Marc-Aurèle, encore

Sommeil difficile. Je relis Marc-Aurèle. Adoles­cent, son ton moraliste m’avait agacé : « Fais ceci, ne fais pas cela! » Je m’étonne du plaisir que j’éprouve main­te­nant à le lire, et à le voir non comme un dispen­sa­teur de bons et de mauvais points, mais comme un guide lorsque, comme d’hab., Nel mezzo del camin di nostra vita, etc. etc.

On n’est pas moins injuste en en faisant pas ce qu’on doit faire qu’en faisant ce qu’on ne doit pas faire.

Ce concombre est amer ? Jette-le ! Il y a des ronces dans le chemin ? Détourne-toi ! C’est tout ce qu’il faut. Ne dis pas à ce sujet : «Pourquoi ces choses-là se trouvent-elles dans le monde ?

Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; Ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant.

Consi­dérez les occasions où votre chagrin et votre colère vous ont causé plus de souf­frances que les faits eux-mêmes.

Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distin­guer l’un de l’autre.

Et, condui­sant mes pensées à l’image d’une femme aimée, je lis aussi :

Ne te laisse pas distraire par les événe­ments exté­rieurs ! Prend le temps d’apprendre quelque chose de bon et cesse de papillonner!

Tout ce qui paraît au-dessus de tes forces n’est pas forcément impos­sible ; mais tout ce qui est possible à l’homme ne peut être au-dessus de tes forces.