraits sonores et vidéos de près de 70 contri­bu­teurs dont la Bibio­thèque natio­nale de France, la Fun­dação Calouste Gul­ben­kian, la Biblio­thèque Royale de Bel­gique et The British Library. Le par­ti­moine actuel de 2 mil­lions d’objets numé­riques sera triplé lors du lan­ce­ment de la version 1.0, en 2010​.Il reste tou­te­fois pas mal de choses à amé­liorer : robus­tesse du système et cohé­rence des données. Vous trou­verez en effet bien le vian­dier de Taillevent hébergé par la Biblio­thèque natio­nale de France, mais le lien ne vous mènera que vers une page d’erreur doù il vous faudra recom­mencer la recherche! En outre, la pos­si­bi­lité pour­tant capi­tale de créer un compte propre afin de stocker ses recherches a été tem­po­rai­re­ment et mys­té­rieu­se­ment sup­primée. Don’t worry, be crappy comme ils disent, Outre-Atlantique.

Un petit aperçu en quelques clics? Mais avec plaisir…

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Le social book­mar­king est apparu en 2005 avec de​.licio​.us dont le succès pro­vient en grande partie… de son succès. C’est brouillon, confus mais tout le monde y est, ce qui – en matière de socia­li­sa­tion – a son impor­tance. En 2006 est apparu Stum­bleUpon, plus struc­turé et per­met­tant de dire d’un clic « j’aime » ou « j’aime pas », d’intégrer son propre site, de main­tenir un petit blog et surtout d’intégrer un réseau social plus chaud (au sens de Mar­shall McLuhan). Bon, cela me donnait surtout l’impression que cela servait surtout à tromper l’ennui. Une floppée d’autres sites émer­gèrent dans ma plus grande indifférence.

En 2006 surgit Ma•gnolia qui offrait quatre choses impor­tantes : l’importation facile des signets du navi­ga­teur, une inter­face lumi­neuse, la pos­si­bi­lité de créer des groupes et celle de rendre des signets privés. C’était devenu mon outil pour par­tager mes décou­vertes avec des amis, et pour m’assurer une acces­si­bi­lité à mes signets lors de mes dépla­ce­ments. J’y ai décou­vert aussi quelques sites inté­res­sants. Pour­tant, je vais quitter Ma•gnolia alors même qu’il fait le choix auda­cieux de l’open source.

Je vais quitter Ma•gnolia parce que la version 3 de Diigo est très étonnante.

Diigo est un site de social book­mar­king que j’utilisais pour une option fan­tas­tique : celle qui permet de sur­li­gner des pas­sages. Lorsque je rédige un article, j’ai pris l’habitude, grâce à l’extension de Diigo, de sur­li­gner les pas­sages impor­tants et de les stocker dans une liste per­son­nelle créée à cet effet. Dès que je me remets au travail, d’un clic j’ai non seule­ment accès à mes sources mais encore aux pas­sages sur­li­gnés. Épatant, même si l’usage que j’en faisais était très per­sonnel. De fait, l’aspect social de Diigo était han­di­capé par plu­sieurs lour­deurs structurelles.

Dans sa version 3, relookée aujourd’hui même, une fois votre compte ouvert et l’extension ins­tallée sur votre navi­ga­teur, tout se passe comme dans un rêve. Lorsqu’un site vous plait, sur­li­gnez éven­tuel­le­ment les pas­sages impor­tants et envoyez-le à Diigo : une fenêtre vous per­mettra de donner une des­crip­tion, d’en choisir le carac­tère privé ou public, de pré­venir Twitter, d’ajouter ce signet à une liste que vous aurez préa­la­ble­ment créée, d’informer un groupe etc.

Ulté­rieu­re­ment, vous retrou­verez ce site avec le sur­li­gnage, mais vous verrez aussi qui d’autre l’a mis en signet public et quelles anno­ta­tions y ont été ajou­tées par la communauté.

Parmi la cen­taine de nou­veautés de la version 3, j’en épingle cinq qui, ensemble, motivent ce billet.

  1. Tous vos signets Diigo se trouvent direc­te­ment acces­sibles dans votre barre laté­rale, rendant désuets vos signets locaux.
  2. Par la même barre laté­rale, il est pos­sible de voir ce que les gens disent du site sur lequel vous êtes en train de surfer. Je ne suis pas certain que cela ne me fati­guera pas rapi­de­ment mais pour le moment, c’est assez bluffant.
  3. Il est désor­mais pos­sible à une équipe (de cher­cheurs ou de rédac­teurs par exemple) de voter sur un élément, mais aussi sur un dic­tion­naire de mots-clés afin d’éviter de voir ces plé­thores de tags syno­ny­miques ou mal ortho­gra­phiés qui pol­luent géné­ra­le­ment ce genre de sites.
  4. L’option People like me vous permet, sur base de vos der­niers signets, de décou­vrir les gens qui par­tagent le plus vos inté­rêts et dès lors, d’augmenter vos chances de décou­vrir non seule­ment des sites mais surtout des contenus intéressants.
  5. Le partage n’est pas limité à la sphère Diigo : Twitter, Face­Book et l’email sont à votre portée pour par­tager avec ceux de vos amis qui ne sont pas encore sur Diigo.

Diigo offre désor­mais une solu­tion effi­cace à dif­fé­rentes pré­oc­cu­pa­tions qui dépassent de loin le simple social net­wor­king. C’est désor­mais un outil majeur pour qui­conque désire struc­turer, stocker et par­tager en ligne une infor­ma­tion qui ne se limite par à une URL.

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Voir clair

La com­plexité envahit toute notre sphère de connais­sance. Nous ne pouvons plus faire sem­blant que le monde est simple.

Com­prendre les sou­bre­sauts de la finance, l’évolution de la bio­di­ver­sité, les mou­ve­ments des sociétés, l’impact de nou­veautés tech­no­lo­giques demande de faire appel à un ensemble impor­tant de para­mètres inter­dé­pen­dants. La pré­sen­ta­tion tex­tuelle de ces données ne permet plus guère de per­ce­voir les phé­no­mènes qu’elles décrivent et une impor­tance nou­velle investit l’art de la visua­li­sa­tion. The Art of Complex Pro­blems Solving est à ce titre auto-référentiel.

Quelques sites méritent d’être référencés :

A tout sei­gneur tout honneur, Visual­com­plexity est le site de réfé­rence pour la modé­li­sa­tion des réseaux com­plexes : col­la­bo­ra­tion sur des projets cultu­rels, simi­la­rités cultu­relles sur base des achats, inter­dé­pen­dance des fac­teurs d’obésité ou encore une repré­sen­ta­tion de la blo­go­sphère de Sin­ga­pore. L’exemple ci-dessous illustre par exemple la bio­chimie du méta­bo­lisme humain.

Le blog Urban Car­to­graphy col­lecte des visua­li­sa­tions de sys­tèmes aussi variés que les rela­tions de Lou Bega ou les pro­ba­bi­lités des causes de décès (tiens, on a deux fois plus de chances de mourir d’un coup de feu que de se faire ren­verser par une voiture…) Les sources ne sont pas tou­jours clai­re­ment indi­quées, et la fia­bi­lité des données sujette à caution. Reste la qualité et la créa­ti­vité de cer­taines planches.

Stran­ge­maps est lui tota­le­ment dédié à la car­to­gra­phie illus­tra­tive, pro­po­sant des cartes géo­gra­phiques contem­po­raines ou non mettant en pers­pec­tive une pro­blé­ma­tique onto­lo­gique, sociale ou géo­po­li­tique. L’exemple suivant illustre le che­mi­ne­ment de Neil Amstrong sur la Lune com­pa­ra­ti­ve­ment à un terrain de football :

Gap­minder est un outil que j’affectionne tout par­ti­cu­liè­re­ment. Une cen­taine de données récentes (prin­ci­pa­le­ment éco­no­miques et démo­gra­phiques) en abcisse, et autant en ordon­nées. Comment se répar­tissent les espé­rances de vie en fonc­tion des revenus annuels? Dans quelle mesure les dépenses mili­taires sont-elles liées à l’analphabétisme? Vous sélec­tionnez et vous ana­lysez. Dif­fi­cile de faire mieux en matière d’interactivité et de clarté.

Et puis, il y a Indexed, le blog de Jessica Hagy, qui décrit la vie, l’univers et le reste au moyen de petits dia­grammes de Venn. Je crois que Jessica com­prend tout. Et moi-même, j’y vois désor­mais un peu plus clair…

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Le centre d’un cercle est le point équi­dis­tant aux points de sa cir­con­fé­rence. Cette simple défi­ni­tion dépend des symé­tries par­ti­cu­lières du cercle. Si l’on consi­dère une figure aussi simple que le tri­angle, ce ne sont pas moins de 3.000 points qui peuvent être qua­li­fiés de centres (centre de gravité, ortho­centre, centre du cercle inscrit…)

Attachons-nous au centre de gravité. C’est le point pour lequel la somme des dis­tances qui le séparent des autres points de l’objet est mini­male. Pour connaître le centre (de gravité) d’un pays, il suffit ainsi d’en découper la fron­tière dans une plan­chette de bois et de faire tenir cet objet en équi­libre sur un doigt. Le doigt pointe alors sur le centre du pays.

Cette défi­ni­tion peut s’appliquer à tout réseau pour autant que la notion de dis­tance soit définie comme le nombre d’intermédiaires néces­saires pour en relier deux élé­ments. C’est le prin­cipe du nombre d’Erdös [1] ou de celui de Bacon [2].

Dès 1929, l’écrivain Frigyes Karinthy imagina le concept des Six degrés de sépa­ra­tion, selon lequel toute per­sonne sur le globe peut être reliée à toute autre par une chaîne de six maillons de rela­tions indi­vi­duelles au maximum. Stanley Milgram étudia cette thèse dans son Étude du petit monde qui constitue un fon­de­ment capital pour l’analyse des réseaux sociaux. Face­Book, Wiki­pedia et le P2P reposent en grande partie sur ces fon­da­tions. L’une des consé­quences avérées est que c’est la soli­dité des liens faibles qui donne aux réseaux sociaux leurs cohérences.

C’est sur ces bases que Stephen Dohan s’est posée une ques­tion toute simple : quel est le centre de Wiki­pedia? Autre­ment dit, quel est l’article le plus proche de tous les autres, celui qui mini­mi­sera le nombre de clics à effec­tuer pour atteindre un article arbitraire?

La réponse est «  2007 ″, éloi­gnée en moyenne des autres articles de 3,65 clics. Mais cette page est tri­viale car il s’agit en fait d’une longue liste. En ne consi­dé­rant que les articles, le centre de Wiki­pedia est «  United Kingdom  », moyen­ne­ment dis­tante des autres de 3,67 clics. Il est suivi de «  Billie Jean King  » (3,68 clics) et de «  United States  » (3,69 clics).

Le Royaume Uni et les États-Unis ne sur­prennent guère… mais qui est donc Billie Jean King? Une ancienne joueuse de tennis à la bio­gra­phie par­ti­cu­liè­re­ment détaillée. Se trouver au centre faci­lite les contacts mais ne les stimule pas.

avk

Notes

[1] Le nombre d’Erdös d’un mathé­ma­ti­cien peut être défini de la façon suivante:

  • Le nombre d’Erdős de Paul Erdős vaut zéro ;
  • le nombre d’Erdős d’un mathé­ma­ti­cien M est le plus petit nombre d’Erdős de tous les mathé­ma­ti­ciens avec qui M a cosigné un article mathé­ma­tique, plus un (si M a un nombre de Erdős qui vaut 1, cela signifie qu’il a écrit un article avec Erdős) ;
  • si M n’a cosigné aucun article avec ces mathé­ma­ti­ciens, il a par défi­ni­tion un nombre d’Erdős infini.

[2] Le nombre de (Kevin) Bacon est au cinéma ce que le nombre d’Erdös est aux mathé­ma­tiques. Ronald Reagan a un nombre de Bacon de 2 : Il a tourné en 61 The Young Doctors avec l’acteur Eddie Albert, lequel a joué dans The Big Picture avec Kevin Bacon.

Réfé­rences

Dolan, Stephen. The Six Degrees of Wiki­pedia.

Gra­no­vetter, Mark. The Strength of Weak Ties; Ame­rican Journal of Socio­logy, Vol. 78, No. 6., May 1973, pp 1360–1380

Milgram, Stanley and J. Travers. An Expe­ri­mental Study of the Small World Problem , Socio­metry, 1969, Vol. 32, No. 4. (1), pp. 425–443.

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L’une des der­nières croi­sades en date de nos déci­deurs est la « réduc­tion de la frac­ture numé­rique ». Jolie formule.

À cette fin, des accords ont été passés entre les Com­munes, les CPAS, des four­nis­seurs d’accès internet, cer­tains fabri­cants et des reven­deurs de maté­riels, et quelques ONG s’occupant du recon­di­tion­ne­ment de maté­riel infor­ma­tique d’occasion. L’idée est cer­tai­ne­ment louable. Créa­tion de centres cyber­média acces­sibles gra­tui­te­ment, ini­tia­tion à l’utilisation de ces nou­velles tech­no­lo­gies, pos­si­bi­lité de s’équiper chez soi à petit prix. On songe immé­dia­te­ment aux avan­tages : ouver­ture intel­lec­tuelle sur le monde (internet…), pos­si­bi­lité d’améliorer sa situa­tion per­son­nelle (dif­fu­sion de CV, appren­tis­sage, for­ma­tion continue, diver­si­fi­ca­tion, contacts faci­lités…), solu­tion contre l’isolement crois­sant ( ?), aspect ludique…

J’imagine que cela fonc­tionne dans une cer­taine mesure et que d’aucuns trouvent, par ce biais, des avan­tages dont ils auraient été exclus autre­ment. Tant mieux. Mais je sais aussi, parce que je suis un rouage de la machi­nerie qui permet l’existence de ce projet, que dans beau­coup de cas ce n’est qu’une sucette anes­thé­siante de plus ! Je reçois tous les jours en consul­ta­tion ces nou­veaux esclaves numé­riques, l’œil fatigué, PC sous le bras, pleu­rant que plus rien ne va avec cette satanée machine et cette p… de connexion internet. La plupart du temps, parce qu’ils ont leur fierté, ils ne sont pas venus avant d’avoir bidouillé eux-mêmes dans les entrailles du système ou passé le relais au cousin/voisin « qui s’y connaît en infor­ma­tique ». Ils sont aussi per­suadés, à ce stade de leur déroute, que le pro­blème ne peut venir que du maté­riel. C’est d’ailleurs la solu­tion qu’on leur vend le plus souvent, du cousin/voisin impuis­sant aux hot lines sur­char­gées. Le cen­drier est plein, donc il faut changer la voiture ! Je reste zen. Un mot est pla­cardé au-dessus de ma table de travail « 99% des pro­blèmes infor­ma­tiques sont situés entre le clavier et la chaise ». Je passe sur la vul­ga­ri­sa­tion des expli­ca­tions qu’il me faut débiter pour poser mon diag­nostic, cela méri­te­rait une antho­logie d’humour et de sur­réa­lisme. Mais non, le disque dur ne s’est pas dégonflé et les bar­rettes n’ont pas fondu !

Le bel outil au poten­tiel extra­or­di­naire s’est donc trans­formé, au fil des semaines, en une bête immonde, res­pon­sable d’argent perdu, de temps gas­pillé, de tracas divers et variés. En plus, la bête est malade et on me demande de la guérir au plus vite car on s’y est attaché ! Conscien­cieux, j’applique mon trai­te­ment, souvent le même d’ailleurs : ver­mi­fuge, purge et coup de polish. J’explique, je rassure, je res­sus­cite les ines­ti­mables données que l’on croyait perdues à jamais. Bientôt, la bête ron­ronne de plaisir et bondit sur internet au quart de tour. Je suis un magi­cien ! Mon client est content, ce soir Tchant­chet va pouvoir tchatter avec Nanette, Bobonne surfer sur Meetic et Raymond se télé­charger la der­nière vidéo de Paula-X. Dans deux mois, il reviendra pour que je lui retape sa machine victime d’une indi­ges­tion de conneries.

S’il est vrai qu’une frac­ture existe au niveau de l’accès à l’informatique et à l’internet, en raison du marasme socioé­co­no­mique ambiant, il est tout aussi vrai qu’une réduc­tion forcée de celle-ci ne réglera pas l’éternel pro­blème de la connerie humaine. Quand l’éducation et l’instruction n’ont pas fait leur travail, lorsque les com­pé­tences indi­vi­duelles sont ce qu’elles sont, placer de tels outils entre les mains de ces per­sonnes revient à placer une machine à écrire entre les pattes d’un singe en espé­rant qu’il va réécrire Les Misé­rables. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas inviter ces per­sonnes à apprendre à se servir de l’informatique (pour le plus noble ou le plus vil usage, peu importe d’ailleurs), mais cette inci­ta­tion encou­ragée par les auto­rités poli­tiques n’est ni plus ni moins qu’une anes­thésie intel­lec­tuelle de plus, doublée d’une nou­velle contrainte éco­no­mique superflue.

Plus les indi­vidus seront engourdis, et pour ceux-là l’ordinateur n’est qu’une exten­sion de tout ce qui fut et est débi­li­tant (de la messe du dimanche aux pro­grammes télé les plus stu­pides en passant par la CB des années 70 et les maga­zines people…), plus ils se com­por­te­ront en consom­ma­teurs dociles. Il y a cet éternel équi­libre de pré­ca­rité à pré­server pour que les meneurs puissent conti­nuer à mener grand train sur le dos d’une plèbe exploitée et mani­pulée de toutes les façons.

Thomas

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Je relis cette nou­velle de Borges et tombe sur un passage précis. Lorsque je l’ai lu pour la pre­mière fois, il y a une dizaine d’années, j’y avais vu un avenir pos­sible de l’Internet. Je n’y vois plus aujourd’hui que l’écho d’Homère, ou encore ces récits réap­pro­priés par quelques livres récla­mant la majuscule.

Voici le passage :

Dans les habi­tudes lit­té­raires, l’idée d’un sujet unique est éga­le­ment toute-puissante. Il est rare que les livres soient signés. La concep­tion du plagiat n’existe pas : on a établi que toutes les oeuvres sont l’oeuvre d’un seul auteur, qui est intem­porel et anonyme.

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YouTube is like contem­po­rary music : too much sax and violins!

Quelques chré­tiens ont donc eu un rêve : un YouTube rien que pour eux, où l’on peut chanter les louanges du Patron en rap ; où l’on démontre que les fos­siles ont tou­jours été des fos­siles ; où l’on peut voir comment les musul­mans pré­parent des sales coups dans leurs mos­quées ; et où l’on peut prouver l’existence de Dieu en éplu­chant une banane.

Ça s’appelle GodTube et, contrai­re­ment à ce que je pensais dans un premier temps, ce n’est pas du second degré!

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Le droit d’auteur est une matière com­plexe, en per­pé­tuelle évo­lu­tion, et dont les moda­lités d’application varient de pays à pays.

Comme chaque blog­geur ne peut s’inscrire en fac de droit pour savoir s’il peut uti­liser le mot « Coca-Cola » dans son blog, Daily Blog Tips publie un court article répon­dant à 12 ques­tions de base. Les pinailleurs s’en don­ne­ront à coeur joie mais pour les autres, cela me semble consti­tuer une très bonne base.

C’est ici : 12 do’s and dont’s.

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Les pires ennemis de l’écologie sont des écolos. (Afin que vous me lisiez jusqu’au bout, je précise que je vote Ecolo depuis une ving­taine d’années et que mon aga­ce­ment n’est donc pas idéo­lo­gique mais prag­ma­tique. Je vous avais déjà mis dans la confi­dence pré­cé­dem­ment.)

Le res­pon­sable de mes der­nières pous­sées d’histamine céré­brale est José Bové (défendu encore hier soir par une Domi­nique Voynet en décro­chage complet avec le réel).

Petit réca­pi­tu­latif des faits.

1. 2004 : Mon­santo cultive du maïs trans­gé­nique dans le Loiret.

2. En août 2004 et juillet 2005, accom­pagné de 48 robustes fau­cheurs, José Bové entre­prend le saccage méca­nique de deux par­celles au pré­texte que ces orga­nismes peuvent se révéler dan­ge­reux, n’étant pas isolés de la bio­sphère. L’opération est lar­ge­ment média­tisée.

3. Cette média­ti­sa­tion se pour­suit le 9 décembre 2005 au tri­bunal d’Orléan qui relaxe les fau­cheurs pour­tant reconnus auteurs du délit. Le juge­ment se fonde sur l’état de néces­sité défini à l’article 122–7 du Code pénal fran­çais : « N’est pas péna­le­ment res­pon­sable la per­sonne qui, face à un danger actuel ou immi­nent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accom­plit un acte néces­saire à la sau­ve­garde de la per­sonne ou du bien, sauf s’il y a dis­pro­por­tion entre les moyens employés et la gravité de la menace. »

4. Les mondes scien­ti­fique et judi­ciaire s’accordent à recon­naître que le tri­bunal d’Orléan s’est bel et bien planté puisque, au lieu d’éloigner une menace (la dis­sé­mi­na­tion de gènes modi­fiés), le fau­chage sauvage a plutôt contribué à dis­sé­miner ces gènes estimés dan­ge­reux dans cet envi­ron­ne­ment que Bové et ses core­li­gion­naires se gaus­saient de vouloir pro­téger. (Que l’on ne me dise pas que c’est pas mécon­nais­sance. Bové n’est pas idiot et est issu du milieu paysan. Soit il ne croit pas à son dis­cours alar­miste, soit il espère une conta­mi­na­tion qui lui per­met­trait de remonter sur les bar­ri­cades. Dans un cas comme dans l’autre, la mal­hon­nê­teté intel­lec­tuelle est le moteur de l’action.)

Outre qu’elle soit mal­hon­nête et poten­tiel­le­ment dan­ge­reuse, cette opé­ra­tion me met en boule car l’invocation abusive de l’état de néces­sité ali­mente le moulin des com­mandos anti-IVG et, plus géné­ra­le­ment, de tous ceux qui veulent se faire justice eux-mêmes, esti­mant être meilleur étalon du droit qu’une justice lente et aveugle.

Maître Eolas résume par­fai­te­ment la situa­tion : « Accepter que la fin jus­tifie les moyens, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Soyez cer­tains que tous les mou­ve­ment extré­mistes sauront en profiter. »

5. En consé­quence, la cour d’appel (saisie bien sûr par Mon­santo) et la cour de cas­sa­tion ont admis que non seule­ment il n’y avait aucun état de néces­sité, mais qu’en outre les pré­venus ont sévè­re­ment accru les risques qu’ils pré­ten­daient dénoncer. Ils sont donc condamnés.

6. Ches­terton disait que la pro­fes­sion de martyr est celle qui ne néces­site aucun appren­tis­sage… il ne connais­sait pas José Bové. L’ex-démonteur de MacDo recon­verti aspirant-candidat à la Pré­si­dence rebondit en clamant à tout média qu’il fera cam­pagne depuis sa cellule, ali­men­tant le lan­der­neau média­tique fonc­tion­nant à l’émotionnel. Une fois de plus, Maître Eolas démontre avec flam­boyance l’absurdité de cette nou­velle saillie.

6. Com­men­taires de José Bové :
6.1. « On peut dire n’importe quoi sur un blog. » (ben oui, comme à la TV!)
6.2. « Je crois que tout le monde a reconnu qu’il n’y a pas de néces­sité des OGM. » (abso­lu­ment pas, et en plus le pro­blème n’est pas là!)

Pour­quoi un post si long? Parce que cette affaire me semble par­ti­cu­liè­re­ment symp­to­ma­tique d’une civi­li­sa­tion de l’image, de la petite phrase, de l’émotion immé­diate. Qu’elle met en lumière la faci­lité avec laquelle on peut séduire un élec­torat par des actes qui vont à l’encontre de ses inté­rêts. Qu’elle montre aussi qu’il faut du temps, de l’intelligence et de la connais­sance pour démonter ces méca­nismes et, fina­le­ment, com­prendre. Que le combat est donc inégal. Que c’est pas gagné.

C’est ici que je dois aussi citer le blog de ma copine Zara Whites. Car elle démontre que, si c’est pas gagné, rien n’est perdu. Ayant placé plus de temps sur des pla­teaux que sur les bancs de la fac, elle ne possède pas plus que moi [qui ai pour­tant peu tourné] l’expertise per­met­tant de com­prendre direc­te­ment ce qui ne va pas der­rière cer­taines phrases que l’on nous demande de gober tout cru. Alors, oui, parfois on accepte sans réflé­chir. On se dit que le nucléaire, c’est dan­ge­reux. Que les OGM, il vaut mieux ne pas jouer avec ça.

Zara s’interroge et nous inter­roge, sur la meilleure façon de par­ti­ciper au monde. Elle fonc­tionne par essais-erreurs, mais n’hésite pas à remettre en ques­tion des posi­tions qui lui sem­blaient évidentes.

Là où Maître Eolas empile les argu­ments, Zara regarde, écoute, déduit, recon­si­dère, tente de faire pour un mieux tout en restant atten­tive à de pos­sibles erreurs. L’un est archi­tecte, l’autre artiste et, dans ces deux régions que l’on tient trop souvent pour éloi­gnées de l’esprit humain, tous deux avancent avec hon­nê­teté et liberté.

Enfin, José Bové aura tout de même eu le mérite de sus­citer la coïn­ci­dence de deux blogs dont j’ai parfois le sen­ti­ment d’être le seul lecteur qu’ils partagent…

avk

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Je ne suis pas l’auteur de cette idée, ni ne sais où je l’ai entendue. Sommes-nous jamais l’auteur de nos idées? La voici :

La cri­tique est par essence char­pentée par ses règles internes et indé­pen­dante de consi­dé­ra­tions externes à la lit­té­ra­ture. Elle s’adresse en revanche à tous. Or, petit à petit, la cri­tique pure s’est retran­chée dans les cénacles académiques.

D’un autre côté, il n’y a jamais eu tant d’émissions de cri­tique à la radio et à la télé­vi­sion. Mais dans ces média, on ne parle que des nou­veautés : il y a une connexion directe avec le marché. Aucun média ne ferait une émis­sion sur Madame Bovary (sauf bien sûr si Luc Besson en sort une adap­ta­tion). Tout le monde s’en fout. On veut sim­ple­ment entendre Amélie Nothomb parler de fruits pourris et voir son grand chapeau.

On me dira : c’est le marché mon gars! Ben oui, bien sûr, mais si l’on veut à nouveau mettre le nivel­le­ment culturel sur le dos du marché libre, on risque de se heurter à un os de taille car le seul média accueillant aussi bien des cri­tiques d’Harry Potter que du Banquet de Platon est… Amazon.

L’universel revêt bien des masques.

avk

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Lorsque vous conca­ténez plu­sieurs mots pour choisir un nom de domaine, n’oubliez pas de véri­fier les éven­tuelles autres décom­po­si­tions pos­sibles. A défaut, le pit­to­resque vous guette…

D’autres exemples sur Inde­pendent sourcesqui a réalisé cette joyeuse petite compilation.

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Une idée ancienne, par­fai­te­ment exprimée par Alex Chitu sur Google system.

Imagine a world without limits: no band­width limits, no speed limits, no time limits, no copy­right limits. You can finish your pro­jects when do you like, use any artwork that sup­ports your ideas, drive your car without speed res­tric­tions. Drive using the speed of your ima­gi­na­tion. No phy­sical res­tric­tions, nothing that limits your actions.Do you think you’ll be a better man, you’ll create more? If you have access to all the books ever written, will you use it? Will it make you feel more powerful? Or this will dimi­nish your desire to explore, as eve­ry­thing is already there. Know­ledge will put pres­sure on you and you’ll stop wanting to improve. Because eve­ry­thing has already been said, eve­ry­thing has already been discovered.

While trying to over­come res­tric­tions, your brain is more active. Sal­vador Dali was forcing himself to paint in painful situa­tions (such as wearing very tight shoes), to create better pieces of art.

If you can do any­thing, you’ll most likely do nothing.

On peut penser au Dogme 95 de Lars von Trier ou à l’Oulipo, mais c’est recher­cher là de maigres arbres pour cacher la forêt immense de toute la créa­tion artistique.

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Le site drunk​men​wor​khere​.org fête le premier anni­ver­saire d’une très inté­res­sante expérience.

Ces gent­lemen ont construit un site de 2.147.483.647 pages web arrangé selon une arbo­res­cence binaire : la page prin­ci­pale est liée à 2 pages secon­daires, les­quelles sont à leur tour chacune liée à 2 pages etc. Un peu comme l’arbre généa­lo­gique d’une bac­térie vous voyez…

Ensuite, ils ont observé le che­mi­ne­ment des petits robots lancés par Google, msn et Yahoo, che­mi­ne­ment repré­senté sous forme de trois arbres. Quelle inter­pré­ta­tion peut-on en tirer?

Tout d’abord, la plupart des pages restent incon­nues des trois engins de recherche, ce qui est pré­vi­sible vu la taille du site mais néan­moins ras­su­rant : il existe tou­jours une masse de chemins de tra­verses, des sites sau­vages non cata­lo­gués où la main du bot n’a jamais mis le pied.

Autre point éton­nant, Yahoo est de loin le plus actif, tant en pro­fon­deur que dans la durée. Son arbo­res­cence est la plus touffue.

Google est lui le plus sys­té­ma­tique avec une arbo­res­cence d’une belle symé­trie, tandis que msn semble manquer quelque peu d’engrais.

Aussi, diverses bizar­re­ries se pro­duisent auprès de cer­tains noeuds qui, sans que l’on com­prenne bien pour­quoi, bootsent lit­té­ra­le­ment l’énergie de Google ou de msn.

Enfin, je ne me lasse pas de visua­liser les ani­ma­tion mon­trant la crois­sance de ces arbres, et de m’émerveiller que des robots vir­tuels cir­cu­lant selon des chemins que même leurs concep­teurs ne peuvent prévoir, au travers de réseaux infor­ma­tiques en muta­tions constante afin de réfé­rencer des masses d’octets struc­turés sous le vocables de pages web… que ces robots suivent un chemin visuel­le­ment com­pa­rable à celui d’êtres vivants sau­vages et libres

avk

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Un peu de tech­no­logie pour changer?

Prin­cipe 1 : le corps humain est conduc­teur.
Prin­cipe 2 : le courant élec­trique est un bon moyen de trans­mettre des données.

Ben oui, des types ont eu l’idée de com­biner ces deux prin­cipes en une tech­no­logie qui utilise le corps humain comme noeud d’un réseau de trans­mis­sion de données à haut débit.

La pre­mière appli­ca­tion qui vient sans doute à l’esprit est de s’échanger des cartes de visite d’une simple poignée de mains. Ceci dit, toutes les appli­ca­tions envi­sa­geables ne sont pas de l’ordre du gadget. On peut ainsi ima­giner la for­ma­tion d’un réseau de per­sonnes dans une salle de réunion avec sécu­ri­sa­tion de cer­tains échanges de données en tou­chant, par exemple, une partie de la table conçue à cet effet.

On peut aussi penser à des uti­li­sa­tions proches des émet­teurs RFID : l’utilisateur a pro­grammé sur son petit trans­met­teur por­table un ensemble de données dont sa langue mater­nelle de telle sorte que tous les ter­mi­naux (aéro­ports, pompes à essence…) s’adressent à lui dans sa langue. Touchez une souris et l’ordinateur ouvre votre session. Entrez dans votre voiture et votre siège, vos rétro­vi­seurs, votre auto­radio s’adaptent en conséquence.

The network is no more the computer…

Allez hop, je vous file même le lien : http://​www​.red​tacton​.com/

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Connaissez-vous Mit­chell Kapor? Je ne le connais­sais pas non plus, jusqu’à suivre un lien du très inté­res­sant Mac­Digit. Kapor est l’inventeur de 1, 2, 3 sur Atari, de Lotus, de Lotus Notes et d’Improv (pour les pri­vi­lé­giés de l’histoire infor­ma­tique, comme moi, à avoir tra­vaillé sur NeXT).

Bref, consta­tant que les succès infor­ma­tique étaient plus tri­bu­taires du mar­ke­ting que de l’innovation, Mit­chell Kapor s’est détaché du code et attaché à une vision plus poli­tique de l’informatique. Il a ainsi créé l’Elec­tronic Fron­tier Foun­da­tion, chargée de pro­téger les libertés civiques mises à mal avec l’arrivée des ordi­na­teurs et le fichage des individus.

Vision­naire un jour, vision­naire tou­jours? Cer­tains de ses projets me semblent mériter une atten­tion aiguë, ils pour­raient se trouver à l’origine de cer­tains piliers du monde de demain. À visiter donc : http://​www​.kapor​.com/​p​r​o​j​e​c​t​s​/​index.html

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Voilà donc un mois que je blogue, que je lis des blogs. Sans obses­sion : écri­ture et lecture me prennent moins de 30 minutes par jour. Je suis dia­gonal et furtif. J’ai autre chose à faire, un monde à com­prendre et à goûter. Aimer, oublier. Pas le temps de traî­nailler. « Hommage au lecteur pressé! » écri­vait Pauwels.

La plupart des blo­gueurs que j’ai lus ne se réfu­gient pas dans le virtuel pour échapper au réel contrai­re­ment à une analyse super­fi­cielle et vul­gaire. Ceci, à l’inverse, n’en fait pas des Hemingway ou des Albert Londres. Bloger est gratuit, ne demande qu’un peu de temps et stric­te­ment aucun talent.

Je crois com­prendre un peu mieux ce qu’est un blog. Un blog est un écrit quelque part entre le rien et le timide. C’est, au mieux, quelque chose de fragile et de fugace. Un peu comme une feuille qui tombe. Une fois arrivée au sol elle dis­pa­raît, assi­milée par des mil­lions d’autres, puis recou­verte par d’autres encore et fina­le­ment décom­posée et par­ti­ci­pant à cette couche d’humus que des ser­veurs tolèrent dans des limites dont tout le monde se fout.

Les blo­gueurs sont des nau­fragés sur une mer sans rivage, jetant les unes après les autres des bou­teilles qui ne trou­ve­ront jamais que d’autres naufragés.

Sur ce, un petit Bowmore…

avk

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